BuzzFeed prévoit de fermer sa version française

PARIS — Le site américain BuzzFeed prévoit de fermer sa version française, après quatre ans consacrés aux contenus viraux et à la publication d’enquêtes exclusives, ont indiqué à l’AFP jeudi plusieurs salariés du site.

BuzzFeed projette de cesser son activité en France et par conséquent de licencier les 14 salariés de BuzzFeed France, ont précisé deux employés du site.

C’est Scott Lamb, le responsable du développement international de BuzzFeed, qui a annoncé jeudi la nouvelle en personne à l’équipe française, selon une de ces sources.

Une porte-parole de BuzzFeed aux États-Unis n’a pas souhaité confirmer cette fermeture, mais elle a indiqué que la direction américaine avait «lancé un processus de consultation avec BuzzFeed France», et qu’elle «prend des mesures pour revoir son activité en France, au vu de perspectives de croissance incertaines sur le marché français».

Créé en 2006, BuzzFeed est devenu un acteur important parmi les médias en ligne grâce à des contenus viraux (quiz, recettes, listes) ainsi qu’à sa capacité à générer du trafic via les réseaux sociaux. Ses autres bureaux européens, en Espagne et en Allemagne, ne seraient pas menacés, selon un responsable de l’entreprise.

Lancé en novembre 2013, «BuzzFeed France était en pleine période d’investissement et de croissance», a regretté un des salariés. «Le trafic [Internet] était en hausse, le site a sorti ses plus gros scoops en 2018», notamment une affaire de discrimination dans un restaurant parisien huppé, des documents sur la campagne présidentielle de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen ou une affaire de harcèlement sexuel sur une chaîne de télévision.

Le rédacteur en chef du site Stéphane Jourdain a regretté une «décision brutale et complètement inattendue». «Toutes les équipes sont extrêmement déçues», a-t-il déclaré à l’AFP.

BuzzFeed avait déjà annoncé fin 2017 qu’il licencierait environ 100 personnes eux États-Unis et en Grande-Bretagne, sur un total d’environ 1700 salariés, premier signe tangible des difficultés du site d’information dont le modèle économique est entièrement axé sur la publicité.

Plusieurs médias américains avaient annoncé, mi-novembre 2017, que BuzzFeed aurait renoncé à s’introduire en Bourse à court terme, même si le groupe n’a jamais confirmé son intention d’être coté.