Bruno Mars, l'incendiaire!

Quatre ans après avoir séduit les plaines d'Abraham, Bruno Mars était de retour en ville, jeudi, cette fois pour faire le party dans un Centre Vidéotron plein à craquer. À vrai dire, le chanteur a carrément mis le feu dans l'aréna, grâce à un de ces spectacles énergiques dont il a le secret.
Bruno Mars semble souffrir d'une allergie médiatique. Il ne veut pas de photographes professionnels lors de ses concerts, ni de journalistes, armés de leur portable. Ça ne nous a pas empêché d'assister à la performance et d'essayer de prendre quelques clichés avec le iPhone...
On ne comprend pas trop cette lubie, surtout que Mars était au sommet de sa forme. Flanqué de ses sept Hooligans, qui arboraient tous un jersey de couleur différente, avec casquette assortie, l'Américain a immédiatement installé le party. Il faut dire qu'après avoir souffert au son de DJ Leggo my Fuego un peu plus tôt, qui semblait même ennuyer ses propres danseuses, les quelque 16 000 spectateurs étaient tellement prêts à fêter qu'ils faisaient la vague...
24K Magic d'abord
Mars a plongé à fond dans son récent 24K Magic. Il a livré d'un bloc huit des neufs pièces, s'interrompant seulement pour insérer Treasure. Son nouvel album n'est peut-être pas aussi solide que les deux précédents, mais sur les planches, ça fonctionne bien. Mars a su sortir les titres comme son Perm à la James Brown ou encore Versace on the Floor au bon moment. D'autre part, la production, qui incorporait de la pyrotechnie, des éclairages soignés, comprenant des lasers, de même qu'un décor qui changeait régulièrement, plate-forme élévatrice comprise, avait de quoi ajouter à l'offre musicale.
Mais plus que les artifices, c'est la performance elle-même qui valait le détour. On a beau s'y attendre, il reste qu'on est toujours impressionné de voir à quel point Mars est une bête de scène. Son chant est impeccable, y compris lorsqu'il danse - seul ou en chorégraphie avec ses comparses, eux aussi très dynamiques - et sort sa guitare. Charismatique, notre homme a distribué les sourires autant qu'il en a dessiné sur les visages, notamment en se permettant quelques mots en français: dans Calling All My Lovelies, il a pris le téléphone et a lâché un «Hello bébé, tu me manques», qui a fait son effet... Dans That's What I Like, il a improvisé des «je t'aime, je t'aime, je t'aime», en plus de faire danser le public.
Finale en force
Mars ne s'en est pas tenu qu'à son plus récent album. D'ailleurs, quand il a fouillé dans ses classiques, il a fait grimper l'intensité d'un cran. L'explosive Runaway Baby, où il s'est plu à baisser le volume au point de ne garder que la basse, pour ensuite finir en force, était terriblement efficace. À l'autre bout du spectre, la ballade When I Was Your Man a été servie avec sensibilité, de façon dépouillée, tandis que les amateurs accompagnaient Mars au chant en brandissant leur cellulaire allumé.
La vedette s'était gardée des munitions pour le rappel. Pas les moindres: les canons Locked Out of Heaven et Uptown Funk, qui ont achevé de combler la foule. Un redoutable concert, donc, qui aura permis à Bruno Mars de fidéliser davantage ses fans présents et de faire promettre aux absents d'y être la prochaine fois...