Pour cette ultime tournée qui le mènera dans quelque 300 villes au cours des trois prochaines années, Elton John n’a pas fait les choses à moitié, avec un spectacle de 2h30 mené tambour battant.

Adieux mémorables d’Elton John

CRITIQUE / À sa sixième et dernière visite à Québec, Elton John a livré un spectacle d’une intensité impressionnante, samedi soir, dans un Centre Vidéotron rempli à pleine capacité d’irréductibles fans venus lui dire adieu, sept ans après son passage sur les Plaines, lors du Festival d’été.

Après la performance de Paul McCartney, il y a une dizaine de jours, c’est à un autre septuagénaire en pleine forme auquel le public de la capitale a eu droit. Pour cette ultime tournée qui le mènera dans quelque 300 villes au cours des trois prochaines années, la star britannique de 71 ans n’a pas fait les choses à moitié, avec un spectacle de 2h30 mené tambour battant.

Incluant le rappel, c’est deux douzaines de chansons, dont la plupart de ses succès évidemment, que la vedette a offertes à un public conquis. Malgré les années, la voix du chanteur n’a montré aucun signe de faiblesse, ce qui n’est pas toujours le cas des interprètes de sa génération.

Vêtu d’une queue-de-pie scintillante et de verres fumées en forme de cœur, Sir Elton John a lancé les festivités derrière son piano noir avec un puissant Bennie and the Jets, suivie de All the Girls Love Alice et de I Guess That’s Why They Call It The Blues. Le ton était donné pour la soirée.

Le rythme est descendu d’un cran avec un premier solo, Border Song, que le chanteur a dédié à la défunte Aretha Franklin qui avait interprété la chanson en 1970.

En toile de fond, l’écran géant s’est avéré un allié indispensable à la bonne marche du spectacle, diffusant séquences d’animation, photos d’archives et vidéos. À quelques reprises, c’est la captation en direct du chanteur, en noir et blanc, qui était mise en évidence, une belle façon de faire un clin d’œil au passé.

Pour Indian Sunset, livré avec son percussionniste Ray Cooper, John a rendu hommage au compositeur et collaborateur de longue date, Bernie Taupin, dont il a longuement vanté le talent. Le chanteur a déjà dit de cette chanson que c’était l’une de celles qu’il aimait le plus interpréter en spectacle. La foule s’est levée d’un bond à la dernière note pour l’acclamer, un peu comme elle l’a fait tout au long du spectacle.

C’est sur des séquences d’animation transportant le spectateur aux confins du cosmos qu’il a ensuite revisité dans une version dynamique et très appréciée le mémorable Rocket Man.

Ses six excellents musiciens se sont particulièrement mis en évidence à mi-parcours pour une longue reprise déchaînée de Levon, alors que le chanteur a littéralement fait corps avec eux dans une fusion exceptionnelle de notes. L’un des moments forts de la soirée.

Autre grand moment d’émotion avec Candle in the Wind, accompagné de films d’archives d’une Marilyn Monroe captée dans son intimité.

En toile de fond, l’écran géant s’est avéré un allié indispensable à la bonne marche du spectacle, diffusant séquences d’animation, photos d’archives et vidéos.

Remerciements au public

Le temps d’enfiler un costume blanc à col noir et une nouvelle paire de lunettes, après 90 minutes de spectacle, et c’était reparti de plus belle, dans un nuage de fumée, avec un entraînant Funeral for a Friend. Pour Burn Down the Mission, son piano a pris feu grâce à la magie des effets spéciaux. Impressionnant.

Pour Believe, John a réitéré son indéfectible soutien à la lutte contre le sida, une maladie qui lui a pris plusieurs de ses amis. «Toute ma vie, je ne cesserai de croire à l’extraordinaire pouvoir de guérison de l’amour et de la compassion.»

À l’exception d’un «Bonsoir, je suis très heureux d’être ici ce soir», c’est exclusivement en anglais que le chanteur s’est adressé à la foule. Ses remerciements de fin de soirée l’ont été avec une sincérité non feinte.

«Je fais cette carrière incroyable depuis 50 ans, j’ai enregistré plein de chansons et d’albums, mais rien ne m’a rendu plus fier que de pouvoir compter sur votre loyauté. Je vous aime tellement.»

Rappel mémorable

Le dernier droit a donné lieu à un véritable feu roulant. Le juke-box Elton John s’est fait aller un max : Daniel (l’une de ses chansons favorites, a-t-il avoué), Sad Songs, Don’t Let the Sun Go Down on Me, I’m Still Standing, l’électrisant Crocodile Rock (avec la foule reprenant a cappella les «naaa-na-na-na-na-na») et un Saturday Night’s Alright For Fighting (avec des séquences de batailles de films en toile de fond) qui a littéralement cassé la baraque.

Après ce chapelet ininterrompu de chansons, le lapin Energizer aurait été sur le dos. Pas Elton John.

Cette soirée d’adieu ne pouvait évidemment se terminer sans un rappel (livré en… robe de chambre), avec d’abord Your Song, ensuite avec la chanson fétiche de sa tournée, Goodbye Yellow Brick Road. La nostalgie était au rendez-vous avec sa carrière défilant en images.

C’est sur une note de dérision que la star a fait sa sortie, appuyé sur une marchette qui a lentement remonté la scène en pente.

Excentrique et généreux, Elton John l’aura été jusqu’au bout. Chapeau!

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Excentrique et généreux, Elton John l’aura été jusqu’au bout.

LISTE DES CHANSONS

1. Bennie and the Jets
2. All The Girls Love Alice
3. I Guess That’s Why They Call It The Blues
4. Border Song
5. Tiny Dancer
6. Philadelphia Freedom
7. Indian Sunset
8. Rocket Man
9. Take Me to the Pilot
10. Someone Saved My Life Tonight
11. Levon
12. Candle in the Wind
13. Funeral for a Friend / Love Lies Bleeding
14. Burn Down the Mission
15. Believe
16. Daniel
17. Sad Songs (Say So Much)
18. Don’t Let the Sun Go Down on Me
19. The Bitch is Back
20. I’m Still Standing
21. Crocodile Rock
22. Saturday Night’s Alright For Fighting

Rappel

23. Your Song
24. Goodbye Yellow Brick Road