Dans la pièce Closer, Claudiane Ruelland et David Bouchard reprennent sur les planches les rôles tenus par Natalie Portman et Jude Law au grand écran.

Closer, Tout contre toi: tous seuls ensemble

CRITIQUE / «Je veux ton amour et je veux ta revanche», chante Lady Gaga dans son tube Bad Romance, emprunté avec beaucoup d’à-propos à un moment dans la pièce Closer, Tout contre toi. Parce que c’est un peu à ça que tient le texte du Britannique Patrick Marber, où des amoureux soufflent le chaud et le froid dans un tourbillon souvent égoïste de désirs à assouvir.

Créée en 1997, la pièce a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2004 dans un film mettant en vedette Natalie Portman, Jude Law, Julia Roberts et Clive Owen. Voilà qu’elle nous arrive sur les planches dans une première traduction québécoise signée par la plume affûtée de Fanny Britt.

Sur la scène du Périscope nomade, qui fait ces jours-ci escale au Centre des congrès pour cause de rénovations dans son théâtre, deux couples se côtoient, se croisent, s’entredéchirent, se trahissent, se quittent, s’échangent, se rabibochent, se requittent… Installé de part et d’autre de l’aire de jeu, le public est convié dans la bulle intime des personnages : un écrivain raté (David Bouchard) séduit par une effeuilleuse perdue (Claudiane Ruelland), sans jamais vraiment s’engager; une photographe insatisfaite (Alexandrine Warren) qui se laisse convaincre par un dermatologue terre-à-terre (Jean-Michel Déry).

Sous la direction de Marie-Josée Bastien, un chassé-croisé prend littéralement vie sur scène, alors que les acteurs recréent avec quelques accessoires et pièces de mobilier le quotidien de ces deux couples au final dysfonctionnels. On y parle beaucoup d’amour, même si ce n’est pas tant le sentiment qui prime dans cette histoire où chacun entretient plutôt une quête personnelle pour assouvir ses propres désirs, ses propres fantasmes. Les personnages se côtoient et s’utilisent les uns les autres sans jamais vraiment être ensemble.

Parfois drôle, très cru par moments, Closer joue sur plusieurs tons — séduction, complicité, hargne, supplique… — de manière parfois inégale. À la première de mardi, les dialogues manquaient de naturel au début, surtout dans les premiers échanges entre David Bouchard et Claudiane Ruelland. Et force est d’admettre qu’on a davantage cru aux personnages dans leurs côtés sombres que dans les scènes plus légères.

Particulièrement impliquée dans le personnage d’Alice, Claudiane Ruelland fait néanmoins bonne figure. Tout comme Jean-Michel Déry, solide dans le rôle de l’implacable Larry, qui s’est de surcroît vu confier les meilleures répliques du spectacle.

Closer, Tout contre toi est présenté au Centre des congrès jusqu’au 22 février.