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Bilan de Nicolas Houle: la grande fête promise

Le Festival d'été avait célébré ses anniversaires de 40 et de 45 ans de façon assez sobre, se contentant de dire que sa mission annuelle était toujours la même : ficeler la meilleure programmation possible. Or pour ce 50e, on en a rajouté une couche et la fête est passée à un autre niveau.
L'offre des plaines d'Abraham, à partir de laquelle le public tend à juger le Festival, était costaude. Les derniers quatre jours, à eux seuls, parlent d'eux-mêmes : The Who, Metallica, Gorillaz et Muse. Il faut ajouter à cela les excellents coups de filet qu'ont été Pink et Kendrick Lamar.
L'avant-scène
Parlant de Lamar, il a, comme d'autres avant et après lui, mis le doigt sur un malaise grandissant : la zone avant-scène, qui a continué de s'étendre cette année. Bien que ce soit une source de revenus importants pour le FEQ, il commence à être impératif de repenser cette configuration en démocratisant à nouveau le parterre. Pourquoi ne pas développer une structure plus costaude, sur plusieurs étages du côté de la zone corporative et y déplacer les privilégiés actuels? On n'est pas très loin de ça et certaines loges étaient libres durant l'événement...
Risques payants
Les risques ont payé cette année. Certains, moi le premier, se demandaient ce que serait la réponse pour Gorillaz, même si la réputation du band n'est plus à faire. Elle a été très bonne et les curieux sont repartis comblés. Un artiste comme celui-là apporte beaucoup de crédibilité à l'événement, démontrant qu'on peut faire courir les foules autrement qu'avec la nostalgie et les grandes évidences.
On a également été aventureux au Pigeonnier, avec des invités comme Migos ou DNCE, qui n'ont pas nécessairement un historique chargé en termes d'albums. Là encore, l'achalandage a été excellent. On y a d'autre part varié les plaisirs avec de bons résultats.
Place d'Youville et basse ville
J'ai passé du bon temps à la place d'Youville, qui demeure un lieu d'intéressantes découvertes, servi invariablement par une sonorisation impeccable. La fête réservée à Michel Louvain a rappelé qu'on pouvait créer des événements d'importance à cet endroit, autant qu'ailleurs.
Le Coeur du FEQ reste un lieu très intéressant, où l'on sent davantage l'atmosphère propre à un festival, par l'exiguïté des lieux - qui n'exclut pas une scène très pro - et l'offre gastronomique qu'il y a autour. 
Malgré mes quelque 35 shows au compteur, je n'ai pas eu la chance de me promener autant que j'aurais voulu en basse ville. Suffisamment, cependant, pour constater que l'Impérial continue de bien fonctionner et que, décidément, les améliorations sonores qu'on y a apportées rendent l'expérience d'écoute fort agréable. Là aussi les portes ont été fermées souvent...
Terminés, les rappels?
Une tendance généralisée remarquée cette année : l'absence de rappel. Rares sont les formations qui ont quitté les planches pour ensuite revenir. On a préféré livrer la marchandise en entier, puis partir pour de bon. Ce n'est pas un mal et la plupart des festivaliers ont semblé s'en accommoder...
Et la suite? Le FEQ est condamné à aller de l'avant et à évoluer. L'organisation s'est mise elle-même la barre haute pour l'année prochaine et il sera intéressant de voir comment elle saura continuer sa progression.
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Le triomphe : Gorillaz
En tous points, un spectacle éclatant. Mais bien plus que le visuel, c'est la dimension musicale qui a ébloui : une excellente sélection de chansons, parfaitement livrées et arrangées. Et Damon Albarn, quelle charismatique bête de scène!
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Les promesses tenues : Pink et Metallica
Pink a livré la marchandise sur toute la ligne. Un show aussi dynamique que coloré, qui a culminé sur ses acrobaties aériennes. Metallica? On a beau les avoir vus et revus, les gars ont donné une performance du tonnerre.
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L'étoile cachée : Anderson .Paak
Anderson .Paak
Tout le monde n'en avait que pour Kendrick Lamar. Il a bien fait, mais ce soir là, Anderson .Paak, qui le précédait, a été la révélation : Il sait tout faire, chanter le funk, la soul ou le r'n'b, en plus de jouer de la batterie, et, bien sûr de rapper.
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Les grands ensembles : Bros et Bixiga 70
Bros
Le pop rock vintage de Bros, mâtiné de rythmes sud-américains, servi avec un grand ensemble de neuf musiciens dont quatre trombones? Un pur bonbon, que je me suis payé deux fois plutôt qu'une. J'ai aussi beaucoup apprécié le grand ensemble festif du Brésil, Bixiga 70.
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Les chiches : Migos
Migos
Je suis étonné que les fans de Migos n'aient pas manifesté davantage leur déception devant l'offre particulièrement chiche, voire irrespecteuse du band. Plusieurs ont fait la file toute la journée pour espérer voir le groupe, qui lorsqu'on enlève le temps occupé par son DJ, n'a joué que 45 minutes...