Accompagnée de sa choriste, Amélie Beyries a proposé un tour de chant intimiste.

Beyries: l'heureux détour du destin

CRITIQUE / Il y a un an, Amélie Beyries montait sur scène pour la première fois. En février, elle lançait son premier album. Et jeudi, elle remplissait entièrement son premier Théâtre Petit Champlain. «Il y a des destins spéciaux, des fois», constatait-elle, en s'adressant à son public. On ne saurait mieux dire...
Du haut de ses 37 ans, la Montréalaise qui a survécu à deux cancers a peut-être eu la vocation tardive, or elle sait se débrouiller derrière le micro. Elle peut commettre ici et là des maladresses et elle s'en amuse candidement - «je suis très green», a-t-elle lancé à quelques reprises. Cependant, l'essentiel y est : quand elle entonne ses chansons, elle trouve le chemin le plus court qui mène au coeur. 
Avec sa choriste Julie Little, elle a proposé un tour de chant intimiste, puisant bien sûr dans l'ensemble de son album Landing et complétant le programme avec quelques reprises.
Beyries s'est accompagnée tantôt de la guitare, tantôt du clavier, tandis que sa complice mettait ça et là des percussions. Ça peut paraître minimal pour quiconque a prêté l'oreille aux enregistrements de Landing, mais ça marchait à merveille. Il faut dire que c'est dans la voix de Beyries que tout se passe ou presque - une voix juste, qui transporte aisément l'émotion. Cette formule épurée permettait par ailleurs de jouer avec les silences, ce qui assurait un maximum d'impact aux moindres lignes. À cela, il faut ajouter que le public était d'une écoute exemplaire et que la sono était impeccable...
Le ton a été donné d'emblée avec Same Light. Et ça s'est poursuivi tout au long du concert, que ce soit avec l'excellente Soldier, l'interprétation de Je pars à l'autre bout du monde, de Paul Daraîche ou encore la sensible J'aurai cent ans, où sa choriste a assuré les portions défendues par Louis-Jean Cormier, en studio. 
Le baluchon de chansons de Beyries n'est pas encore très fourni, aussi le spectacle aura-t-il été relativement court, mais bien assez dense et varié pour séduire la foule, enthousiaste. La chanteuse sera de retour en ville en juillet, durant le Festival d'été, en formation élargie.
Wilsen
C'est en compagnie du groupe de Brooklyn Wilsen que la soirée s'est amorcée. Sous la houlette de l'auteure-compositrice-interprète Tamsin Wilson, les quatre musiciens ont partagé leur répertoire planant, qui donne dans la nuance et la retenue. La bande est apparue en parfaite maîtrise de son matériel, qui se développait parfois en plusieurs tableaux - de manière réussie - et sur lequel la leader brillait par son chant précis, jamais forcé. Ce ne sont pas toutes les pièces qui ont pris leur plein envol, le quatuor misant un peu trop sur des compositions linéaires et n'évitant pas les temps morts, mais on pouvait voir le potentiel de cet ensemble, qui lance vendredi son premier album, I Go Missing In My Sleep.