Bears of Legend au Parc de la Francophonie

Bears of Legend: la prise de l'ours

CRITIQUE / Bears of Legend devait relever un gros défi, lundi soir, au 49e Festival d'été de Québec : prouver qu'un groupe québécois peut aussi bien interpréter de l'americana que deux bands ontariens versés dans le genre. Nullement intimidé, il a tenté de le faire avec panache, proposant un spectacle à grand déploiement aux accents classiques, avec pas moins d'une trentaine d'interprètes.
Non content d'être sept sur scène, le groupe de la Mauricie comptait sur deux violons et deux cuivres ainsi qu'une chorale d'une vingtaine de chanteurs. Ça fait beaucoup de monde. Et comme si ça ne suffisait pas, Pascale Picard est venue les rejoindre aux choeurs pour une Beside Me aux accents gospel.
Bears of Legend, mené par David Lavergne, qui chante dans la langue de Dylan, a puisé presque également à ses deux CD pour interpréter sa folk-pop harmonieuse et gentille. Pour l'occasion, la place D'Youville débordait de partout. 
La formation aime les pièces amples qui épousent le même genre de longues envolées que le progressif. C'est parfois joli, mais ça fait dangereusement redescendre la tension, tout comme le bavardage maladroit. Bears of Legend a d'ailleurs eu de la misère à retenir tout son monde.
Pas un triomphe, mais une prestation honnête et sympathique.
The Strumbellas
Les spectateurs s'étaient déplacés nombreux pour la première prestation des Strumbellas à Québec. Il régnait une atmosphère débonnaire, tant dans la foule - plusieurs enfants étaient juchés sur les épaules de leurs parents - que sur scène. Le sextuor ontarien, au look rural et à la musique qui va avec, propose une country folk proprette et accrocheuse.
On les compare à Mumford & Sons, pour les pièces rythmées entraînantes, mais ils ont aussi une parenté avec Band of Horses, pour les mélodies accrocheuses, et les Cowboys fringants pour la configuration musicale avec Isabel Ritchie au violon. Les Strumbellas peuvent aussi compter sur un chanteur de premier plan : Simon Ward a une belle voix chaude, juste un peu nasillarde.
Par contre, la présence scénique des Torontois est plutôt statique. On dirait qu'ils ont les pieds coulés dans le béton. Quand les musiciens font une complainte avec de très belles harmonies vocales à six ou une ballade comme Wild Sun, ça va, mais les moments enlevants gagneraient à être plus échevelés.
Reste que le groupe a adoré son expérience au FEQ et qu'ils se sont gagné de nouveaux admirateurs. Un gagnant-gagnant, comme on dit.
Elliott Brood
Elliott Brood ne pouvait rêver d'une température plus estivale pour son tour de chant, en début de soirée. Le trio de Windsor a d'ailleurs poussé une chanson sur les lendemains de veille en camping... Il serait un peu injuste de les comparer à Blue Rodeo, LA référence au pays en country rock. Reste que la musique d'Elliott Brood partage les mêmes racines, avec des accents folk et alternatif. D'autant que Mark Sasso a une voix très éraillée, dont il se sert bien.
Ils ont livré une bonne prestation, mais très canadian : un peu fade. De plus, le trio a trouvé son erre d'aller vers la fin, livrant une pièce instrumentale qui brassait pas mal, un duel de ukulele (!!!) et un excellent country rock entraînant. Trop peu, trop tard.