«Jardins», d’Émilie Bernard

Les bouquets d’herbes folles d'Émilie Bernard

Émilie Bernard a assemblé avec soin un magnifique jardin de papier, d’encre et de bois dans la galerie d’Engramme, qui a tout pour ressembler à une serre. Celle qui est passée de la sculpture au dessin révèle de nouvelles qualités avec son travail de sérigraphie.

À partir de plantes cueillies et dessinées lors de résidences de création en Islande en 2015, puis à Banff et à Bordeaux en 2018, elle a constitué un intéressant lexique. Jardins, sur le plus grand mur, rassemble en mosaïque, grâce à un jeu de réflexion et de multiples superpositions, les plantes du nord de l’Europe (en teintes de gris) et celles des Rocheuses (en rose, vert et jaune doré). 

Les mauvaises herbes (détail)

Les mauvaises herbes, où les plantes indomptées apparaissent à l’horizontale sur une chute de feuilles de papier, ont eu pour source la flore qui poussait le long de la baie vitrée de son atelier bordelais. Dans son Herbier rose, les plantes viennent souvent par deux, si bien qu’on dirait qu’elles dansent, sur un fond rose vif.

Émilie Bernard devant «Herbier rose»

Au sol, un amas de silhouettes végétales, en bois, découpées et peintes, donnent l’impression d’avoir été cueillies par une géante. Émilie Bernard a aussi signé une maquette, La Serre, où ses plantes se dressent entre des silhouettes blanches de conifères, soigneusement découpées, et la structure noire d’une maison.

Les plantes d'Islande découpées et peintes d'Émilie Bernard
«La Serre» d'Émilie Bernard

L’ensemble joue à la fois sur les transparences et sur le foisonnement des formes. La folle minutie et la belle folie de la palette utilisées par l’artiste créent un fabuleux résultat. 

Jusqu’au 9 juin au 501, Côte d’Abraham, Québec