Andrea Lindsay est attendue au Festival Jazz Etcetera de Lévis sur la scène extérieure de la rue Bégin, samedi à 20h30.

Andrea Lindsay: se «payer la traite» au jazz

Au bout du fil, la voix chantante d'Andrea Lindsay est parfois doublée de celle, encore plus douce, de son tout jeune fiston. Quand on sait que la chanteuse le portait dans son ventre au moment d'enregistrer son dernier album, Entre le jazz et la java, les mignonnes interventions de bébé tombent encore davantage sous le sens au moment de parler de ces chansons, que la jeune maman fera vivre sur scène samedi soir au Festival Jazz Etcetera de Lévis.
«Sur la pochette, c'était comme mon petit secret, note Andrea Lindsay. Il m'a accompagnée tout au long du processus d'enregistrement. À la fin, je le sentais qui me donnait des coups de pied quand je chantais. Ça me touche beaucoup d'avoir joué ces chansons avec de la vie qui grandissait en moi.»
Quand est venu le temps de souligner ses 10 ans de carrière, l'Ontarienne francophile et désormais Québécoise d'adoption raconte avoir eu envie de se «payer la traite» et de se lancer un défi. L'artiste a pour un moment mis de côté son chapeau d'auteure-compositrice pour embrasser avec la collaboration du guitariste Jordan Officer une brochette de relectures jazzées empruntées aux Serge Gainsbourg, Boris Vian, Claude Nougaro et cie. Une opportunité pour elle de se mesurer à des textes costauds du répertoire francophone. Et une occasion de faire de belles découvertes, dont celle de l'univers du regretté Sylvain Lelièvre, de qui elle reprend Les choses inutiles.
«C'est ça, les deux solitudes : curieusement, il m'arrive encore de découvrir des choses! Ce n'est pas juste cette chanson, c'est l'artiste, c'est l'homme qui nous a quittés trop tôt. Oh mon Dieu, quelle oeuvre! Il avait une telle finesse dans sa poésie, très ludique, très vive. Ça fait du bien de l'écouter», détaille la chanteuse, qui s'est particulièrement reconnue dans la pièce Les choses inutiles
«J'essaie de me pratiquer à vivre le moment présent, ajoute-t-elle. Je pense que cette chanson est tout sauf inutile. Il y a une ironie que j'aime. Parce que quelque part, elles sont très utiles toutes ces choses qui font du bien. Et la chanson fait du bien.»
Conciliation musique-famille
Alors qu'elle fait maintenant voyager un spectacle jazzé sur les planches - elle est attendue sur la scène extérieure de la rue Bégin, dans le Vieux-Lévis, samedi à 20h30, et reviendra au Théâtre Petit Champlain en février -, Andrea Lindsay apprend à concilier musique et famille. Un exercice double puisqu'elle partage sa vie avec l'auteur-compositeur-interprète Luc De Larochellière, qui a aussi été en tournée dans les derniers mois. 
«On trouve toujours des moyens, résume Lindsay. Parfois, on l'emmène avec nous. Il y a toutes sortes de combinaisons. Et vous pouvez être certains que j'ai parlé avec mes amies artistes qui sont aussi parents. J'ai parlé avec Brigitte Saint-Aubin et avec Catherine Major et je leur ai demandé : "ok, comment tu fais ça?" Ça revient pas mal toujours à la même réponse. Il y a une partie qui est de la magie, on ne sait pas ce que c'est. Et il a une partie qui est juste de tout prévoir plus d'avance! Je suis en train d'apprendre ça. J'étais beaucoup plus spontanée avant!»
Si l'horaire est parfois serré, Andrea Lindsay trouve quand même du temps pour travailler de ses mains : une visite sur sa page Facebook permet notamment de découvrir la série de lampes de table qu'elle a créées à partir de bouteilles d'alcool. «Faire quelque chose de manuel, c'est très important pour moi. Ça m'aide à ne pas toujours être dans ma tête. Composer des chansons, c'est assez cérébral», résume l'artiste, qui confectionne aussi des bougies avec des bouteilles de vin et qui s'est adonnée à la production de savon. 
«Ça prend de la soude caustique, il y a quand même un côté dangereux. Ça faisait un peu Breaking Bad! Je faisais ça sur le balcon avec des lunettes, un masque et des gants. Et je me disais : "j'espère que les voisins ne pensent pas que je fais du crystal meth!"» rigole Andrea Lindsay. 
Quand on lui fait remarquer que ses apparences de chimiste criminelle et l'accumulation de bouteilles - qu'elle trouve dans un bar voisin plutôt que de les vider elle-même, précisons-le... - pourraient alarmer ses fans, la jeune femme s'esclaffe : «Oh my god! C'est vrai que ça pourrait avoir l'air de quelque chose d'autre, tout ça! Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien!»
Aussi à voir au Festival Jazz Etcetera
Cécile Doo-Kingué
Jeudi à 19h30, Scène l'avenue Bégin
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Jeudi à 21h, Scène de la Côte du Passage
Jean-Pierre Zanella Quartet
Vendredi à 20h15, Scène l'avenue Bégin
Bïa et Mamselle Ruiz
Vendredi à 21h30, Scène de la Côte du Passage
Papagroove
Samedi à 22h30, Scène de la Côte du Passage