De passage à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre, l’auteur-compositeur-interprète français Arthur H et ses deux complices ont offert une prestation de haut niveau en transposant sur les planches les titres du récent album Amour chien fou.

Arthur H : les absents ont eu tort…

CRITIQUE / On l’a dit et on le répétera : les absents ont toujours tort. C’était plus vrai que jamais, vendredi soir, dans une salle Octave-Crémazie clairsemée, où Arthur H et ses deux complices ont offert une prestation de haut niveau en transposant sur les planches les titres du récent album Amour chien fou.

Il y avait de nombreux sièges libres dans la plus petite salle du Grand Théâtre. S’il était déçu, Arthur H n’a pas esquivé le sujet, qu’il a plutôt abordé avec humour. Il a rappelé qu’on était au deuxième sous-sol et qu’on avait dû creuser pour se rendre là. «C’était plein, archiplein!» a-t-il avancé, racontant que des spectateurs fainéants avaient dû être expulsés. «Vous ne voulez pas creuser? Dehors!» a-t-il ajouté.

À ceux qui y étaient, l’auteur-compositeur-interprète français n’a pas donné de raisons de le regretter. Celui qui a fait paraître en janvier un album double en deux pôles (un volet atmosphérique, un autre plus dansant) a offert une soirée tout aussi polarisée. Dans le bon sens du terme!

Savamment réarrangés pour être joués à trois — quoique le guitariste-percussionniste-choriste-magicien Nicolas Repac doit certainement pouvoir à lui seul compter pour deux! —, les titres de l’ambitieux Amour chien fou ont pris la part du lion dans le programme présenté vendredi.

Côté impressionniste

Du côté plus impressionniste, les magnifiques Sous les étoiles à Montréal (avec ses clins d’œil à la regrettée Lhasa de Sela) et La boxeuse amoureuse (qui a permis à Arthur H de naviguer avec beaucoup d’agilité dans un registre plus aigu) ont particulièrement eu de quoi captiver l’auditoire.

À l’autre bout du spectre, les plus dynamiques Tokyo Kiss ou Moonlove déesse servies au rappel avaient préalablement trouvé de splendides compagnes quand Arthur H a regardé un peu vers le passé. Enchaînées coup sur coup, les chansons Est-ce que tu aimes? (précédée du délirant récit d’un duel qu’Arthur H a failli avoir à son hôtel de Québec avec un touriste américain), La Lune et Ma dernière nuit à New York City n’ont pas manqué leur effet. De la bombe!

«On a joué beaucoup de fois ici, c’est toujours un grand plaisir de revenir», a confié en fin de parcours le Français, qui cultive depuis longtemps ses liens avec le public québécois.

On aurait certes souhaité une salle comble pour les retrouvailles, après un peu plus de deux ans d’absence chez nous (il avait alors bravé l’hiver pour livrer, grippé, les chansons de son album Soleil dedans). Qu’à cela ne tienne. L’accueil qui lui a été réservé a été chaleureux. Et les fans qui ont répondu présents ont eu droit à tout un spectacle.

Arthur H est attendu samedi soir aux Francos de Montréal.