L'exposition De trappeurs à entrepreneurs est présentée jusqu’au 28 octobre 2018 au Musée de la civilisation.

Musée de la civilisation: de la trappe à l'espace

Des trappeurs jusqu’à la station spatiale, l’histoire de Québec est façonnée par le commerce de ses résidants depuis plus de 400 ans. De trappeurs à entrepreneurs, au Musée de la civilisation, permet au visiteur de saisir l’ampleur des transformations économiques subies par la capitale, ponctuée par des chapitres qui sont entrés dans la légende populaire : brasserie Boswell, fusils Ross, Dominion Corset…

L’idée est née d’une discussion entre Stéphan La Roche, le directeur général du Musée, et Alain Aubut, qui était alors président du CA de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ). 

Les partenaires ont vite saisi le potentiel muséologique d’une exposition en parcourant la réserve de l’institution. Pas moins de 80 % des 250 objets exposés proviennent de ses collections. Des enseignes commerciales, comme le magasin Paquet ou une affiche du Festival d’été de Québec de 1974, jusqu’aux immenses artefacts comme un métier à tisser industriel ou une calèche d’époque.

Évidemment, l’époque de l’exploitation des ressources naturelles est plus difficile à illustrer. Mais Québec est née (en 1608) et a survécu grâce au commerce de la fourrure, d’abord, puis du bois ensuite. Pas moins de 25 millions de peaux transitent par la ville fluviale jusqu’à Paris, puis Londres, après la Conquête.

Construction navale

Les Anglais réclament ensuite notre bois, ce qui explique les nombreuses anses des deux côtés du fleuve à Québec. Ce fut ensuite la construction navale qui allait façonner le paysage régional. Dans la première moitié du 18e siècle, on compte près d’une cinquantaine de chantiers.

En 1871, la première manufacture de chaussures s’installe dans un bâtiment patrimonial, celui qui allait ensuite devenir la Dominion Corset — de la lingerie exposée rappelle que la réputation de l’entreprise a largement dépassé les frontières de Québec. On évoque aussi la naissance de la brasserie Boswell (1844), rachetée par Dow, de triste mémoire, et de l’Anglo Pulp (1920), devenu la White Burch, seule survivante de l’industrie lourde à Québec.

Car le visage commercial de la capitale a bien changé depuis. On peut d’ailleurs comparer avec les 24 duos d’illustrations du passé et actuelle, projetée côte à côté, zone inspirée par les publications du photographe Patrice Laroche dans Le Soleil. On découvre ainsi la vitalité des secteurs de la recherche, du transport, des services (notamment les assurances) et du tourisme. 

Bateau pour le transport du bois

Les grandes familles d’entrepreneurs

Une attention particulière a été apportée aux grandes familles d’entrepreneurs de la ville, dont certains témoignent à la caméra des grands enjeux de leur entreprise. Comme le disait Jacques Topping, le nouveau président du CA de la CCIQ, «nous contribuons à laisser un legs pour les générations futures».

Le visiteur de cette exposition historique constatera qu’elle ne verse pas pour autant dans la nostalgie. L’élément le plus intéressant du parcours est d’ailleurs une table tactile interactive absolument fascinante. Elle présente une riche synthèse écrite, visuelle et sonore de plusieurs éléments qui ont marqué la transformation du territoire, de bourg d’une trentaine d’habitants en 1608 à une agglomération de plus 800 000 résidents. 

Et la station spatiale internationale, là-dedans? Elle se sert d’un appareil à fibre optique qui analyse le sang inventé par l’Institut national d’optique (INO), un fleuron du secteur de la haute technologie qui fait maintenant partie de la marque de commerce de Québec. Les choses ont bien changé…

De trappeurs à entrepreneurs est présentée jusqu’au 28 octobre 2018

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375 000 visiteurs pour Hergé!

Le Musée de la civilisation s’apprêtait à accueillir son 375 000e visiteur mercredi pour Hergé à Québec. L’immense succès de l’exposition sur le créateur de Tintin a poussé le musée du Vieux-Port à prolonger l’exposition jusqu’au 3 décembre. Ce qui met la table pour un automne «bien rempli», comme le mentionnait le directeur général Stéphan La Roche. Outre De trappeurs à entrepreneurs qui débute jeudi, on présentera fin novembre Bibis, cloches et escarpins (un regard sur la collection du couple de donateurs Annie et Pierre Cantin) et, surtout, Dallaire, de l’idée à l’objet, vaste et «extraordinaire» rétrospective sur le pionnier du design industriel au Québec, à compter du 6 décembre.