<em> Imagine Van Gogh</em> ouvre ses portes le 18 juillet.
<em> Imagine Van Gogh</em> ouvre ses portes le 18 juillet.

Imagine Van Gogh: grandes projections en petit comité [PHOTOS + VIDÉO]

Guillaume Mazoyer
Guillaume Mazoyer
Le Soleil
Une petite touche de Provence, signée Vincent Van Gogh, s’invite à Québec pour le reste de l’été. Malgré les circonstances entourant la pandémie, le Centre des congrès a su repenser l’exposition immersive Imagine Van Gogh et présente en « image totale » les œuvres des deux dernières années de la vie du maître peintre, du 18 juillet au 13 septembre 2020.

C’est lors d’un vendredi gris et pluvieux que les couleurs et la chaleur des tableaux de Vincent Van Gogh sont venues réchauffer pour la première fois devant public le centre-ville de Québec. Au Centre des congrès, les spectateurs – après s’être lavé les mains – découvrent deux zones, l’une pédagogique, l’autre, immersive.

Une première salle plongée dans le noir, l’espace pédagogique, regroupe douze panneaux suspendus, les seuls éléments illuminés. Décrivant la démarche des créateurs d’Imagine Van Gogh et le parcours de l’artiste qui l’a amené à passer les deux dernières années de sa vie en Provence, ceux-ci préparent le public à ce qui l’attend dans la deuxième partie de l’exposition.

Dans une immense salle, il y a plus de 2000m2 de surface projetée.

Le visiteur est ensuite aspiré vers une immense salle, dont la musique qui s’y échappe agit comme un chant de sirènes. C’est la zone immersive, le clou du spectacle. Il y a plus de 2000m2 de surface projetée, du plancher jusqu’aux murs. « Nous avons une quarantaine de projecteurs, qui utilisent une technologie au laser pour rendre le plus fidèlement possible les couleurs des tableaux », explique le coréalisateur d’Imagine Van Gogh, Julien Baron. Un réel défi technique.

Les yeux des autoportraits de Van Gogh fixent le spectateur. Peu importe où il se trouve, chaque Vincent Van Gogh, d’époques différentes, l’observe, comme s’il tentait d’entrée en communication avec lui. Puis le visage s’estompe et laisse place à d’autres tableaux du maître.

Les yeux des autoportraits du célèbre peintre néerlandais fixent le spectateur.

Mort à 37 ans, le peintre passera les deux dernières années de sa vie, de 1888 à 1890 en Provence. Inspiré entre autres par des tableaux japonais vus à Paris, il réinvente son approche à la lumière dans ses tableaux, en fonction de ce qu’il a vu et de l’inspiration de son quotidien provençale.

C’est au total plus de 200 œuvres qui défilent sous les yeux du public. Les projections s’attardent aussi sur les détails des œuvres, les coups de pinceau. L’ensemble est entrecoupé de photographies d’époque, montrant l’environnement qui a inspiré le peintre dans les deux dernières années de sa vie.

C’est au total plus de 200 œuvres qui défilent sous les yeux du public.

Personne, à moins d’autorisation spéciale, ne peut s’approcher d’aussi près des œuvres de Van Gogh dans les musées où elles se trouvent. Là, ce sont les tableaux qui s’approchent au plus près des spectateurs. « Parfois on se glisse parmi les visiteurs de l’exposition pour prendre leur pouls et entendre les réactions, explique Julien Baron. Ce qui nous touche le plus, c’est quand on entend quelqu’un dire qu’il ressent le besoin d’aller voir les œuvres en vrai dans les différents musées qui les détiennent, comme le MoMA à New York ou le Musée d’Orsay à Paris. »

Certes, l’exposition a été retardée d’un peu plus de trois semaines, mais la COVID19 a été un mal pour un bien. La pandémie a forcé les organisateurs au Centre des Congrès à opter pour une aire d’exposition trois fois plus grande que celle envisagée au départ. En plus, chaque salle a une limite de 50 visiteurs. « Cela permet au visiteur d’avoir un accès privilégié à Imagine Van Gogh en petit comité », indique Julien Baron.

Les projections sont immenses.

Imagine Van Gogh est un projet itinérant démarré en 2008, qui a connu des moments de gloire en Asie et en France notamment. Il se lance maintenant à la conquête de l’Amérique du Nord, avec comme première étape Montréal à l’automne dernier, et maintenant Québec. « En raison de la pandémie on n’a pas vraiment pu modifier l’exposition par rapport à celle de Montréal de l’an dernier comme on l’aurait souhaité », tient à préciser Julien Baron.

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