Il y aura un mariage dans la finale de Mémoires vives. Entre qui et qui? Sachez seulement que l’émotion sera au rendez-vous.

Adieu Mémoires vives

CHRONIQUE / Après cinq ans, les personnages de Mémoires vives tirent leur révérence mardi à 21h sur ICI Radio-Canada Télé. Une finale qui devrait satisfaire les fans de la première heure, à qui l’auteure Chantal Cadieux fera plusieurs clins d’œil en guise de reconnaissance pour leur fidélité depuis 2013. Et laissera une dernière scène un peu troublante!

Comme elle adore le faire, l’auteure a laissé passer quelques mois entre l’avant-dernier épisode et la finale. Elle pourrait même se prêter à plus d’un saut dans le temps mardi soir. Que puis-je vous dire sur cette finale sans brûler de punchs? D’abord, qu’il y aura un mariage, comme dans la vraie vie, puisque l’auteure s’est mariée cet été. Mais dans Mémoires vives, ne me demandez pas de vous dire entre qui et qui. Laurie, Flavie, Mathilde, Claire? Sachez seulement que l’émotion sera au rendez-vous et qu’à plusieurs points de vue, cette finale a satisfait en moi le fidèle des premières saisons de la série.

Parce que, oui, j’avais un peu délaissé l’histoire, notamment après la mort de Jacques (Gilles Renaud), un personnage que j’aimais beaucoup. Certains coups de théâtre ont été par la suite plus difficiles à avaler que d’autres, dont la grossesse d’Andrée (Dominique Quesnel). Si vous êtes comme moi, je vous suggère néanmoins d’être au rendez-vous mardi, pour savoir comment ça finit, d’une part, mais aussi pour vous réconcilier un peu avec des personnages auxquels on s’est attachés très rapidement. Dont mon préféré, celui de Claire (Marie-Thérèse Fortin), sainte Claire, qui avait quand même son côté délinquant lorsqu’elle fumait son petit joint, encore illégal.

À travers toutes ces années, Mémoires vives a conservé comme marque de commerce ses nombreux rebondissements aux limites de la vraisemblance. Dernière révélation spectaculaire: on a compris mardi que l’enquêteur Dupuis (Stéphane Gagnon) est le fils de «l’ermite», François Fisher (Raymond Cloutier), aussi le père du psychopathe Frank Manseau (Stéphane Jacques), qui lui a donné bien du fil à retordre avant de mourir, tué par son propre père. Après ça, difficile de pousser plus loin la théorie des six degrés de séparation, même en fiction.

Ces dernières semaines, on sentait que l’auteure souhaitait boucler toutes ses histoires, même les moins récentes. J’en avais oublié l’existence même de Maxence (Martin Thibaudeau), le frère de Jocelyne (Sonia Vigneault), abusé dans son enfance. J’étais bien content de savoir que Flavie (Catherine Renaud) s’était sortie de l’emprise de Nancy Grimard (Catherine-Anne Toupin), un être plus encombrant que payant dramatiquement. L’épisode de mardi dernier se concluait sur l’arrivée soudaine de Christian (Frédérick De Grandpré) et de Ludovic (Laurent Lucas) à la porte de Claire. Qui choisira la docteure? L’auteure ne vous laissera pas dans l’ignorance, rassurez-vous.

Le personnage tordu de Jérémie (Pier-Luc Funk), récemment décédé, aura certainement marqué le dernier chapitre de Mémoires vives, valant même un Gémeaux à son interprète, et qui en était presque attachant, malgré sa folie. «Autant les gens le détestaient, autant ils ne pouvaient s’empêcher de l’aimer un peu. Ce n’était pas un psychopathe comme Bobby, qui est convaincu qu’il est Dieu. Jérémie est un mal aimé qui a souffert et qui est devenu insensible», m’explique l’auteure. Bien sûr, vous aurez les dernières nouvelles de Bobby (Yan Rompré), enfermé pour les 38 prochaines années. Et qui voudra laisser son empreinte d’une façon bien particulière et toujours aussi malsaine. Incluez ici quelques frissons dans le dos.

Chantal Cadieux en convient elle-même : il aurait été difficile de poursuivre cette histoire aux nombreuses ramifications. Après cinq ans, elle avait fait le tour. «On aurait pu continuer un an ou deux de plus, tout ça se tenait et se pouvait encore. Mais je trouvais que j’avais pas mal pressé le citron.»

À travers tous ses drames, l’auteure a souvent glissé ici et là des touches plus légères, voire humoristiques. Dans la finale, elle y va d’un clin d’œil personnel très comique, en chair et en os, que je la laisse vous dévoiler elle-même.

Au fil des ans, les revirements de la série ont suscité autant d’enthousiasme des fans de la première heure que de moqueries. Un groupe s’était même organisé pour suivre Mémoires vives autour d’un jeu d’alcool, qui consistait à prendre une gorgée de vin chaque fois qu’un des événements répertoriés sur une liste se produisait dans l’émission. Qu’en a pensé l’auteure? «Quand c’est fait avec humour, qu’ils suivent ça avec intérêt, presque trop, ça va. Mais quand c’est fait méchamment, ça m’affecte, je ne vois pas pourquoi on perd ce temps-là à dénigrer quelque chose.»

Chantal Cadieux sent déjà l’urgence de revenir avec une nouvelle histoire, même qu’elle a trois projets dans sa manche. D’abord, un film dont le scénario sera déposé en janvier à la SODEC. Sky ou l’ultime mouvement des étoiles raconte l’histoire d’une fillette surdouée, qui ne parle plus, et qui garde un secret confié par sa mère. «C’est plus fantaisiste et de l’ordre de la fable», explique l’auteure, qui caresse ce projet depuis de nombreuses années, et qui n’avait pas fait de film depuis Elles étaient cinq en 2004. Chantal Cadieux a aussi deux projets pour ICI Radio-Canada Télé: un nouveau téléroman en développement, et une série, qui lui a été commandée par une grande amie. À suivre.