Avec «Le Grand Froid», l’artiste Samuel Matteau a voulu communiquer «une espèce de réflexion par rapport à notre patrimoine, à ce qu’on décide de préserver, à nos souvenirs d’un lieu.

La réalité virtuelle débarque à la place D’Youville

Une nouvelle ère glaciaire a frappé la Terre. Un grand dôme de verre recouvre la place D’Youville. Sur le Palais Montcalm et le Capitole en ruines, des images du passé défilent.

Création de l’entreprise de Québec STUDIO ELEMENT et de l’artiste Samuel Matteau, l’expérience virtuelle Le grand froid occupera la place D’Youville tous les jours du Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ), qui aura lieu du 13 au 22 septembre. Casque de réalité virtuelle sur la tête, les festivaliers de 13 ans et plus seront invités à entrer dans un cube de quelques mètres carrés, où ils seront transportés de la place D’Youville d’aujourd’hui à une place D’Youville du futur, croulant sous le froid. Une expérience immersive de cinq minutes à la fois pédagogique, cinématographique, ludique et poétique, explique le cinéaste de Québec Samuel Matteau. 

«On transforme complètement la place D’Youville et on la projette dans un futur éloigné. La place D’Youville est un peu en ruines, protégée par un grand dôme. […] À l’intérieur du cube, on va être accompagné d’un petit robot, qui est un peu le gardien du dôme et qui va projeter sur les ruines du futur des images du passé. On verra par exemple sur le palais Montcalm des images du marché Montcalm, avec des chevaux […]. Plusieurs époques seront représentées», explique le jeune cinéaste, qui qualifie l’œuvre d’«hybride entre la technique et l’artistique». 

Pour les besoins de l’expérience, les concepteurs ont eu accès aux plans du Diamant de Robert Lepage. «On est les premiers à voir comment il va être déployé dans l’espace. On trouvait ça intéressant de faire un clin d’œil à quelque chose qui est encore en construction, de pouvoir le finir dans notre futur», s’amuse Samuel Matteau.

«C’est le fun pour un artiste de pouvoir s’amuser comme ça dans sa propre ville, d’avoir un terrain de jeu où il peut faire ce qu’il veut, dans une autre réalité», enchaîne le cinéaste, qui a lancé en mars son premier long-métrage, Ailleurs, produit et tourné entièrement dans la capitale.

Réflexion sur le patrimoine

Avec Le Grand Froid, Samuel Matteau a voulu communiquer «une espèce de réflexion par rapport à notre patrimoine, à ce qu’on décide de préserver, à nos souvenirs d’un lieu». «Ce qui fabrique la mémoire d’un lieu, c’est à la fois la mémoire historique et la mémoire individuelle, c’est la somme des expériences individuelles et des mémoires collectives, historiques. C’est le fun de jouer dans ces terrains-là.»

Pour le directeur de création de STUDIO ELEMENT, Eric Denis, l’originalité du concept «réside dans le fait qu’il y a un véritable jeu entre l’espace physique où se trouve le visiteur et l’univers virtuel que nous lui faisons découvrir». «Nous dépassons la simple expérience de réalité virtuelle en faisant vivre le patrimoine culturel d’un lieu par le biais d’une œuvre fictive», résume-t-il.

La programmation complète de l’édition 2018 du FCVQ, qui propose aux amateurs de cinéma tant des films de répertoire que des films populaires et indépendants, sera dévoilée le 22 août. On sait déjà que le film La disparition des lucioles, du réalisateur Sébastien Pilote, sera présenté lors de la soirée d’ouverture du 13 septembre.