Atome ou le fruit des étoiles: une oeuvre «icône» pour le Diamant

Atome ou le fruit des étoiles, l’œuvre de Claudie Gagnon qui ornera le nouveau théâtre Diamant, commence à prendre forme. Cinq immenses cercles de verre seront bientôt assemblés et placés perpendiculairement à la façade du bâtiment, comme une enseigne kaléidoscopique.

«Ça va devenir la signature du Diamant, croit le dg Bernard Gilbert. Pour l’instant, il n’y aura pas d’inscription sur la façade. [L’œuvre sera] l’icône que les gens vont voir en remontant ou en descendant la rue Saint-Jean. Ça va être aussi visible que l’était l’enseigne du cinéma de Paris.»

Le directeur, l’idéatrice et son complice, Ludovic Boney, qui a coordonné la fabrication de l’œuvre, nous ont accueillis dans un local du secteur industriel de Saint-Romuald — loué spécifiquement pour l’assemblage.

«Les parties extérieures sont bombées. Quatre couches représentent le même motif, décalé pour multiplier les angles et les reflets, alors que la couche centrale arbore un motif différent», explique Ludovic Boney. «Des anneaux d’aluminium viennent encercler des morceaux de verre, coupés en pointe, qui sont retenus ensemble par un scellant.»

Chaque cercle mesure 4,5 mètres de diamètre et le «sandwich» qu’ils formeront aura 80 cm d’épaisseur. Une fois terminée, l’œuvre sera transportée debout, par camion, jusqu’au théâtre qui s’élève à l’emplacement de l’ancien YMCA, à la place D’Youville.

Plusieurs formes cachées

Rose des vents, cristal, flocon de neige, constellation, capteur de rêve, iris… le dessin choisi par Claudie Gagnon évoque plusieurs motifs naturels et technologiques. «J’ai emprunté des motifs à la forme traditionnelle d’un diamant, mais il y a des formes cachées. Ce sera kaléidoscopique, indique l’artiste. Aussi, je trouvais ça important de travailler en continuité avec l’architecture du Diamant, qui est très puissante.»

Le verre allait de soit pour elle. «C’est un matériau que j’utilise très souvent dans mon travail, mais habituellement, j’utilise plutôt des matériaux récupérés. On est très loin de ça, ici. On est dans la construction», note-t-elle. 

Les multiples facettes de la pièce seront révélées par les rayons du soleil et, le soir, par un éclairage intégré dans sa structure. «Il y aura de la fibre optique entre les couches de verre qui produira un léger mouvement. Ce sera très subtil. Évidemment, dans un espace aussi éclairé que le carré D’Youville, on va voir ce que ça donne. On commence à travailler là-dessus lundi [hier]», explique Claudie Gagnon.

Un aperçu de l’effet recherché avec l’œuvre.

Des diamants à cueillir

Le titre, Atome ou le fruit des étoiles, possède une part de poésie, expose-t-elle. «Un atome porte en lui plusieurs autres éléments. Je trouvais que ça cadrait avec le Diamant qui est un centre qui va rassembler un paquet d’évènements [et de disciplines]. «Le fruit des étoiles» vient d’une légende indienne, qui dit que les diamants sont les fruits des étoiles, prêts à être cueillis par les humains.»

L’œuvre de Claudie Gagnon sera intégrée au bâtiment en vertu de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des sites gouvernementaux et publics. Le budget total alloué au projet est de 239 000$, dont 207 000$ pour la réalisation de l’œuvre, qui sera installée à la fin du mois d’août pour l’ouverture du Diamant.

Claudie Gagnon a une pratique protéiforme, qui va de la création de spectacles de théâtre jeune public à la scénographie éclatée à la production de photographies qui s’inspirent de tableaux qui ont marqué l’histoire de l’art. Elle a créé des sculptures (dont des pièces suspendues, comme on peut voir dans l’exposition De Ferron à BGL, au Musée national des beaux-arts) et des installations foisonnantes où la nourriture occupe une place de choix. En art public, on peut entre autres voir son travail à la Bibliothèque Monique-Corriveau.