Les danseurs font vraiment la force de cette compagnie. Chacun d'entre eux se distingue, soit par sa force, sa souplesse ou son charisme.

BJM-Les Ballets jazz de Montréal: personnalité affirmée

CRITIQUE / Une semaine après le superbe programme du Ballet BC, la marche était haute pour BJM-Les Ballets Jazz de Montréal. La compagnie montréalaise nous a démontré encore une fois qu'elle avait tout ce qu'il fallait pour se mesurer aux autres grandes troupes de danse.
Les danseurs font vraiment la force de cette compagnie. Chacun d'entre eux se distingue, par sa force, sa souplesse et son charisme. L'individualité est certainement mise de l'avant. Les danseurs semblent pouvoir s'exprimer à leur façon même lorsqu'ils dansent en groupe. En résulte une danse qui manque parfois d'unicité, mais certainement pas de personnalité. Oui, on a pu déceler quelques imperfections dans l'exécution ici et là, mais il n'en demeure pas moins que ce qu'on nous a présenté mettait l'humain au centre de l'oeuvre. Le directeur artistique, Louis Robitaille, fait bien d'aller dans cette direction puisque c'est ce qui démarque BJM d'autres compagnies un peu trop lisses. 
La première des trois pièces à l'affiche, Rouge, puisait son inspiration des rythmes amérindiens. La trame sonore des compositeurs québécois Les frères Grand incluait percussions, chants de gorge, bruits de vague et grondements. Une musique étonnamment agréable à l'oreille et toute désignée pour la danse. Le chorégraphe du Brésil, Rodrigo Pederneiras, cofondateur de la compagnie Grupo Corpo, a mélangé danse brésilienne, classique et contemporaine pour créer cette oeuvre tribale. Les gestes, très bruts et proches de ceux de l'animal, restaient tout de même gracieux. L'écran rouge au fond de la scène permettait de beaux effets visuels et ajoutait de l'intensité à l'ensemble. 
Les danseurs vêtus de costumes faisant un clin d'oeil aux peuples autochtones se déplaçaient souvent «en tribu», bien que certains se détachaient parfois du groupe pour donner lieu à de puissants pas de deux, dont l'un particulièrement mémorable pour sa sensualité.
Pas de deux envoûtant
On aurait pris tellement plus de Mono Lisa, pas de deux carrément envoûtant du chorégraphe israélien Itzik Galili. On ne peut passer sous silence la performance magistrale de la danseuse principale de BJM, Céline Cassone, dont le talent immense et la présence magnétique nous a renversés. Avec sa chevelure d'un rouge flamboyant, elle nous a hypnotisés du début à la fin de ce duo, ainsi que dans les autres pièces du programme. Elle et son partenaire Alexander Hille formaient une paire sans faille. Sous la lumière blanche des nombreux projecteurs et enveloppés d'une ambiance sonore incluant des bruits de machine à écrire, Cassone et Hille ont excellé dans ce ballet acrobatique. Sans aucun doute le moment fort du spectacle malgré sa (trop!) courte durée (huit minutes).
Fin poétique
En conclusion, Kosmos du Grec Andonis Foniadakis nous a plongés dans une atmosphère plus actuelle. Après un véritable tourbillon de mouvements, les dernières minutes ont été apaisantes et nous ont transportés dans un autre monde. Des images ont été projetées telles des constellations sur le corps des danseurs qui ont ralenti le rythme de leurs déplacements comme pour arrêter le temps. Quelques minutes de poésie qui concluaient à merveille ce programme. 
BJM-Les Ballets Jazz de Montréal n'étaient à Québec que pour un soir.