«L'Arche d'Anote», du réalisateur québéco-suisse Matthieu Rytz, a été sacré Meilleur documentaire canadien aux Percéides.

Achalandage record aux Percéides

PERCÉ – Des insulaires menacés par la montée des eaux, un cowboy condamné à ne plus monter à cheval, des scientifiques qui explorent le golfe du Saint-Laurent… Les cinéphiles présents aux 10e Percéides, le festival de cinéma de Percé, en ont eu plein les yeux et les oreilles depuis 10 jours, notamment avec les films couronnés à l’issue d’une édition qui affiche un record d’achalandage.

Du 16 au 26 août, les Percéides ont présenté 125 œuvres en provenance de 20 pays, en présence de 90 invités, dont plusieurs réalisateurs. 

Le jury a attribué son Grand Prix au long métrage The Rider, de la jeune réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao. Il a salué «le réalisme et la poésie» de cette fiction déjà auréolée de plusieurs prix internationaux. Une étoile montante du rodéo, victime d’un accident qui l’empêche de monter à cheval, y part à la recherche d’une nouvelle identité.

L’Arche d’Anote, du Québéco-suisse Matthieu Rytz, a été sacré meilleur documentaire canadien. «Le traitement sobre et humain d’un sujet universel» a séduit le jury, tout comme la «recherche, la rigueur et la direction photo à couper le souffle» du documentaire. Le réalisateur l’a tourné dans les Îles Kiribati, dans le Pacifique, menacées par la montée des eaux. 

La Frontière, du réalisateur Félix Lamarche, a reçu le prix du meilleur court-métrage gaspésien. Le jury a aimé sa «démarche extrêmement sensible, engagée et singulière». Dans ce court-métrage documentaire, une mission scientifique sur les enjeux entourant le site d’exploration pétrolière et gazière Old Harry, dans le golfe du Saint-Laurent, sert de point de départ à une réflexion sur notre rapport à la mer. 

Record

Le responsable de la programmation des Percéides, François Cormier, n’avait pas encore tous les rapports de billetterie hier, mais pouvait déjà affirmer que l'édition 2018 avait attiré un nombre «bien supérieur» de festivaliers, par rapport à l’an dernier.

Il faut dire que les éditions précédentes duraient quatre jours. L’organisation ne reviendra plus en arrière : «On garde la durée de 10 jours [pour le prochain festival] du 15 au 25 août 2019», dit M. Cormier, puisque «ça correspond au rythme des festivaliers» et au nombre croissant de films projetés. Les Percéides comptent d’ailleurs ajouter un volet de cinéma étudiant en 2019.

Au moment de l’entrevue dimanche après-midi, une salle comble assistait à la projection de courts-métrages gaspésiens. Projeté en même temps, le documentaire de Phil Comeau, Zachary Richard, toujours batailleur, affichait presque complet également.

Samedi soir, près de 600 personnes ont assisté au film La Bolduc «sur la plage, par un clair de lune extraordinaire, avec la chaleur du mois d’août», rapporte M. Cormier.

Centre d'art

L’ajout d’un second lieu de diffusion au cœur de Percé, en plus de la Vieille Usine de L’Anse-à-Beaufils, a été «l’un des succès du festival», indique M. Cormier. Grâce aux projections au Centre d’art de Percé, «on a attiré des gens qui se promenaient dans le village, qui étaient curieux de découvrir le bâtiment et le festival». 

Cette ancienne grange transformée en centre d’art par la sculpteure gaspésienne Suzanne Guité et le peintre Alberto Tommi en 1956 fera l’objet d’un documentaire historique, promet M. Cormier. «C’est important de raconter cette histoire et de l’actualiser. Les plus jeunes ne la connaissent pas. Il y a une rupture entre les générations.»