Reconnu pour le soin qu’il porte à l’emballage visuel de ses spectacles, alt-J n’a pas déçu au FEQ, habillant sa prestation d’un impressionnant dispositif d’éclairage.

Ça plane pour alt-J au FEQ [VIDÉOS]

CRITIQUE / Il y a quelque chose d’immersif, de souvent planant, voire d’incantatoire dans l’indie-rock forgé par le trio anglais alt-J. Une sorte de bulle musicale dans laquelle on entre, en somme. Allait-elle résister à l’épreuve des grands espaces du Festival d’été de Québec (FEQ) sur les plaines d’Abraham? Si on a souvent vu le site plus rempli, la réponse est quand même oui.

Les gars d’alt-J, en tout cas, avaient l’air franchement contents de leur pouvoir d’attraction dans la capitale. «Ça doit être la plus grosse foule devant laquelle on a joué!» s’est réjoui le claviériste et chanteur Gus Unger-Hamilton avant que ses complices et lui entonnent la très jolie Matilda, reprise en chœur par le public. Parmi les beaux moments d’une soirée qui en a compté plusieurs. 

C’était pourtant parti sur une fausse note (ou plutôt sur un manque de notes), alors qu’une bonne partie de Something Good a été livrée dans des micros muets. Quand les voix du guitariste Joe Newman et de Gus Unger-Hamilton ont finalement pu être entendues, elles ont été accueillies par une explosion de joie au parterre… Ce même parterre qui scandait le nom du groupe quelques minutes auparavant. Parce que si le trio originaire de Leeds donne dans un créneau que boudent les ondes commerciales, le spectacle d’hier a prouvé que leurs expérimentations musicales ont trouvé bon nombre d’oreilles réceptives et admiratives dans la capitale. 

Son et lumière

Reconnu pour le soin qu’il porte à l’emballage visuel de ses spectacles, alt-J n’a pas déçu au FEQ, habillant sa prestation d’un impressionnant dispositif d’éclairage et allant jusqu’à s’éclipser derrière les effets de lumière. À trois et dans une position statique (les gars n’ont jamais bougé d’un pouce de derrière leurs instruments), le groupe complété par le batteur Thom Sonny Green a néanmoins bien occupé l’espace de la grande scène. 

Mais au-delà du paraître, c’est par le son qu’alt-J a captivé. Le trio a offert vendredi une splendide prestation musicale, variant les ambiances de main de maître : de la planante Pleader à l’hypnotique 3WW à la plus urbaine Deadcrush à la sautillante Left Hand Free et on en passe… Jusqu’à la tripative Breezeblocks gardée pour le dessert. 

Vocalement, le duo Newman/Unger-Hamilton s’est aussi avéré impeccable. Pour ne donner qu’un exemple l’envolée de Dissolve Me avait de quoi donner des frissons. 

Vers la fin du spectacle, le claviériste a confié que ses confrères et lui n’oublieraient jamais leur soirée. «Nous allons nous revoir, je le promets», a-t-il avancé. Chose promise, chose due!

alt-J
Le sympathique chanteur Landon Jacobs s’est imposé comme une véritable dynamo.

Sir Sly 

En tout début de soirée, alors que le soleil tapait encore fort, le trio californien Sir Sly a pris la grande scène d’assaut avec une portion bien tassée — et forte en décibels — de son indie-rock. Débarqué sur les planches la clope au bec, le sympathique chanteur Landon Jacobs s’est imposé comme une véritable dynamo, se démenant sur guitares et machines, quitte à passer près d’avaler son micro ou de finir tête première dans la batterie de son confrère Hayden Coplen. Il ne donne pas dans la demi-mesure, le monsieur!

À leur première présence dans la capitale, les Américains ont certainement laissé une bonne impression devant un parterre encore clairsemé, mais qui s’est pris au jeu.

CHVRCHES

Entre deux doses bien différentes d’indie-rock, le public réuni sur les plaines d’Abraham vendredi soir a eu droit à une parenthèse plus bonbon, gracieuseté de la formation écossaise CHVRCHES. 

Virevoltant sur scène dans une vaporeuse robe rose, la chanteuse Lauren Mayberry n’a pas ménagé ses ardeurs pour rallier la foule à sa cause, mais sa voix nasillarde au mieux et carrément criarde au pire peut vite devenir irritante. Ça passe à petite dose, mais disons qu’après une heure, d’aucuns pouvaient avoir hâte de passer au programme principal...

 Lauren Mayberry n’a pas ménagé ses ardeurs pour rallier la foule à sa cause