Les directrices du Carrefour international de théâtre, Marie Gignac et Dominique Violette, dressent un bilan positif de la 20e présentation.

Carrefour international de théâtre: un 20e qui sourit

Un parcours «Où tu vas quand tu dors en marchant…?» renouvelé et qui a encore fait courir les foules, une programmation en salles qui a enfin pu se déployer dans son entièreté... Le chiffre 20 semble avoir porté chance au Carrefour international de théâtre, qui s’est terminé le 8 juin.

L’année dernière, la crainte de manifestations en marge du Sommet du G7 a poussé le Grand Théâtre à tirer le tapis sous les pieds — ou plutôt les mains… — du spectacle Cold Blood de Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael. Précédemment, la pièce Murmures des murs de Victoria Thiérrée a été frappée de malchance deux années consécutives.

Dominique Violette et Marie Gignac

«Dans les cinq ou six dernières années, ça nous est arrivé quand même à quatre reprises de se retrouver avec une fin de festival où il y a des spectacles d’annulés et où on a dû rembourser des billets, confirme la directrice générale du Carrefour, Dominique Violette. Cette année, on a été soulagé de voir qu’on a enfin pu réaliser tout ce qu’on avait prévu. Dans ce sens-là, on a vraiment atteint nos objectifs.»

Avec un taux d’occupation de 78%, les spectacles en salles ont maintenu la cadence par rapport à l’an dernier. À elle seule, la pièce Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad a été vue par 1600 spectateurs en une seule représentation au Grand Théâtre. «Pour l’équipe [du spectacle], c’était la plus grande salle où elle avait jamais joué et aussi la plus grande assistance», observe la directrice artistique du Carrefour, Marie Gignac, qui parle de ces retrouvailles avec la plume de Mouawad comme «l’un des grands coups de cœur des spectateurs».

Parmi les autres retours concrétisés à ce 20e Carrefour international de Théâtre, celui de l’auteur et metteur en scène français Joël Pommerat avec une relecture du conte Pinocchio qui a aussi fait mouche, selon Marie Gignac. La troupe a d’ailleurs terminé dans la capitale une tournée qui s’est échelonnée sur une douzaine d’années.

«Il y a peut-être Le pas grand chose [de Johann Le Guillerm] qui a peut-être moins bien fonctionné avec le public, note la directrice artistique. Mais c’est très particulier comme proposition, il y a des gens qui ont peut-être moins embarqué. Ce qui n’enlève rien à la grande qualité du spectacle et au génie de ce poète hurluberlu!»

«Où tu vas…?» sur les berges de la Saint-Charles

Activité phare (et gratuite) du Carrefour international de théâtre, le parcours théâtral Où tu vas quand tu dors en marchant…? a célébré son 10e anniversaire en s’installant sur les berges de la rivière Saint-Charles pendant les trois fins de semaine du festival. Les cinq nouveaux tableaux créés par autant d’équipes de concepteurs ont fait courir les foules entre le pont Lavigueur (où la file d’attente était souvent très longue) et la passerelle des Trois-Sœurs.

Si la météo a forcé l’annulation de deux soirées, le public a largement répondu à l’invitation, assure Marie Gignac.

On s’est donné un petit défi parce qu’on était un peu excentré par rapport aux éditions précédentes qui ont toutes été vraiment dans le centre-ville : Saint-Roch, Vieux-Québec, colline Parlementaire, décrit-elle. Là, on s’est un peu éloigné du centre névralgique. Mais les gens ont été présents. Il y a eu des foules comparables aux éditions précédentes. Et j’ai trouvé aussi qu’il y avait une vastitude dans le site. Il y avait de l’espace. Ça nous a permis, je pense, d’accueillir des foules nombreuses de façon confortable.»

Renouvelé chaque deux ans et largement financé par la Ville de Québec, le spectacle Où tu vas quand tu dors en marchant...? déploiera les cinq mêmes tableaux lors du prochain Carrefour.

«Chaque site a développé son espace et sa personnalité sans avoir le contexte architectural qui avait été quand même important par le passé, observe Dominique Violette. Il y a toujours eu beaucoup d’éléments architecturaux qui structuraient l’espace et la déambulation. Là, c’était tout un défi.»