En distillant son joyeux dosage de sourire et d'engagement, Amadou et Mariam a une nouvelle fois fait mouche dans la capitale.

Amadou et Mariam: promesses tenues!

CRITIQUE / «Ça va chauffer», a promis Mariam Doumbia d'entrée de jeu. «Ce soir, nous allons faire la fête», a renchéri son complice Amadou Bagayoko. La mission d'Amadou et Mariam était claire en renouant avec les festivaliers dans une place d'Youville bondée. En distillant son joyeux dosage de sourire et d'engagement, le couple de stars de la musique world a une nouvelle fois fait mouche dans la capitale.
Ça avait pourtant commencé tout doucement, avec des musiciens qui faisaient tour à tour leur entrée. Puis, les deux vedettes non-voyantes ont été escortées sur scène, sous les applaudissements nourris du public. On ne perdait rien pour attendre! 
Quand Amadou et Mariam en ont eu terminé avec le programme «régulier», ça se dandinait ferme sur la place d'Youville. Le nouvel extrait afro-disco Bofou Safou n'avait pas raté son effet, tout comme les dansantes Kobena Toumado - «chaque chose en son temps, c'est le temps de sauter ensemble», avait préalablement annoncé Amadou - et la percussive La réalité. Et si les rythmes ne suffisaient pas à dégêner les festivaliers, la choriste-danseuse du couple malien était là pour donner l'exemple. 
L'ascension s'est poursuivie au rappel avec une livraison des Beaux dimanches qui a galvanisé le public sautillant, ne se faisant pas prier pour la reprendre avec coeur. 
Engagement
Flamboyants dans leurs colorés habits, Amadou et Mariam, qui partagent la scène et leur vie depuis trois décennies, prônent le sourire et le positivisme, mais ancrent leurs airs chaleureux dans des problématiques bien actuelles. Vendredi, ils ont notamment chanté la guerre et le triste sort des migrants qui perdent la vie en tentant d'améliorer leur sort. «Vive la solidarité entre tous les peuples! Vive la paix dans le monde!» a justement lancé Mariam avant d'entonner la pièce La paix
Entouré d'un polyvalent groupe de musiciens, le couple a livré son cocktail musical métissé tantôt de blues, tantôt de disco avec une inébranlable complicité. Inévitablement statique, leur présence scénique captive néanmoins. Leurs interventions font souvent sourire - comme ce moment où la chanteuse a elle-même présenté «la jolie Mariam» ou cet autre où elle a salué les spectateurs dans une bonne dizaine de langues - que dans leurs prouesses musicales. Avec son jeu de guitare souple et fluide, Amadou a multiplié les solides solos, pour le plus grand plaisir des festivaliers. 
Harfang
La soirée avait commencé de planante manière au parc de la Francophonie, sous les bons soins des talents locaux de Harfang. Avec un petit 45 minutes à sa disposition, le quintette de la capitale n'a pas perdu de temps, offrant un bon échantillon de son indie-pop finement brodée, portée par la voix haut perchée de Samuel Wagner. «On est cinq gars de Québec, on a grandi avec le Festival, on a vu des dizaines de shows ici. Pour nous, c'est vraiment un moment mémorable et vous en faites partie», a-t-il d'ailleurs souligné lors de cette prestation qui a culminé de belle manière avec l'intense pièce Pleasure. Groenland et The Strumbellas étaient au programme sur la même scène juste après, mais l'appel du Mali nous a fait migrer vers la place d'Youville...