Dans le «Beu-Bye 2019», la militante pour le climat Greta Thunberg se voit intégrée dans l’univers du «Trône de fer».
Dans le «Beu-Bye 2019», la militante pour le climat Greta Thunberg se voit intégrée dans l’univers du «Trône de fer».

«Beu-Bye 2019»: une cuvée inspirée

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
CRITIQUE / Décidément, l’équipe du «Beu-Bye» n’en manque pas une. Avec la sixième mouture de sa revue de l’année — la seule faite à Québec — la troupe ratisse large pour brosser une rétrospective aussi festive que vive d’esprit.

Entre l’astronaute David St-Jacques et le chef conservateur Andrew Scheer — on s’est retourné sur un 10 ¢ pour s’adapter à l’actualité —, les dragons Néron et Taillefer, un amalgame Donald Trump/Elton John, les controversées Catherine Dorion et Greta Thunberg ou les clients potentiellement fraudés de Desjardins, le Beu-Bye n’a pas oublié (ni épargné) grand-monde. 

Misant de plus en plus sur les variétés, la revue met de l’avant plusieurs numéros chorégraphiés relevés. Musicalement, nous voilà très bien servis. D’Imagine Dragons (un clin d’œil au spectacle de deux chansons interrompu par l’orage au Festival d’été) à Bleu Jeans Bleu et son méga succès Coton ouaté, du Temps des cathédrales (en hommage à Notre-Dame de Paris) à Flying on my Own de Céline Dion. 

L'astronaute David St-Jacques était au nombre des personnalités parodiées.

La déjà polyvalente équipe a pris du coffre en intégrant Mélissa Bédard à ses rangs. Le seul bémol au chapitre musical, et il n’est pas mineur, est qu’on a souvent tendance à perdre le texte pendant les chansons. Dommage quand on sait les efforts qui y sont mis. 

Soulignons l’excellent flash d’avoir intégré le phénomène Greta «Gretanerys» Thunberg à l’univers du Trône de fer. Idem pour cette entrée de Catherine Dorion chez les Jedi, où elle sera confrontée à l’«empereur PKP». Du bonbon. Le sketch sur la campagne fédérale en mode Disney n’est pas piqué des vers non plus, tout comme celui sur l’ouverture du Diamant en mode lutte. À l’inverse, celui articulé autour de Noël semble un peu réchauffé en exploitant un thème déjà usé.

La déjà polyvalente équipe a pris du coffre en intégrant Mélissa Bédard (à gauche) à ses rangs.

Au final, on a droit ici à une rétrospective qui touche la cible en croisant de façon inspirée les petits scandales, grandes tendances, personnages incontournables ou étrangetés qui ont nourri l’actualité dans la dernière année. Même ceux qu’on avait — volontairement ou non… — oubliés, comme l’absurde chanson électorale libérale des Strumbellas. Ouf!

Le Beu-Bye 2019 est présenté à l’Impérial jusqu’au 29 décembre.