Tout au long du spectacle, la délicate voix de Birkin s’est mariée avec délicatesse et émotion aux sonorités de l’OSQ.

Birkin/Gainsbourg Symphonique: pur moment d'émotion

CRITIQUE / Il est de ces soirées magiques où aucun festivalier ne voudrait se voir ailleurs. C’était le cas, samedi soir, alors que Jane Birkin a littéralement conquis le public avec les mots de son regretté pygmalion Serge Gainsbourg, sublimés par l’Orchestre symphonique de Québec. Un grand, un pur, un inoubliable moment d’émotion.

La dernière fois que la plus française des chanteuses anglaises avait célébré son ex-compagnon au Festival d’été, c’était en 1992. Le ciel était lourd, la pluie au rendez-vous. Vingt-six ans plus tard, dans un Pigeonnier rebaptisé depuis le parc de la Francophonie, la chanteuse n’a pas eu à se battre contre les éléments. Sa voix, toujours aussi fragile mais débordante d’émotion, a fait s’envoler la poésie de Gainsbourg dans la quiétude d’un magnifique soir d’été.

C’est dans un recueillement quasi religieux que la foule a communié à une quinzaine de chansons, fruit des arrangements du pianiste Nobuyuki Nakajima. Chaque morceau a été reçu par des applaudissements nourris. 

Tout au long du spectacle, la délicate voix de Birkin, qui a connu quelques petits ratés sur Lost Song, s’est mariée avec délicatesse et émotion aux sonorités de l’OSQ. La reprise de La chanson de Prévert était absolument sublime, tout comme Jane B. À donner la chair de poule.

Vêtue d’un pantalon et veston noir avec chemisier blanc, la chanteuse de 71 ans a indiqué qu’elle avait tenu à offrir la chanson Une chose entre autres parce que son auteur lui avait «donné le meilleur de lui, de mes 20 ans jusqu’à sa mort».

«Pour quelqu’un d’extraordinairement drôle et de terriblement triste», Gainsbourg aurait été «ému aux larmes» par cette soirée, a-t-elle ajouté, en essuyant une… larme.

Au fil de La gadoue revisitée avec percussions en évidence, Birkin a tenu à remercier tous les initiateurs de ce projet symphonique, né à Montréal il y a deux ans et qu’elle trimballe depuis dans une vingtaine de pays. Puis, pour L’Anamour, les accords se sont fait joyeux et la voix de Birkin superbement tonique.

Dans le dernier droit, la chanteuse est sortie de scène un moment, le temps d’un touchant medley symphonique qui a repris entre autres Lemon Incest, Je t’aime moi non plus et Ma Lou Marilou. Il fallait avoir un cœur de pierre pour ne pas vibrer d’émotion devant pareil déploiement.

C’est avec La Javanaise que Birkin a livré sa dernière offrande à une foule qui a longuement applaudi ce spectacle d’exception.

Non, samedi soir, au parc de la Francophonie, personne n’aurait voulu être ailleurs.

Chapeau madame Birkin. De là-haut, c’est sûr que votre grand amour aurait été fier de vous. Il a sûrement versé une larme.

Peu connu du public québécois, le groupe français Lo’Jo se produisait pour la seconde fois au Festival d’été après 36 ans d’existence et une quinzaine d’albums.

La musique du monde de Lo’Jo

Peu connu du public québécois, le groupe français Lo’Jo se produisait pour la seconde fois au Festival d’été après 36 ans d’existence et une quinzaine d’albums. Le groupe originaire d’Angers donne dans une musique du monde fortement influencée par des airs venus d’Afrique et d’Europe centrale.

La bande à Denis Péan a pris un certain temps avant de s’imposer, certaines compositions étant plus ou moins accrocheuses, mais la chanteuse Nadia Richard a fini par faire lever la foule dans le dernier droit avec l’énergique Tu Benes, suivi d’un très inspiré Timbuktu. Conquise, la foule en a redemandé en rappel.

Au rayon des anecdotes, Péan a tenu à saluer «le peuple de Montréal». Inutile de dire que la foule s’est gentiment empressée de le rappeler à l’ordre. «Excusez-moi, c’est le décalage horaire...» a-t-il plaidé pour sa défense.

Lou-Adriane Cassidy a livré «en primeur», de sa voix feutrée, quelques chansons de son premier album, à paraître cet automne.

Cassidy marque des points

Finaliste au Festival de la chanson de Granby et participante à La Voix en 2016, la jeune Lou-Adriane Cassidy avait reçu le mandat de mettre la table pour la soirée. Une tâche dont elle s’est acquittée de très belle façon.

L’auteure-compositrice-interprète de 20 ans, originaire de Québec, a livré «en primeur», de sa voix feutrée, quelques chansons de son premier album, à paraître cet automne.

Elle en a certainement convaincu plus d’un à la suivre de près dorénavant, avec son interprétation, en finale, de la magnifique mélodie Ça va, ça va