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Pascal Denis, Michaël Lavoie, Phil Matte et Julien Valois Dobbie du groupe Casual Rites.
Pascal Denis, Michaël Lavoie, Phil Matte et Julien Valois Dobbie du groupe Casual Rites.

Casual Rites: célébrer le collectif

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
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Farouchement indépendant, le groupe Casual Rites ouvre un nouveau chapitre à sa discographie avec 4e avenue, Vol. 1, un album teinté par la pandémie, mais qui célèbre plus que jamais le plaisir de jouer ensemble.

Nous rejoignons Philippe Matte, Michaël Lavoie et Julien Valois Dobbie (Pascal Denis réside maintenant à Montréal) dans le vieux Limoilou, à deux pas du studio qui a vu naître leurs nouvelles chansons. Malgré l’éloignement forcé par la COVID-19, la dernière année a été fertile pour les musiciens, qui ont déjà de quoi se lancer dans la production du volume 2 de leur nouveau projet.

«On a cinq ou six tounes qui sont presque complétées, note le chanteur Philippe Matte. On avait beaucoup de matériel et on ne voulait pas nécessairement sortir un album de 15 chansons. Avec la pandémie, on sait qu’on sort un album à un moment où les gens l’écoutent chez eux, mais c’est à peu près ça. Ça nous laisse la chance d’avoir du matériel à présenter éventuellement.»

Depuis 2015, Casual Rites mène sa barque de manière complètement indépendante. Les gars font à peu près tout par eux-mêmes, mus par un plaisir évident de créer ensemble.

«Il y a moyen de faire un album tout seul, assis à ton bureau d’ordi. Mais tu es tout seul! Moi, le jour où je vais faire de la musique juste moi-même, je vais probablement faire autre chose», résume Philippe Matte.

«Ma mère sait qu’on a un band!» rigole de son côté Julien Valois Dobbie. «Moi, je ne lui ai pas encore dit...» renchérit à la blague Michaël Lavoie.

N’exagérons rien, quand même. Si ses membres ne se prennent pas trop au sérieux, Casual Rites a vu son travail remarqué, notamment dans des vitrines offertes par l’équipe de 3E et du Festival d’été de Québec. Le groupe s’est par exemple produit au parc de la Francophonie en première partie de The War on Drugs en 2018, en plus de chauffer les planches de l’Impérial avant Nathaniel Rateliff and The Night Sweats. Son rock l’a aussi mené jusqu’à Toronto, où la formation a participé à la Canadian Music Week.

«On a toujours géré ça de façon professionnelle. Mais personne ne vit de ça. La plupart des dollars qu’on a vus, on les a réinvestis dans le groupe», explique Philippe Matte.

Travail à distance...

Pour Casual Rites, le chemin qui allait aboutir à l’album 4e avenue, Vol. 1 était bien avancé quand la pandémie a frappé, il y a un an. Chacun de son côté, les musiciens ont été contraints de changer leurs habitudes de création pour terminer le boulot.

«Il y a eu un bout pendant le confinement où on s’est mis à compléter des trucs, indique Michaël Lavoie. Il y a une chanson qui s’appelle Casually et où il y a une ambiance de chorale. Au début, on voulait réunir plusieurs personnes du milieu pour participer. Finalement, ça n’a pas été possible. On a enregistré tout ça séparément. Même les solos de guitare de Philippe et de Julien ont été enregistrés à distance parce qu’on était confiné. Les gars les faisaient de chez eux, ils m’envoyaient ça et je les ajoutais à la session.»

Idem pour le saxophone d’Alexandre Dion, capté à Montréal avant de trouver sa place à Québec dans l’album de Casual Rites, tout près de l’usine White Birch qui orne sa pochette.

«Il y a quand même quelque chose que j’ai apprécié dans le processus, confie Julien Valois Dobbie. Ça nous a forcés à travailler différemment. Une fois qu’on a les squelettes de chansons, c’est peut-être quelque chose que je garderais, de travailler séparément. J’ai aimé être seul et aller au fond de mes idées.»

Mais pas de là à sacrifier l’esprit de groupe si cher à Casual Rites. «Le côté de jouer de la musique ensemble, ça m’a manqué...» confirme Philippe Matte.