À 58 ans, Bryan Adams continue de rallier un vaste public, fort de trois décennies de chansons rock romantiques à chanter à pleins poumons, dans une cohésion nostalgique bien assumée.

Bryan Adams triomphe au Festivent

CRITIQUE / La file d’attente pour entrer sur le site du Festivent s’étirait sur plusieurs centaines de mètres dans les deux directions sur l’avenue Taniata à une heure de la prestation de Bryan Adams. Peu après 21h, ceux qui n’avaient pas de passeport du festival devait rebrousser chemin. Une première en 36 ans.

Le chanteur de 58 ans continue de rallier un vaste public, fort de trois décennies de chansons rock romantiques à chanter à pleins poumons, dans une cohésion nostalgique bien assumée. Il a triomphé sur les plaines d’Abraham en 2014, puis au Centre Vidéotron à l’été 2016, avec chaque fois le même succès de foule.

Cette fois, il a lancé le bal avec la seule chanson tirée de son nouvel album de tout le spectacle, Ultimate Love, dont une partie des paroles défilait sur les écrans sous la forme de gros titres de journaux. La manœuvre n’a toutefois pas incité la foule, encore un peu engourdie, à se mettre à chanter. Can’t Stop This Thing We Started, de 1991, a suscité davantage de réactions, mais c’est à Run To You, de 1984, que le spectacle a vraiment commencé. Bref, plus le chanteur remontait dans le temps, plus ça criait et ça chantait en chœur.

«Bonsoir tout le monde. Mon nom est Bryan», a-t-il dit en français après quelques chansons, faisant semblant d’hésiter un peu entre tutoyer ou vouvoyer son public. La foule n’avait toutefois nul besoin d’être charmée, elle lui mangeait déjà dans la main.

En jeans, veston noir, chemise blanche, mouchoir de poche assorti (tout comme ses quatre musiciens), le natif de Kingston en Ontario arborait très exactement le look mis de l’avant pour le lancement de son dernier l’album. Tout est prévu. Les quelques chansons récentes sont habilement distribuées entre les pièces qui lui ont permis de faire sa marque dans les films, les discos et les séances de patinage libre, des années 1980 à aujourd’hui.

Vus de côté, le chanteur et ses acolytes ont tous exactement la même pose, battant la mesure de la jambe gauche, pendant que la main droite gratte les cordes, avec un synchronisme fascinant. Quelques sauts en pointant son manche de guitare vers le fond de scène et une petite séance de brassage de popotins avec ses complices et voilà, Adams est lancé.

Les refrains rentrent au poste, les musiciens gardent le rythme et la voix de Bryan Adams a gardé sa force et son grain particulier, un râpeux, qui fait qu’on ne reconnaît entre tous. Hormis quelques interruptions pour laisser chanter la foule, la performance scénique colle presque en tous points à la version enregistrée. C’est à la fois réconfortant et un peu lassant à la longue. Disons que Bryan Adams a livré ce qu’on attendait de lui, mais sans nous surprendre outre mesure. 

L’indémodable Summer of ‘69, la mielleuse (Everything I Do) I Do It for You, l’énergique Back To You, I’m Ready (pour laquelle Bryan Adams a sorti son harmonica); tous les succès y sont passés, avec des degrés d’énergie variables. Même les ballades, dans ce contexte en plein air, aurait mérité qu’on augmente un peu l’intensité de la performance. 

Ça s’est évidemment terminé sur All of Love, servie tout juste après une vibrante version acoustique de Straight From The Heart, où Adams, seul en scène, a été longuement applaudi.

Le Festivent se poursuit jusqu’à dimanche. Info: festivent.ca

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LISTE DE CHANSONS

Ultimate Love 

Can’t Stop This Thing We Started

Run to You

Go Down Rockin’

Heaven

It’s only love

Cloud Number 9

You Belong To Me

Summer of ‘69

Here I Am

When You’re Gone 

(Everything I Do) I Do It for You

Back To You

Somebody

The Only Thing That Look Good On Me Is You

Cuts like a Knife

18 til I Die

I’m ready

Brand New Day

I Fought The Law

Straight From The Heart

All For Love