Arts

Les incontournables culturels de l'été

L’été multiplie les occasions de prendre la route, de prendre le large, de vibrer au rythme de propositions artistiques qui enchantent ou électrisent. Pour vous guider dans vos prochains dépaysements volontaires, «Le Soleil» a recensé pour vous les attraits de quelques destinations potentielles. Suivez le guide!

Humour inusité au ComediHa! du 8 au 19 août, divers lieux à Québec

Pour sa 19e mouture, le festival d’humour de Québec se déplace en août et s’éclate dans une vingtaine de lieux, dont deux villages éphémères sur Grande Allée, où on pourra voir le funambule Lautrevu, le Théâtre Rude Ingénierie et le Cabinet des curiosités. Les galas, présentés au Palais Montcalm, seront animés par Patrick Huard, Phil Roy, Jean-Michel Anctil, Véronique Cloutier, Fabien Cloutier et le duo Véronique Claveau-Mario Tessier. Parmi les autres activités au menu, citons un spectacle dans l’obscurité totale, un show de blagues salaces réservé aux 18 ans et plus, un volet hypnose, des courts-métrages humoristiques, un open mic et une adaptation pour la scène de l’émission Piment fort. Info: ComediHaFest.com

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Célébrations au Domaine Forget, du 23 juin au 19 août, Saint-Irénée, Charlevoix

Destination prisée des mélomanes, le Domaine Forget fêtera ses 40 ans avec un concert célébrant ses liens avec la France, le 28 juillet, et un spectacle extérieur gratuit mettant en vedette Diane Dufresne, Lorraine Desmarais et l’Orchestre national de jazz de Montréal, le 19 août. La flamboyante ambassadrice de l’événement, la contralto Marie-Nicole Lemieux, réalisera un nouveau fantasme musical, le 18 août, en compagnie des Violons du Roy et du Chœur du Domaine Forget. L’Orchestre métropolitain dirigé par Yannick Nézet-Séguin (23 juin), le jazz vocal de Bobby McFerrin (8 juillet), le Voyage d’hiver revisité par Philippe Sly (21 juillet) et la prestation de l’altiste Antoine Tamestit avec l’Orchestre symphonique de Québec (11 août) sont à ne pas manquer. Info: domaineforget.com

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Festif! du 19 au 22 juillet, divers lieux à Baie-Saint-Paul

Théâtre

Carrefour de théâtre: aux arts, citoyens!

Québec se prépare à voir déferler une vague de manifestants en marge du Sommet du G7, mais ce sont d’abord les arts qui prendront la rue pendant le Carrefour international de théâtre. Alors que le parcours déambulatoire «Où tu vas quand tu dors en marchant…?» s’installera pour une deuxième année sur la colline Parlementaire, les festivaliers seront parfois invités à sortir de leur rôle de spectateurs et à prendre part à l’action. Pleins feux sur le travail de trois bénévoles aguerris et incursion au cœur de deux pièces participatives qui brouillent la frontière entre la scène et la salle.

Au fil des moutures d’Où tu vas quand tu dors en marchant…?, les spectateurs ont vu défiler bien des personnages extravagants, inquiétants ou fantaisistes. La magie du spectacle déambulatoire à grand déploiement ne saurait toutefois apparaître sans la présence d’un groupe d’agents de première ligne, équipés de dossards, de tuques et de grands sourires: les indispensables bénévoles. 

Ils sont tous un peu brigadier, agent de circulation, guide, voire acteur dans le spectacle à ciel ouvert qui se déroule pendant neuf soirs sur la colline Parlementaire. Le Soleil a rendez-vous avec trois fidèles bénévoles du Carrefour au Parc de l’Amérique-Française, où La grande manufacture de Giorgia Volpe élira de nouveau domicile dans quelques jours.

Expositions

Le Musée de la civilisation à l’heure de Londres

Le Musée de la civilisation se met à l’heure de Big Ben et de la capitale anglaise à l’occasion de l’exposition Ici Londres, qui tiendra l’affiche jusqu’en mars 2019. Une occasion de découvrir l’effervescence de cette ville cosmopolite, de l’après guerre à nos jours, où sont nés des courants musicaux qui ont balayé toute la planète.

Le directeur général de l’établissement du Vieux-Port, Stéphan La Roche, n’a pas manqué de souligner les caractéristiques uniques de la «déjantée» capitale britannique, mercredi, lors de l’inauguration de l’événement, rendu possible grâce à la collaboration de huit institutions londoniennes (dont la Tate Gallery et le Museum of London) et la supervision de la chargée de projet Caroline Lantagne.

Au sol, une carte de Londres guide les pas des visiteurs. Au centre de la salle, une maquette de la «City of London», cœur économique de la ville, fait office de carrefour pour partir à la découverte des différents quartiers, chacun ayant sa renommée : Chelsea, le berceau du mouvement punk; Abbey Road, lieu de pèlerinage des fans des Beatles; Soho, lieu de naissance des «Swinging Sixties»; Camden Town, reconnu pour ses marchés aux puces et sa culture alternative. 

Ère numérique oblige, le visiteur pourra compter sur une nouvelle application (Mon MCQ), à télécharger sur son téléphone intelligent, pour obtenir des informations supplémentaires en «réalité augmentée». Ainsi suffira-t-il de cadrer le gilet des Sex Pistols pour entendre leur musique, ou de poser le même geste devant la photo du mannequin Twiggy pour la voir s’animer en pictogrammes, sur un air de Tom Jones.

Expositions

400 objets sortent de leur réserve au Musée de la civilisation

La cage de La Corriveau, les jumelles Dionne en poupées, le piano de Claude Léveillée, un bison des prairies empaillé, une réplique miniature du vaisseau Faucon Millenium, un vélocipède. Tous ces objets et 423 autres, aussi étranges que célèbres, connaissent une seconde vie à la faveur d’une nouvelle exposition présentée au Musée de la civilisation.

«Il s’agit d’une mise en lumière tout à fait inédite» des collections de l’institution du Vieux-Port, a expliqué mardi le directeur général Stéphan La Roche en levant le voile sur l’exposition Sortir de sa réserve : 400 objets d’émotion. «Ce sont des objets qui suscitent tous des émotions, parfois agréables, parfois moins, mais qui ne laissent personne indifférent.»

Expositions

La mode sous toutes ses coutures

Depuis «toujours», Annie et Pierre Cantin ont rêvé de fonder un musée pour mettre en valeur leur énorme collection de 5000 objets du patrimoine québécois. Avec Bibis, cloches et escarpins, un modeste aperçu de leur dotation au Musée de la civilisation, «il se réalise en partie aujourd’hui», a témoigné la vénérable dame, élégamment vêtue pour l’occasion.

Annie Cantin était très émue mardi matin. Et pour cause. Cette exposition est une forme de consécration pour leur patient labeur, mais aussi une reconnaissance posthume pour son mari architecte, décédé en 2007. «Pendant plus de 40 ans, […] nous avons conjointement partagé une vision du monde et mis en commun des projets emballants à deux pas d’ici à la maison Chevalier où nous avons travaillé à la préparation de la restauration de place Royale.»

Leur collection, amorcée en 1960, trouvera logement au manoir Charleville à Boischatel, leur résidence patrimoniale où plusieurs morceaux font partie de leur quotidien. En 2007, le couple demande au Musée d’examiner l’ensemble de sa collection qui s’étend de la Nouvelle-France jusqu’aux années 60. Quelque 1800 objets sont retenus «en raison de leur rareté, de leur attrait esthétique et de leur état de conservation remarquable», explique le directeur général Stéphan La Roche. 

Expositions

Musée de la civilisation: de la trappe à l'espace

Des trappeurs jusqu’à la station spatiale, l’histoire de Québec est façonnée par le commerce de ses résidants depuis plus de 400 ans. De trappeurs à entrepreneurs, au Musée de la civilisation, permet au visiteur de saisir l’ampleur des transformations économiques subies par la capitale, ponctuée par des chapitres qui sont entrés dans la légende populaire : brasserie Boswell, fusils Ross, Dominion Corset…

L’idée est née d’une discussion entre Stéphan La Roche, le directeur général du Musée, et Alain Aubut, qui était alors président du CA de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ). 

Les partenaires ont vite saisi le potentiel muséologique d’une exposition en parcourant la réserve de l’institution. Pas moins de 80 % des 250 objets exposés proviennent de ses collections. Des enseignes commerciales, comme le magasin Paquet ou une affiche du Festival d’été de Québec de 1974, jusqu’aux immenses artefacts comme un métier à tisser industriel ou une calèche d’époque.

Évidemment, l’époque de l’exploitation des ressources naturelles est plus difficile à illustrer. Mais Québec est née (en 1608) et a survécu grâce au commerce de la fourrure, d’abord, puis du bois ensuite. Pas moins de 25 millions de peaux transitent par la ville fluviale jusqu’à Paris, puis Londres, après la Conquête.

Expositions

La caricature s’invite à l’Assemblée nationale

La caricature politique s’invite à l’Assemblée nationale, dans la prochaine année, à la faveur d’une exposition consacrée aux plus mémorables coups de crayon de cette forme grinçante d’art qui fait rire, mais le plus souvent damner les politiciens. Une occasion de découvrir plusieurs perles et réaliser que l’humour d’autrefois pouvait être drôlement plus caustique que celui d’aujourd’hui.

«Il y a des choses qui ne passeraient pas aujourd’hui, je pense à certaines caricatures antisémites des années 30. Il serait impensable qu’un journal les diffuse de nos jours», explique Martin Pelletier, responsable de l’exposition Coups de crayons! – La satire politique en dessins, inaugurée jeudi midi, à la bibliothèque de l’Assemblée nationale.

Une équipe de six employés a scruté les archives pour retenir quelque 200 dessins et publications résumant l’actualité politique québécoise des 150 dernières années. «On a essayé de représenter toutes les époques et certains grands enjeux de société, comme le droit de vote des femmes ou la corruption, afin de joindre le plus grand nombre de citoyens possibles», ajoute M. Pelletier.

C’est en 1792 qu’il faut remonter pour trouver la première trace imprimée de satire politique, avec le placard À tous les électeurs, à l’occasion de la première élection au Bas-Canada. Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour que la presse satirique s’implante, avec la parution à Montréal et à Québec de plus de 70 périodiques, souvent éphémères.