Après une tournée des festivals, puis une virée en trio à l'automne, Bernard Adamus se promet une pause, un luxe qu'il ne s'est pas offert souvent depuis 2009.

Bernard Adamus: entre ici pis chez lui

Entre le grand spectacle qu'il a offert tout récemment aux FrancoFolies de Montréal - où il a fait place comble devant la grande scène - et la tournée plus intime, en trio, qu'il entamera à la fin de l'été, c'est un Bernard Adamus à la croisée des chemins qui débarquera dans les prochains jours au Festival d'été de Québec (FEQ).
«On arrive à la fin. Ce band-là termine son grand voyage de deux ans au mois d'août», confirme l'auteur-compositeur-interprète, qui voit venir le terme du cycle de l'album Sorel Soviet So What (clin d'oeil au So Far, So Good... So What? de Megadeth), lancé à l'automne 2015. 
«On vient [à Québec] avec le show qu'on fait si bien et qu'on a tant de fun à faire depuis un bout. On rajoute un saxophone à ça, mais il n'y aura pas de méga fanfare. En même temps, c'est bien. Des fois, trop en mettre pour trop en mettre, ce n'est pas nécessairement payant. Là, c'est vraiment notre band. Et on est très, très, très rodé. Ça donne un show vraiment efficace. Mais ça reste un show d'initiés. Il y a beaucoup de paroles dans les chansons de Bernard Adamus...», évoque le Montréalais, qui a réitéré sur ce dernier album son goût pour les textes denses qui déboulent à toute allure.
«Ça donne un show intense, décrit-il. Pour ceux qui ne me connaissent pas du tout, ça fait beaucoup d'informations à ingérer. Mais le band est en feu. Et le courant passe bien.»
«Semi-sabbatique»
Après une tournée des festivals incluant un arrêt au Festif de Baie-Saint-Paul le 22 juillet, Bernard Adamus rebrassera les cartes le temps d'une virée en trio qui l'amènera jusqu'à la fin de l'année (il doit notamment se produire au Grand Théâtre le 8 décembre). Ensuite, le musicien se promet une pause, luxe qu'il ne s'est pas offert souvent depuis 2009, lorsqu'il a commencé à marquer l'imaginaire en chantant que brun est «la couleur de l'amour». 
«L'année prochaine, ça va être une semi-sabbatique, note-t-il. Je vais enregistrer un disque, c'est sûr. Mais je vais prendre un break. Ça fait quand même beaucoup d'années en ligne que j'enfile au-delà de 100 shows par an. Comme je ne suis pas Gregory Charles ou Pierre Lapointe, je me fais fatigué...» 
«Oiseau de nuit» autoproclamé, Adamus se réjouit désormais de voir davantage de salles de spectacles et moins de bars inscrits à son itinéraire des prochains mois. «En 2009, j'aurais répondu le contraire, confie-t-il. Mais j'en ai tellement fait que, oui, des fois, ça me tanne. Je n'ai rien contre la fête et je comprends très bien ce que je chante. Mais des fois, j'en reviens. Et c'est le fun de pouvoir aussi communiquer avec le monde. Ça arrive qu'il y ait des gens tellement pétés qu'ils ne s'en souviennent pas, du show. Je suis tanné de voir ça...»
Alors qu'il franchira le cap de la quarantaine cette année, Bernard Adamus entrevoit une certaine accalmie pour la suite des choses. Et les chansons qui lui sont venues récemment semblent confirmer son impression. 
«C'est sûr qu'avoir 40 ans, ça amène tranquillement pas vite des réflexions face au temps, croit-il. On avance dans la vie, on ne pense pas pareil à 20 ans qu'à 40. Ce n'est pas le même constat. À 20 ans, t'es éternel. Mais plus le temps avance, ça change. Ma fille, autant que je l'aime, elle me rappelle ma propre mort. Pas le choix, ainsi va la vie. Je ne pense pas que l'album va être lourd, mais à date, les tounes qui sont sorties sont peut-être un peu plus calmes. C'est comme si la drôle de rage, elle est comme moins là...»
Hommage à Desjardins
Outre sa prestation attendue le 7 juillet à la place D'Youville, Bernard Adamus prendra aussi part au spectacle Desjardins, on l'aime-tu!, qui donnera le coup d'envoi au FEQ sur les plaines d'Abraham le 6 juillet. Le concert transposera sur scène l'esprit d'une compilation parue plus tôt cette année, sur laquelle une brochette d'artistes ont revisité l'oeuvre du musicien abitibien. 
«Je suis un énorme fan de Desjardins depuis que j'ai entendu l'album live Au Club Soda, à 16 ans. Les derniers humains, Tu m'aimes-tu, Au Club Soda et Boom Boom, ce sont des albums que j'ai écoutés à répétition», explique Bernard Adamus, qui s'est approprié pour l'occasion la pièce Les mammifères. «[Desjardins], c'est un très, très beau modèle d'écriture», observe Adamus, ajoutant du même souffle qu'il n'aurait pas voulu être à la place de Michel Rivard quand est parue la chanson Le bon gars, dans laquelle Desjardins chante : «M'as m'acheter des records de Michel Rivard, m'a faire semblant que c'est intéressant.» «Il voulait faire une grosse joke avec ben de l'attitude. Il l'a fait. Mais elle est quand même étampée dans l'imaginaire des gens d'ici pour toujours. C'est une sale blague, mais qu'est-ce que tu veux, ils régleront ça entre eux... Ce n'est pas de mes affaires!» rigole-t-il. 
Avec pas d'casque, Fred Fortin, Philippe B, Les Soeurs Boulay, Yann Perreau, Koriass, Keith Kouna, Émile Bilodeau, Philippe Brach et Klô Pelgag figurent aussi parmi les invités qui fouleront la scène des Plaines jeudi.
Vous voulez y aller?
Quoi: Desjardins, on l'aime-tu!
Quand: 6 juillet à 19h30
Où: plaines d'Abraham
Accès: laissez-passer
Note: les chaises pliantes sont permises pour ce spectacle
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Qui: Bernard Adamus
Quand: 7 juillet à 22h
Où: place D'Youville
Accès: gratuit
Info: infofestival.com