Alex Nevsky fait partie de la programmation du 41e festival L'Outaouais en fête.

Alex Nevsky: le coeur en néon

CRITIQUE / Écouter un disque d'Alex Nevsky s'apparente un peu à lire un roman d'Alexandre Jardin. On navigue dans des récits d'amour plein de fantaisies et d'invention. Sur scène, c'est toute autre chose, c'est le déchaînement des passions, l'embrasement successif, chanson par chanson.
Normalement, du moins.
Je ne sais pas ce qu'il y avait dans l'air, hier à l'Impérial. «Chut, on écoute!» se sont senti obligé de lancer quelques fans alors que Nevsky commençait à chanter J'aurai des mains. Il faut dire que les spectateurs semblaient avoir bien des choses à se dire... C'en était franchement dérangeant lors des chansons plus lentes, où les décibels des amplis ne suffisaient plus à couvrir le vrombissement incessant des voix.
Nevsky n'en avait apparemment cure, tout enveloppé dans ses chansons. Il a tout de même habilement mentionné à une spectatrice hurlante qu'il l'aimait, vraiment, mais qu'il l'aimerait encore plus si elle écoutait sa prochaine chanson en silence. Disons que son «Merci pour votre écoute» à la fin du spectacle, même s'il semblait sincère, sonnait passablement ironique à nos oreilles.
Il a ouvert avec une version électrisante de La beauté, puis a revisité Vivre pauvre en l'enchaînant avec Le lit des possibles. Une entrée en matière pleine de claviers, avec la batterie et la basse au plancher. Les murs en vibraient, et heureusement ça a finalement fini par faire bouger les corps au lieu des mâchoires.
La voix et les rythmes de Nevsky et de son quatuor de musiciens sont pourtant toujours aussi intéressants à écouter. Laurence Lafond-Beaulne a repris de sa voix magnifique la partie de Coeur de pirate sur Jeter un sort, et on n'y perdait pas au change. Koriass est monté sur scène, sous les cris hystériques, pour Réveille l'enfant qui dort.
Nevsky a joué au maître de chorale pour les oh oh oh de Le coeur assez gros, avec un coeur en néon en fond de scène. Il n'y avait que des lumières - et le veston à paillettes d'Alex Nevsky - pour habiller les chansons. Le tout s'est terminé sur une belle envolée, au moins, mais sans nous permettre d'être totalement grisés par l'expérience.
Nerbornne et Ria Mae
Laurence Nerbornne a ouvert le bal avec les pièces dansantes de son album XO, rafraîchissantes et pleines de candeur. Appuyée par une batterie, un clavier et parfois par sa propre voix préenregistrée, Nerbornne a tranquillement envoûté la foule avec sa pop électro. Elle semblait un peu à bout de souffle par moments, mais on a tout de même pu apprécier les aigus assumés et la voix modulée de la jeune femme.
Ria Mae a eu plus de mal à enterrer les discussions de la foule compacte venue entendre Alex Nevsky. L'auteure-compositrice-interprète d'Halifax (qui vient de s'établir à Montréal, nous a-t-elle appris en français) a pourtant livré une solide performance vocale, simplement accompagnée de sa guitare. Son folk texturé était la part sombre du programme de la soirée.