Alexisonfire a joué avec l’assurance du sage et l’énergie du guerrier sur les plaines d'Abraham samedi, en remplacement d’Avenged Sevenfold.

Alexisonfire: sauvetage de feu

CRITIQUE / Les festivaliers ont répondu présents samedi soir sur les plaines d’Abraham pour la performance d’Alexisonfire, qui a joué avec l’assurance du sage et l’énergie du guerrier, en remplacement d’Avenged Sevenfold. Alors qu’en arrière-scène, l’équipe de production du FEQ a pédalé pour rendre ce miracle possible, de l’avant-scène, on n’y voyait que du feu.

On ne pouvait même pas dire que l’ombre de la déception de l’absence d’Avenged Sevenfold planait sur le spectacle. Dans la marée humaine, joyeusement tournoyante devant la scène, plusieurs spectateurs arboraient des t-shirts du sauveur du jour. Un soir de FEQ sur les Plaines, un samedi qui plus est, sans tête d’affiche digne de ce nom ou sans foule colossale au rendez-vous, aurait été d’une tristesse… Heureusement, la communion métal a eu lieu, avec un petit «plus» grisant : celui de savoir que le Festival d’été a les contacts et une équipe assez solide pour sauver la mise en cas d’annulation imprévue.

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Évidemment, le groupe qui a accepté jeudi soir de relever le défi fou de jouer à Québec 48 heures plus tard a repris à peu de choses près la succession de chansons livrées au Stampede de Calgary le 5 juillet. Young Cardinals en ouverture, un triplé tiré de l’album Crisis (Boiled Frogs, We Are The Sound — scandé énergiquement par les spectateurs du parterre, et Rough Hands), puis des échantillons parmi les plus probants de sa discographie.

Les Ontariens ont été peu bavards, sauf le temps de demander à la foule de chanter Bonne fête, «en français s’il vous plaît», au bassiste Chris Steele et de fouettez les troupes pour créer un mosh-pit-de-la-mort sur Accept Crime

George Pettit s’est tout de même permis un commentaire sur la course folle qui les avait mené là : «I love you Quebec! Il y a quelques jours, personne ne croyait que ce spectacle pourrait avoir lieu. Merci au Festival, merci à vous d’avoir su transformer une mauvaise situation en party incroyable!»

Dallas Green a visiblement une chemise porte-bonheur, puisqu’il portait la même, à carreaux verts et noirs, que celle qu’il arborait à son passage au FEQ en 2016 avec City and Colour. On avoue préférer les passages où celui-ci chante, avec autant de puissance que de douceur, que les séances intensives de cris rauques de George Pettit et Wade MacNeil. Mais puisque avec Alexisonfire, l’un ne va pas sans l’autre, soyons bon joueur; les tempêtes vocales du groupe, sur riffs de guitares enflammés et roulements de batterie foudroyants, en mettent plein les oreilles. Alex Varkatzas d’Atreyu nous avait prévenu…

De Silverstein à Atreyu

Silverstein et Atreyu ont beau avoir puisé leur nom dans la littérature jeunesse, ils sont loin de faire des chansonnettes. Silverstein a dégainé une décharge de décibels dès son entrée en scène. Le band de Burlington, en Ontario, a déjà 15 ans de post-hardcore derrière la cravate. Ça paraît dans la livraison, ainsi que dans la foule, où un noyau de fans entonnait leurs refrains plus connus en chœur.

Le chanteur Shane Told avait un peu de difficulté avec ses montées vocales pendant les premières chansons, il faussait même franchement sur Smashed Into Pieces (de leur premier album, sorti il y a 15 ans). On l’a vu toucher son oreillette et aller vers le fond de scène après avoir chanté les premiers mots, mais s’il s’entendait mal, le problème n’a pas semblé être résolu lors des couplets suivants. Il a bien fait, toutefois, sur My Heroine, accueillie avec joie dès les premières notes. Le guitariste Paul Marc Rousseau s’en tirait bien au micro, alors que Josh Bradford (2e guitare), Billy Hamilton (basse) et Paul Koehler (batterie), se concentraient sur leur instrument sans trop faire de vagues autour du chanteur, qui est vraiment celui qui prend le plancher.

Le groupe de metalcore californien Atreyu, très mobile sur scène, a louangé le FEQ, «unique au monde».

Leur dernier passage au FEQ remontait à 2008, tout comme celui du groupe Atreyu, qui remplaçait Bullet For my Valentine, qui a annulé sa venue sans gratifier les festivaliers d’une raison pour justifier son désistement.

Le groupe de metalcore californien, très mobile sur scène, a louangé le FEQ, «unique au monde». «Vous êtes vraiment chanceux d’avoir ça ici!» a lancé Alex Varkatzas. Il était entouré de Dan Jacobs (muni d’une guitare ornée de homards), de Travis Miguel (muni d’un gilet de Jaws), de Marc McKnight (muni de sa barbe rousse) et de l’impressionnant batteur-chanteur Brandon Saller.

À coup de boutades sur leur vie personnelle, les cinq musiciens ont créé une ambiance sympathique entre les pièces plus lourdes et celles plus mélodiques. Les nombreuses mains qui tapaient en cadence sur Doomsday montraient que la soirée était déjà sur la bonne voie.