À travers des vidéos explicatives disponibles sur sa page Facebook, à propos de techniques de guitare, l’artiste s’est tourné vers la pédagogie et le partage pendant la pandémie.
À travers des vidéos explicatives disponibles sur sa page Facebook, à propos de techniques de guitare, l’artiste s’est tourné vers la pédagogie et le partage pendant la pandémie.

Blues + Jazz + Country = Jordan Officer

Ce n’est pas un, pas deux… mais bien trois albums qu’a livré le guitariste québécois Jordan Officer le 17 juillet. Trois albums pour trois styles différents. Une trilogie blues, jazz et country, de genres qui ont contribué à façonner le musicien primé de deux Félix qu’il est devenu aujourd’hui. La somme de ces trois albums donne du pur Jordan Officer.

Jordan Officer est polyglotte. En plus du français et de l’anglais, il parle couramment le jazz, le blues et le country, des langues complexes qu’il manie à la perfection. C’est par son langage musical qu’il s’exprime peut-être même le mieux et qu’il a forgé sa personnalité. «Chaque note que je joue ou que je chante est enracinée dans ces trois grandes traditions et font partie de ma quête pour être moi-même», décrit Jordan Officer.

Pourquoi avancer avec des ornières quand on peut ouvrir trois fronts et les faire progresser en même temps? «Quand on fait un album, on doit se poser la question au préalable : dans quel style vais-je le faire? décortique le guitariste en entrevue. Là, j’avais envie de me libérer de ces étiquettes. Je me suis permis le luxe ultime, d’arrêter le temps et d’être blues. Et jazz. Et country. Et moi-même.» Fort de ce constat et de mois de travail, le guitariste propose Jazz vol.1, Country vol.1 et Blues vol.1.

Chaque album comporte huit chansons. Chaque piste est soigneusement choisie parmi des classiques revisités ou des compositions originales. Parmi elles, certaines font partie du répertoire du musicien depuis plus de 20 ans, mais n’ont jamais été posées sur disque, comme le titre Playboy Chimes. Un total de 24 pistes et de plus d’une heure et demie d’écoute. Mais il n’y a pas d’ordre d’écoute suggéré entre chaque album. «Si on met les trois en mix aléatoire, on y retrouve ma personnalité», indique Jordan Officer.


« Chaque note que je joue ou que je chante est enracinée dans ces trois grandes traditions et font partie de ma quête pour être moi-même »
Jordan Officer

On y retrouve également la même sonorité. L’enregistrement a été fait avec la même guitare, sa Gibson ES-150 et le même ampli, sans aucun effet, pour les trois albums. Il y a un fil conducteur. Surtout, l’enregistrement a été réalisé en trois journées distinctes seulement. Un jour pour chaque album, dans leur entièreté. Une approche dite live off the floor, au même titre que l’ont été les albums, à l’époque, qui ont inspiré cette trilogie audio. «Je voulais donner plus de place à l’improvisation, relate Jordan Officer. Avant de passer au studio pour enregistrer, je répétais les pièces en improvisant toujours différemment. Comme ça, avant l’enregistrement final, toutes les directions étaient possibles.»

Son côté jazz, Jordan Officer l’a développé pendant ses études dans le domaine à McGill. Il l’a perfectionné au côté de Susie Arioli. Le blues, c’est en fouillant dans les vinyles de ses parents qu’il découvre Led Zeppelin, dont les influences l’amènent à explorer ce style. Sa passion pour la country l’a, elle, poussé à conduire en pleine tempête de neige pour aller voir Georges Jones en Pennsylvanie. «L’amour et le plaisir de la découverte musicale, du premier contact avec un artiste d’un genre qui nous fait vibrer, c’est quelque chose, raconte Jordan Officer. Je voulais reconnecter avec ce sentiment. C’est ce que j’ai cherché à faire en composant ces trois albums.»

Une question de timing

Ne pas remettre au lendemain ce que l’on peut faire aujourd’hui. S’il y avait besoin de preuves à cet adage, le projet colossal de Jordan Officer en est une de plus. Les trois albums ont été réalisés sans le savoir au bon moment. Après des mois d’études, de pratique et de composition, cette somme de travail s’est vue enregistrée en février dernier. Très peu de temps avant le confinement. 

Après n’avoir pas chômé, Jordan Officer a emmené sa famille en vacances, jusqu’à Key West. C’est là que la nouvelle réalité de la COVID-19 a frappé, avec la fermeture des frontières et un retour rapide au Québec pour y faire une quarantaine. «On est venu s’installer à Tadoussac pour s’isoler après notre passage aux États-Unis et puis finalement on y est toujours», dit le musicien en riant. 

Plusieurs tournées ont été annulées et des projets de prestations reliés à ces trois albums ont dû être reportés. Mais la pandémie a fait prendre conscience à Jordan Officer de son potentiel d’enseignant. À travers des vidéos explicatives disponibles sur sa page Facebook, à propos de techniques de guitare, l’artiste s’est tourné vers la pédagogie et le partage. «Les retours ont été très positifs et j’ai aimé l’expérience, confie-t-il. Je veux vraiment développer ce côté à l’avenir. Il y a eu des mentors qui ont été très importants pour moi. Là où je suis rendu dans ma carrière, je pense que c’est important de commencer à redonner.»

Jordan Officier a un parcours maintes fois primé. Il a été entre autres honoré dans la publication The Great Jazz Guitarists de Hal Leonard, le plus grand éditeur de partitions et de livres de musique au monde. En plus de ses talents de guitaristes, il est également chanteur, auteur et compositeur.

Les trois albums ont dans leur intitulé la mention «vol.1», cela voudrait-il dire qu’il y aura à l’avenir des volumes 2? «C’est une nouvelle approche que je propose et je songe à la possibilité d’un volume 2 à l’avenir», l’entend-on dire en souriant au bout du téléphone.