Josh Brolin est le méchant Thanos dans «Avengers: la guerre de l'infini».

Avengers: trop c'est comme pas assez **1/2

CRITIQUE / Marvel a décidé, pour son 10e anniversaire, de se payer une extravaganza réunissant presque tous les superhéros de son univers avec «Avengers: la guerre de l’infini». Il faut évidemment que ce 19e long métrage surpasse tous les autres dans tous les départements. Mais ce gargantuesque péplum de l’espace finit par s’avérer indigeste en plus de manquer cruellement d’un ingrédient essentiel: l’émotion.

Une évidence: ce nouveau volet s’adresse aux convaincus. Ceux qui n’ont pas vu les films précédents des trois phases seront complètement largués dans cet univers autoréférentiel. Les aficionados vont, au contraire, se réjouir de pouvoir attacher des nœuds, apprécier les références et l’humour de circonstance. Soit. Mais encore?

Il faut un méchant pour incarner le Mal, en la personne de Thanos (Josh Brolin). Le tyran de la planète Titan est convaincu que la meilleure façon de sauver l’Univers se trouve dans le génocide de la moitié de ses habitants. Autrement dit, vendre son âme au diable pour jouer à Dieu — thème connu s’il en est un.

Pour y arriver, il veut réunir les six Pierres de l’Infini: l’espace, la réalité, le pouvoir, l’esprit, le temps et l’âme. Une façon comme une autre de montrer que le pouvoir absolu corrompt absolument.

L’acquisition de la deuxième pierre, au début de l’histoire, lui permet d’éliminer deux protagonistes connus. Et d’envoyer vers la Terre ses âmes damnées où Dr Strange (Benedict Cumberbatch) et Vision (Paul Bettany) possèdent chacun une gemme. 

Les Avengers, Iron Man (Robert Downey Jr), Steve Rogers (Chris Evans), Bruce Banner (Mark Ruffalo) et Natasha Romanoff (Scarlett Johansson) en tête, doivent mettre leurs conflits de côté afin de combattre le Mal. Quant à Thor (Chris Hemsworth), il cherche sur une planète éloignée une arme capable de détruire Thanos, avec l’aide des Gardiens de la galaxie.

Le film se déroule autant sur notre planète que dans l’espace. Une occasion en or pour utiliser des effets spéciaux sidérants et bâtir des histoires parallèles qui se relancent à chaque temps mort. Mais on finit par se lasser de ces aller-retour et de ces séquences de combats qui s’éternisent. Et passons sur les dialogues insipides et la direction d’acteurs.

D’autant que les frères Anthony et Joe Russo, qui ont aussi réalisé Capitaine America: la guerre civile (2016), semblent plus concentrés à jeter de la poudre aux yeux qu’à raconter une histoire avec une certaine résonance émotive et psychologique. À ce chapitre, on reste en surface et dans le convenu, effleurant à peine les thèmes usuels: le sens du devoir et du sacrifice, la solidarité, l’amitié, le courage, le désir de revanche, les difficiles relations interpersonnelles, l’égocentrisme… 

Le problème de ce trop long métrage (2h36!!!) se résume à ceci: c’est pas parce que c’est gros et que ça fait beaucoup de bruit (pour rien) que c’est puissant. 

Bref, un gros plat de calories vides! Évidemment, mon fils de 10 ans s’est empiffré et en redemandait.

Et dire qu’il s’agit de la première moitié de La guerre de l’infini (la suite est prévue en 2019), avec une fin qui laissera sur son appétit même les amateurs du genre.

AU GÉNÉRIQUE

Cote: **1/2

Titre: Avengers: la guerre de l’infini

Genre: science-fiction

Réalisateurs: Anthony et Joe Russo

Acteurs: Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Scarlett Johansson

Classement: général

Durée: 2h36

On aime: l’imposante distribution

On n’aime pas: la poudre aux yeux. La sécheresse émotive