Les quatre fondateurs de la galerie Casa Cartel: Alexis Fafard, Dimitri Roy, Sophie Poirier et Brad Laplante

Casa Cartel: une galerie nouveau genre

Un signe discret sur la porte indique «Casa Cartel», au 11, rue Saint-Vallier, tout près de Langelier et de l’atelier-boutique de Cœur de loup. Quatre jeunes téméraires ont décidé de libérer la pièce qui donne sur la rue et d’en faire une galerie nouveau genre, qui place la découverte très haut au-dessus des considérations financières.

Il n’y aura pas de transactions à proprement parler chez Casa Cartel. «On met en relation l’acheteur potentiel et l’artiste. La contribution qu’il nous verse ensuite sur ses ventes sera à sa discrétion», explique Sophie Poirier, directrice informelle de l’endroit.

La semaine dernière, Brad Laplante, Alexis Fafard, Dimitri Roy et elle-même mettaient la touche finale à l’aménagement de la pièce; mur de briques, grande fenêtre, plantes vertes, œuvres au mur, boîtes de vêtements à l’effigie de la galerie à déballer…

L’exposition inaugurale présente les œuvres de quatre artistes. Il allait de soi que Brad Laplante, qui habite juste en-dessous, présenterait ses œuvres. Il signe des peintures rehaussées de traits de crayon noir acrylique au style illustratif, très coloré. «J’explore les démons intérieurs, c’est surréaliste, cubiste, psychédélique. Il y a souvent une opposition entre deux entités», explique celui qui a fait du graffiti avant de prendre des pinceaux.

Quelques toiles de Brad Laplante

Le quatuor a approché Charles Turcotte, qui a étudié en arts visuels à l’Université Laval avec Sophie. «Il tatoue déjà les gars et en voyant son travail en arts visuels, on s’est dit qu’on pourrait facilement faire le lien avec celui de Brad. C’est un univers surréaliste, nébuleux, décomposé, déconstruit, où il joue avec les symboles», souligne-t-elle.

Quelques toiles de Charles Turcotte

Ils ont eu un coup de cœur sur Instragram pour le travail d’INDY (Indycoveredinpaint), une jeune artiste montréalaise qui jongle avec les couleurs vives, les aplats et les visages androgynes.

Une toile et un vêtement peints par INDY

Le quatrième artiste exposé est Ygreck, connu comme caricaturiste au Journal de Québec. «Son fils est notre ami. On voulait exposer ses prints, mais en allant visiter son atelier on a vu ses pyrogravures sur bois. Il est vraiment talentueux», indique Sophie. «Les gens ne connaissent pas cet aspect de son travail. C’est sa première exposition officielle.»

Un détail des pyrogravures sur bois de Ygreck

Les œuvres des quatre artistes seront exposées pendant un mois environ, puis d’autres talents méconnus seront mis en valeur. «On essaie d’amener un nouveau mouvement dans les galeries d’art, indique Brad. Quelque chose de plus jeune, qui amène un nouveau regard sur l’art.»

À suivre.