André Robitaille et Louis Champagne recréent sur scène le célèbre duo de Laurel et Hardy.

Laurel et Hardy: un show à la Broadway

Ils ont formé le tandem comique le plus célèbre de l’histoire du cinéma. L’un, maigrelet naïf et maladroit, abonné aux geignements; l’autre, corpulent, une tête forte toujours victime des maladresses du premier. Souvenez-vous de la ritournelle : «C’est moi Laurel, c’est toi Hardy, c’est toi le gros et moi le petit...»

Presque un siècle après leurs débuts au grand écran, en 1927, Stan Laurel et Oliver Hardy continuent de fasciner. Hollywood vient de leur consacrer un film, Stan & Ollie, mettant en vedette John C. Reilly et Steve Coogan. Au Québec, une production théâtrale part en tournée dans les prochains mois pour leur rendre hommage, avec André Robitaille et Louis Champagne dans les rôles-titres. La troupe installera ses pénates à la salle Albert-Rousseau, du 6 au 9 février et à la Maison de la culture de Gatineau les 1er et 2 mars.  

Attablés devant un copieux petit déjeuner, dans un restaurant du boulevard Laurier, Louis Champagne, Bernard Fortin et Stéphane Archambault discutent à bâtons rompus, avec un enthousiasme non feint, des dessous de ce spectacle, déjà présenté l’été dernier, à L’Assomption. D’une anecdote à une autre, le trio prend plaisir à discuter de la vie et de l’oeuvre de ces monstres sacrés de l’humour.

«C’est un hommage au cinéma par le théâtre. On reproduit de grands moments de leur carrière, souligne Louis Champagne. C’est un show de gang, on est neuf sur la scène. L’équipe technique a fait des miracles.»

Bernard Fortin campe le rôle de Hal Roach, le producteur hollywoodien qui a présidé à la naissance de Laurel et Hardy. «Roach en menait très large. C’était une sorte de visionnaire. Il est allé chercher ces deux hommes qui ne se connaissaient pas et qui menaient chacun des carrières parallèles. Il s’est dit : si je mixe le p’tit et le gros, il va se passer quelque chose, c’est sûr.»

«Ils ne se sont pas trouvés, il se sont fait placer ensemble, renchérit Stéphane Archambaut, qui incarne David MacNeil, le personnage qui sert de fil conducteur au spectacle. Ç’a été un match incroyable, un coup de foudre professionnel et amical. Même lorsque le déclin est survenu, ils se sont tenus l’un l’autre.»

Car, au-delà de leurs pitreries et frasques, c’est cette amitié indéfectible qui fascine les trois comédiens. «Les duos en humour, c’est souvent cyclique. Eux ont passé 40 ans ensemble», précise Louis Champagne, dont l’imposant alter ego (1892-1957) a toujours laissé toute la place à Stan Laurel (1890-1965) pour l’écriture des scénarios de leurs films. Oliver Hardy, lui, venait «puncher à la job», préférant jouer au golf et dilapider son argent dans les courses de chevaux.

«Les moyens de leurs ambitions»

Les producteurs du spectacle, mis en scène par Carl Béchard (qui a pris la relève de Normand Chouinard), se sont donné «les moyens de leurs ambitions» afin d’épater le public, se réjouit Stéphane Archambault. Passés maîtres de «déconstruire» les objets, nos Laurel et Hardy québécois verront par exemple un piano subir les conséquences de leurs maladresses…

«La machine est grosse. Tout saute, tout pète, avec ces deux-là, ça ne va jamais bien. C’est un show à grand déploiement, avec des moyens à la Broadway», conclut Bernard Fortin.