La pianiste Alexandra Stréliski, dont on a pu entendre la musique pendant la cérémonie des Oscars, sera de passage au Palais Montcalm en mars.

Alexandra Stréliski: de l’intime à l’universel

Alexandra Stréliski a enregistré plusieurs titres de son récent album «Inscape» dans la plus grande intimité, sur le piano Lodz qui la suit depuis ses six ans. Voilà que la pianiste s’apprête à aller jouer ses airs néo-classiques en Europe et aux États-Unis. Pas de doute, la Montréalaise multimillionnaire des plateformes de diffusion en continu a clairement un don pour cultiver le lien entre le personnel et l’universel.

De passage à Québec mercredi pour prendre part au lancement de programmation du Palais Montcalm, où elle se produira en mars, la musicienne énumère à notre demande les pays étrangers où elle s’est produite à ce jour. «Je suis allée en France et en Suisse. Là, je m’en vais en Allemagne, en Hollande, en Italie, à Los Angeles et je retourne en France», détaille celle qui a notamment pu entendre sa musique à la cérémonie des Oscars… Mais qui est loin de laisser le succès lui monter à la tête. 

«Ce qui me flabbergaste [renverse, ndlr], c’est qu’en allant chercher le plus intime et le plus personnel à l’intérieur de moi, ça rejoint quelque chose qui est assez intéressant, observe-t-elle. Nous sommes plus semblables que nous le pensons. Dans mes shows, il y a des enfants, il y a des jeunes, il y a des gens de toutes les cultures. C’est beau à voir. Et moi, ça me donne espoir de voir qu’il y a des émotions qu’on a tous en commun.»

Musique à l’image

Même dans les épreuves, le parcours d’Alexandra Stréliski tient presque du conte de fées. «Je veux faire ça depuis que je suis toute petite, de la musique de film et des récitals de piano. Je vis vraiment la vie que j’avais imaginée», résume celle qui est née à Montréal d’une mère originaire de l’Abitibi et d’un père français. 

En terminant ses études, elle a œuvré dans la musique qu’elle dit «de commande» (publicité, cinéma, etc.) avant de proposer en 2010 Pianoscope, un premier album solo qui n’a pas tardé à faire sa marque et qui a récemment retrouvé le chemin du palmarès. Ses compositions ont notamment attiré l’attention du réalisateur Jean-Marc Vallée, qui les a incluses dans les films Dallas Buyers Club (de là sa présence musicale aux Oscars), Demolition et dans la bande-annonce de la série Big Little Lies. 

Renouveau

Quelques années plus tard, la pianiste travaille dans un studio de postproduction lorsqu’elle plaque tout, en épuisement professionnel. «Je n’étais plus au bon endroit, il fallait que je fasse autre chose, résume-t-elle. Pour moi, un burn-out, c’est quand tu travailles trop, mais c’est aussi quand tu n’es plus à ta place. J’avais l’impression de passer à côté de ma vie. C’est un signal d’alarme qui, au final, est un gros cadeau… Même si tu ne le sens pas comme ça sur le coup.»

La musicienne raconte avoir mis deux ans à remonter la pente. Deux années pendant lesquelles elle n’a presque pas touché à son piano. À la fin de son cheminement, elle a composé l’album Inscape, paru le mois dernier, qui la mènera à passer les prochains mois dans ses valises. 

«Je ne voulais pas que l’album soit trop sombre. J’avais envie de ce renouveau et c’est vraiment à ce moment-là que je l’ai enregistré. C’est vraiment un album qui parle d’une période transitoire», note celle qui dit toujours aimer faire de la musique à l’image. «Je n’ai pas envie d’arrêter», confirme-t-elle. Mais avec un agenda de pianiste soliste très bien garni merci, il faudra sans doute attendre pour les nouveaux projets...

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TIERSEN, MANX ET LES AUTRES AU PALAIS MONTCALM

Outre la prestation d’Alexandra Stréliski attendue le 1er mars, le Palais Montcalm accueillera aussi dans les prochains mois le Français Yann Tiersen (31 mai), à qui l’on doit notamment la trame sonore du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Côté jazz, David Linx et le Brussels Jazz Orchestra revisiteront Brel le 7 février. Le bluesman Harry Manx s’offrira une nouvelle visite dans la capitale le 8 février et son confrère Colin James le suivra le 12 avril. Florence K, David Myles, Alex Cuba, Nick Petrowsky et Katie Moore rendront hommage à Harry Belafonte le 8 mars. Lauréats du Félix du meilleur spectacle anglophone au dernier gala de l’ADISQ, The Barr Brothers feront escale au Palais Montcalm le 20 février. Détails et programmation complète au www.palaismontcalm.ca.