Dans son livre «Larmes de combat», Brigitte Bardot (photographiée ici en 2007) raconte son combat pour les animaux, de même que son enfance, ses années sur les plateaux de tournage, la célébrité, ses amours, sa rupture brutale avec le cinéma en 1973, et son cancer du sein.

Brigitte Bardot livre son testament en faveur des animaux

PARIS — Dans son nouveau livre «Larmes de combat», l’icône du cinéma français Brigitte Bardot, 83 ans, raconte son combat pour les animaux, qui l’ont «sauvée» du vertige des feux de la rampe, et plaide pour «un avenir commun» à tous les êtres vivants.

«Ce texte testamentaire portera à jamais ma conviction, mon abattement et mes espérances» et constitue «mon legs», assure «BB», dans ces confessions publiées chez Plon.

«Je n’écrirai plus jamais d’autres livres», avait-elle assuré auparavant à l’AFP.

Dans cet ouvrage de près de 250 pages, Brigitte Bardot évoque son enfance, ses années sur les plateaux de tournage, la célébrité, ses amours, sa rupture brutale avec le cinéma en 1973, son cancer du sein.

Mais surtout, le «mythe vivant», comme elle se qualifie, revient longuement sur «le sens de [son] combat» pour ses amis à plumes et à poils et «l’animal que je suis». «Je ne fais pas partie de l’espèce humaine. Je ne veux pas en faire partie. Je me sens différente, presque anormale», explique l’ancienne actrice.

La star, qui a crevé l’écran en 1956 à 22 ans dans le film Et Dieu créa la femme, dit avoir toujours été sensible à la cause animale. «Enfant, je savais, je pressentais être un animal».

Son premier mari, Roger Vadim, lui a ouvert les yeux sur les conditions de mise à mort dans les abattoirs, relate-t-elle.

Son changement radical de vie en 1973 lui a ensuite permis de se consacrer entièrement à son «combat pionnier» et souvent mal compris. «Ma première partie de vie fut comme le brouillon de mon existence», quand la deuxième a apporté «les réponses aux questions que je me posais jusque-là».

Bébés phoques

À travers de nombreux souvenirs et anecdotes, Bardot retrace sa lutte pour les bébés phoques, la création de sa fondation et s’en prend pèle-mêle à la corrida, la chasse, les zoos, l’élevage industriel, la fourrure ou encore la consommation de viande de cheval dont elle espère voir l’abolition «avant [sa] mort».

Elle fustige aussi l’ancien président français Nicolas Sarkozy et le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, deux «grandes déceptions» politiques sur la protection des chevaux et l’abattage des loups.

La militante, végétarienne, répète que «l’animal l’a sauvée» d’une célébrité étouffante, et que les bêtes qu’elle recueille dans sa maison de La Madrague à Saint-Tropez, où elle vit retranchée depuis de nombreuses années et où elle souhaite être enterrée, constituent sa «famille proche».

Pour autant, BB n’oublie pas ses anciennes amours, notamment Serge Gainsbourg, ou ses amitiés, comme avec l’écrivaine Marguerite Yourcenar, arrivée chez elle un jour «trempée comme une soupe avec un parapluie et des bottes».

Bardot revient aussi sur les polémiques qu’elle a créées en refusant le lien avec son fils Nicolas, et par ses propos sur l’immigration.

À propos de son fils, elle assure que «la relation s’est normalisée».

Concernant ses cinq condamnations pour incitation à la haine raciale, elle dit n’avoir «jamais demandé à personne d’être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale». Elle assure être contre l’égorgement à vif pratiqué lors des abattages rituels chez les juifs et les musulmans. Rien de plus.

Ces condamnations visaient des propos contre la population musulmane qui selon elle «nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes», ou encore contre «des clandestins ou des gueux [qui] profanent et prennent d’assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines».

Bardot avoue encore sa «peur de la mort» et trouver refuge dans son «rapport personnel avec la Sainte Vierge».

Elle espère laisser le souvenir d’une femme qui aura levé le tabou de «l’humanité animale, de l’animalité humaine» et plaide pour «un avenir commun» à tous les êtres vivants. «Mon passage sur Terre n’aura donc pas été vain. Et mon âme sera enfin en paix.»