Dominique Fils-Aimé a eu toute une année, couronnée de nombreux prix pour son album Stay Tuned!

Authentique: Dominique Fils-Aimé

Dominique Fils-Aimé a eu toute une année… Elle a ajouté plusieurs distinctions à sa feuille de route. Elle écrit ses pièces avec son cœur, elle raconte une histoire et espère transmettre un message précis; se fiche des restrictions et des règles des radios. Comme quoi c’est la meilleure manière de créer.

«Les gens continuent à renchérir avec de bonnes nouvelles et un bel accueil. On est vraiment chanceux. Ça donne juste envie de travailler plus fort pour que les gens continuent le voyage avec nous», indique Dominique, tout sourire, en parlant de l’année qu’elle n’a pas trop vu passer.

Elle essaie encore de s’adapter à toute la dose d’attention supplémentaire qu’elle reçoit. Les choses ont commencé à s’accumuler rapidement lorsque Radio-Canada l’a nommée Révélation de l’année 2019-2020. Et puis Stay Tuned! a été nommé pour le prix de Musique Polaris 2019 et a gagné le Félix de l’album jazz de l’année. 

«Ça nous a rendus crédibles quelque part, aux yeux de plusieurs médias. Un énorme boost. […] Je fais de la musique qui n’est pas forcément populaire. Oui, le deuxième album est jazz, mais ça n’entre pas parfaitement dans la définition du jazz qu’on avait avant», entend-elle. 

Dominique Fils-Aimé et son équipe vivaient «très confortablement» avec l’idée de ne pas passer à la radio, leur format de chansons n’étant pas standard.

«Finalement, ça a l’air qu’il n’y a pas de limite. Ce n’est pas parce que ce n’est pas le même format que les gens vont être fermés, les gens sont ouverts à entendre des choses différentes.» 

Du jazz, mais plus encore

Pour les nouvelles oreilles, Dominique Fils-Aimé a entamé en 2018 une trilogie dans laquelle elle revisite l’Histoire des Noirs. La première partie était marquée par le blues (Nameless, 2018), et avec son deuxième disque (Stay Tuned!, 2019), elle a joué dans le jazz. Cependant, l’objectif n’est pas d’entrer dans le créneau. 

«J’avais envie d’explorer ce que ça voulait dire. Ce que j’ai compris, c’est que tu fais ce que tu veux avec le jazz, tu essaies des choses, tu te permets d’être différente. Les premiers qui ont fait du jazz essayaient des notes pas conventionnelles. Je me dis, “en 2020, il faut faire la même chose, il ne faut pas imiter les tonalités du passé”.»

Dominique fait ce qu’elle veut, ce qu’elle aime entendre et finalement, c’est ce qui fonctionne le mieux.

«Les gens connectent quand tu es toi-même. Dans l’état d’esprit, je me dis que je suis artiste jazz parce que je suis libre. Sinon je suis autant soul ou RnB, tellement de choses m’ont influencée, et c’est ce qui crée mon style à moi. Je ne suis pas obligée de rentrer dans un moule pour que ça marche», soutient-elle. 

Sprint final

L’auteure-compositrice-interprète se dit bien entourée, le secret du succès. 

«Je me sens en sécurité et respectée dans mon authenticité. On m’a donné le droit de faire ce que je voulais, sans la pression du besoin de vendre.»

Avec le même entourage, elle travaille à terminer le troisième et dernier album de sa trilogie, «plus joyeux», promet-on. 

«Le premier parlait du côté plus lourd de l’histoire, la traversée de l’océan, les moments sombres. Avec le jazz, c’est la révolution qui est venue avec les mouvements publics, je vois le jazz plus sombre et plus warrior. Après tout ça, c’est la joie, un moment de répit où les gens se sont permis de célébrer. 

«Le troisième, c’est le soul, tant au niveau musical que de l’âme. C’est ensoleillé, c’est jaune, c’est content. On va rêver de cette égalité en musique, on a encore beaucoup de liberté à acquérir, mais on va se réjouir du chemin parcouru.» 

Dominique Fils-Aimé veut que la «tension se relâche» en terminant son histoire, ramener l’équilibre après la lourdeur et les moments difficiles traduits de ses dernières pièces. Elle a d’ailleurs bien hâte d’entamer le dernier sprint de ce projet.

Un trop plein d’amour

Qui dit plus populaire, dit plus débordée… L’horaire de Dominique se veut plus chargé, mais les réalités demeurent les mêmes. Récompenses ou pas, sa route continue.

«Je commence à me demander ce que je fais après la trilogie, ça m’a donné un encouragement. Après les shows, les gens viennent me voir pour me dire qu’ils ont ressenti des émotions, et ça me fait triper. Je me rends compte que c’est ça que je voulais faire, vivre des émotions avec les gens, les rentrer dans ma bulle. C’est une thérapie de groupe.»

À tendance hyper sensible, Dominique a parfois du mal à recevoir tout l’amour qu’on lui donne. 

«Ce sont des vagues d’amour et tu es presque submergée. C’est pour ça que dans mes shows, je demande aux gens d’attendre à la fin pour les applaudissements. Ils m’envoient de l’amour et ça me déstabilise pendant un instant.»

Tout ça ne l’empêche pas d’être très reconnaissante de la carrière qu’elle mène. 

Dominique Fils-Aimé sera au Palais Montcalm le 29 février. 

Pour des billets : www.palaismontcalm.ca/concert-spectacle-quebec/h2020-dominique-fils-aime/