Si Paul Rudd incarne avec aisance Scott Lang, ex-voleur qui a endossé la tenue d’Ant-Man, Evangeline Lilly lui vole la vedette avec son naturel dans le rôle d’Hope van Dyne (la Guêpe).

Ant-Man et la Guêpe: du piquant chez Marvel! ***

CRITIQUE / Deux choses distinguent les deux Ant-Man dans l’univers cinématographique Marvel (UCM): ce sont des films qui ne se prennent pas au sérieux et les personnages ont une «épaisseur» psychologique (même si elle est un peu ténue). Ant-Man et la Guêpe, le 20e de l’UCM, n’atteint pas les mêmes niveaux d’absurdité et de rythme débridé que le premier long métrage (2015), mais il s’avère un agréable divertissement à dimension humaine porté par le charisme de ses deux personnages principaux.

Comme Ryan Reynolds dans Deadpool, la réussite d’Ant-Man repose sur son interprète, Paul Rudd. L’acteur américain incarne avec beaucoup d’aisance Scott Lang, cet ex-voleur qui a endossé la tenue d’Ant-Man (qui lui permet de se réduire à la taille d’un insecte, mais aussi de devenir aussi gros que le bonhomme Marshmallow dans Ghostbusters). Ce qui lui permet de pratiquer un humour très physique. Mais, cette fois, c’est vraiment Evangeline Lilly qui vole la vedette avec son naturel dans le rôle d’Hope van Dyne (la Guêpe). Leur complicité est bonne.

L’action se déroule deux ans après les événements de Capitaine America : la guerre civile (2016). Le duo doit passer outre son passé commun tumultueux pour remplir une mission de sauvetage : retrouver dans le royaume quantique la mère d’Hope et femme d’Hank Pym (suave Michael Douglas), le scientifique à l’ego démesuré.

Petit problème : Lang est assigné à résidence (où il tente, tant bien que mal, d’établir une relation normale avec sa fille de 10 ans). Gros problème: la technologie qu’ils doivent utiliser est convoitée par un contrebandier en haute technologie et, surtout, Ava le fantôme (Hannah John-Kamen), la vilaine de service. Sans parler de l’attention constante du FBI à propos des superhéros.

Un scénario propice à de nombreux rebondissements, parfois télégraphiés, mais qui maintiennent la tension (et l’attention). Les scènes de combat d’inspiration kung-fu sont particulièrement spectaculaires, grâce aux changements de proportion des deux protagonistes. Ainsi que les courses-poursuites dans les rues de San Francisco, un beau clin d’œil à Bullit (1968).

Mais plus que ces passages imposés (comme les lourdes références aux autres films de Marvel et le caméo de Stan Lee), c’est l’humour décalé qui est le principal intérêt d’Ant-Man et la Guêpe, notamment avec Luis (Michael Peña ), l’associé de Scott Lang. Ça et le fait que les personnages ne sont pas unidimensionnels. La paire de relations père-fille y est d’ailleurs bien exploitée.

Pour son deuxième Ant-Man, la réalisation de Peyton Reed est plutôt standard. Mais il se révèle en parfaite maîtrise des différents éléments : action, humour et même un peu de romantisme. Ça se gâche dans la dernière partie, où il a la main un peu lourde sur le mélo.

En contrepartie, le dernier tiers permet aux effets spéciaux de s’éclater — certaines scènes sont de toute beauté. 

On retiendra surtout qu’on passe un bon moment loin des turpitudes du quotidien...

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: ***

• Titre: Ant-Man et la Guêpe

• Genre: fantastique 

• Réalisateur: Peyton Reed

• Acteurs: Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña, Michael Douglas

• Classement: général

• Durée: 1h58

• On aime: la complicité des acteurs. L’humour décalé. Les personnages secondaires

• On n’aime pas: les moments télégraphiés. La main lourde sur le mélo à la fin