Un vendeur excentrique (jouissif Samuel L. Jackson) va offrir à Kit de réaliser son rêve de petite fille: posséder une licorne...

Brie Larson au pays des licornes

CRITIQUE / Brie Larson pouvait difficilement choisir meilleur moment pour dévoiler sa première œuvre comme réalisatrice, après le succès populaire et critique de Capitaine Marvel. Magasin de licornes (Unicorn Store) démontre que Larson a autant de talent derrière que devant la caméra. Mais c’est une bonne chose qu’il soit présenté sur Netflix plutôt qu’en salle.

On peut se demander à qui s’adresse cette comédie fantaisiste qui met en scène Kit (Larson), une adulescente qui rêve encore aux licornes et parle à ses Calinours. La vingtenaire vient de se faire renvoyer de l’école d’art qu’elle fréquente. La rêveuse a dessiné une licorne comme autoportrait…

L’enfant unique retourne vivre dans le sous-sol de ses parents, enveloppants, compréhensifs, mais pas aussi dupes qu’ils en ont l’air. Le jour où Kit accepte de devenir une adulte, dans un emploi alimentaire, l’ingénue reçoit une mystérieuse enveloppe l’invitant dans un magasin. Un vendeur excentrique (jouissif Samuel L. Jackson), en complet rose, lui offre de réaliser son rêve de petite fille...

Pour construire une écurie dans le jardin de ses parents, Kit va s’adjoindre les services de Virgil (Mamoudou Athie). Le gentil garçon, qui a les deux pieds sur terre, ne sait pas que le petit bâtiment est destiné à accueillir une licorne...

En interprétant le rôle principal, Larson a pris une décision risquée. On s’entend : elle est absolument parfaite en lunatique aux tenues arc-en-ciel. Et ça ne l’a pas empêché de montrer de belles choses à la mise en scène, notamment dans l’utilisation des travellings et des ralentis.

Netflix a eu raison de la défendre lorsqu’on s’est attaqué à sa crédibilité sur les réseaux sociaux. L’actrice oscarisée pour The Room (2016) avait tout de même deux courts métrages primés comme réalisatrice avant de s’attaquer à ce long.

Magasin de licornes est plein de fantaisie. Sauf que le scénario de Samantha McIntyre a la main lourde avec son illustration de l’importance de garder son cœur d’enfant et que nul rêve n’est impossible. Il faut une certaine crédulité pour embarquer, mais le film de Larson a beaucoup de charme.

Au fond, le long métrage se moque des conventions sociales, l’obligation de rentrer dans le rang et de mener une vie rangée, sans faire de bruit. Il lui oppose la liberté de création et d’affirmation.

On l’aura deviné, Magasin de licornes est un feel-good movie qui s’assume comme tel. Et il démontre, à la fin, qu’il ne faut pas toujours prendre ses rêves pour la réalité.

Mais espérons que la prochaine fois que Brie Larson voudra réaliser, elle aura le courage de s’attaquer à plus costaud qu’à un film mineur.