Pour son troisième album, paru l'automne dernier, Ben L'Oncle Soul a choisi de se réapproprier le répertoire du crooner Frank Sinatra.

Ben L'Oncle Soul: Sinatra 2.0

Dans les dernières années, Ben L'Oncle Soul a saisi quelques occasions de faire danser les Montréalais, mais son groove ne s'était à ce jour jamais transposé sur scène dans la capitale. Le Français s'apprête à remédier à la situation en se produisant dimanche en clôture du Festival d'été de Québec (FEQ). Et on peut dire qu'il ne voyage pas léger : entouré d'une dizaine de musiciens, il débarque chez nous avec le riche héritage de Frank Sinatra.
«Ça va être une première à Québec, je suis très excité. C'est un voyage que ma mère avait déjà fait il y a des années, quand elle avait 20 ans, et elle m'en a beaucoup parlé», raconte au bout du fil le sympathique chanteur, né Benjamin Duterde, qui a poussé au son des Otis Redding, Ray Charles et autres Stevie Wonder. De la soul, il en mange. Si bien qu'il a intégré l'étiquette dans son nom d'artiste. Et qu'il creuse son sillon depuis près d'une décennie dans ce genre pas si représenté en Europe francophone. Un oiseau rare, cet Oncle Ben?
«Complètement! Mais il y en a plus qu'on le croit qui aiment la musique soul et la musique américaine...» nuance-t-il. 
Pour son troisième album, paru l'automne dernier, le jeune trentenaire a choisi de se réapproprier le répertoire du crooner Frank Sinatra. Un projet qu'il a abordé comme une sorte de laboratoire. «Ça fait un moment que je m'intéresse à la musique soul, explique-t-il. C'est ma première source d'inspiration et c'est aussi mon combat de tous les jours, culturellement. Je défends cette musique et ce mouvement-là. Mais il y avait quand même des choses qui commençaient à me titiller un peu. C'est-à-dire : quel est le lien entre la soul et le jazz?»
«Mettre les mains dedans»
S'il voue un grand respect au Great American Songbook, Ben a voulu, selon sa propre description, «mettre les mains dedans» et intégrer ses influences musicales à l'aventure. «Je n'ai pas peur d'enfreindre les règles et de mettre [les chansons] à l'épreuve de mes intempéries. Si j'avais voulu faire un album de crooner, peut-être qu'il aurait eu un peu moins de personnalité», confirme le chanteur, qui ne se gêne pas, sur l'album Under My Skin, pour donner une couleur actuelle aux classiques popularisés par Sinatra.
«Les arrangements, ou plutôt les réarrangements des morceaux, sont devenus un peu reggae, un peu house ou dance, parfois, ajoute-t-il. Il y a des influences qui sont sorties un peu de partout. C'était intéressant de voir que les chansons tenaient toujours la route, qu'on reconnaissait toujours les morceaux. L'émotion était différente, on a essayé d'apporter des couleurs avec lesquelles je suis à l'aise pour pouvoir chanter et être au top. Du coup, c'était assez intéressant de mettre à l'épreuve de grands standards de jazz avec une réalisation un peu hip-hop, parfois. En tout cas, j'avais très envie de faire ce pont par moi-même, d'amener des chansons de jazz dans ma culture musicale.»
Ben L'Oncle Soul a pris la route il y a deux mois avec ses relectures de Sinatra. Et il est plutôt bien accompagné. Ils seront une dizaine de musiciens (incluant une section de cuivres et un DJ) à fouler la scène de la place d'Youville dimanche. 
«Je fais quand même quelques morceaux à moi vers la fin du spectacle, mais on est en tout cas bien axé sur Frank Sinatra parce que c'est un répertoire qui nous intéresse, note Ben L'Oncle Soul. On a de super bons retours, même du big boss de Blue Note aux États-Unis, qui a sorti l'album en numérique. C'est super encourageant. Du coup, on fait plein de festivals aux États-Unis et au Canada. C'est cool!»
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Vous voulez y aller?
• Qui : Ben L'Oncle Soul
• Quand : 16 juillet à 21h10
• Où : place d'Youville
• Accès : gratuit
• Infos : infofestival.com