Devon Portielje (particulièrement en voix), Conner Molander, Dylan Phillips et Isaac Symonds sont revenus dans la capitale avec un spectacle enivrant et parfaitement maîtrisé, mardi soir.

Bonheur au clair de lune avec Half Moon Run

CRITIQUE / Des musiciens parfaitement rodés et armés d'une proposition tout en nuances, une sono impeccable, une météo idéale et des festivaliers aussi nombreux qu'enthousiastes. On n'était pas loin de la soirée parfaite, mardi, pour les retrouvailles de Half Moon Run avec son public de la capitale.
Comme la veille pour le rocker Éric Lapointe, le parc de la Francophonie agrandi a une nouvelle fois affiché complet mardi pour la formation Half Moon Run. Dire que les Montréalais d'adoption étaient attendus ne rend pas entièrement justice à l'accueil que leur ont réservé les festivaliers : une écoute attentive pendant les pièces et des acclamations surexcitées entre celles-ci.
Les attentes n'ont pas été déçues, bien au contraire. Devon Portielje (particulièrement en voix), Conner Molander, Dylan Phillips et Isaac Symonds sont revenus dans la capitale avec un spectacle enivrant et parfaitement maîtrisé, puisant presque à parts égales dans les deux albums du groupe.
Loin de perdre au change en plein air, la signature sonore de Half Moon Run, qui puise tant dans l'indie-rock, le folk et l'électro - et dont une grande partie de l'attrait réside dans la subtilité des arrangements et la qualité des harmonies vocales -, s'est trouvée magnifiée au clair de lune. Grâce à une sonorisation soignée, on n'a pas perdu grand-chose des nuances que le groupe avait à proposer. Et ce n'est justement pas ça qui a manqué pendant ce feu roulant précis et d'une redoutable efficacité. 
Entre l'épuré petit hymne folk Devil May Care (et son irrésistible mariage vocal), la percussive Consider Yourself qui nous a presque assommés avant le rappel, la dansante Call Me in the Afternoon, la planante (et tout aussi magnifique) Fire Escape et le grand succès Full Circle, qui a transformé le Pigeonnier en immense chorale, on a fait tous les temps, mardi, sous les bons soins de Half Moon Run. Et on en aurait pris davantage.
Si la foule a été ravie, les musiciens ont aussi visiblement pris leur pied. À tour de rôle, ils ont souligné - souvent en français - le plaisir qu'ils ressentaient d'être là. Précision appréciée, mais presque superflue tant leur présence entière et incarnée l'avait déjà prouvé. 
Foreign Diplomats
Juste avant, le parc de la Francophonie de plus en plus bondé a eu droit à une rencontre enthousiaste - de part et d'autre! - avec Foreign Diplomats. La formation née dans les Laurentides a fait son effet en servant une bonne portion de son indie-pop vitaminée. Entre les mouvements frénétiques du claviériste-tromboniste Thomas Bruneau Faubert qui n'ont pas tardé à faire monter la température (son t-shirt a d'ailleurs vite pris le bord) et l'énergie contagieuse du chanteur Élie Raymond (qui n'a pas manqué de vanter les charmes de Québec), le groupe a laissé une très convaincante carte de visite aux festivaliers. 
Jesse Mac Cormack
En début de soirée, Jesse Mac Cormack a lancé le bal en ouvrant une fenêtre sur son univers folk-rock fort en guitares. Pas très jasant - ni très communicatif, d'ailleurs... -, le Montréalais a préféré laisser parler ses chansons, l'air souvent replié sur lui-même. Heureusement, la foule réceptive n'a pas semblé lui en tenir rigueur, tendant une oreille à la musique - qui se défend très bien, merci! - et pardonnant du coup les transitions pour le moins brouillonnes.