Théâtre

Titus Andronicus: le grand défoulement

CRITIQUE / Des femmes qui jouent des rôles d’hommes (et inversement), quelques sacres bien sentis mis dans la bouche de personnages shakespeariens et, pourquoi pas, une finale alternative à celle écrite par le maître anglais. Pour leurs 10 ans, Les Écornifleuses se donnent pas mal toutes les permissions en adaptant Titus Andronicus au Périscope. L’exercice, qui tient du grand défoulement, s’avère au final plutôt libérateur.

En s’attaquant au texte considéré comme le plus sanglant de Shakespeare — meurtres, démembrements, écartèlement, viol, mutilations et autres décapitations sont ici à l’honneur —, la metteure en scène Édith Patenaude soulage son équipe de plusieurs codes et s’offre, sur plusieurs tableaux, une grande liberté d’interprétation. 

On comprend vite que la troupe s’est lancé le défi de sortir du cadre classique cette tragédie romaine. Dès le départ, le quatrième mur est abattu, alors que la comédienne Marie-Hélène Lalande s’adresse directement au public pour faire les présentations. Elle détaille une mise en situation qui sera certainement appréciée des spectateurs qui ne connaissent pas la pièce dans le détail. Parce qu’il y a du monde à la messe dans ce texte décrivant un cycle de vengeances d’une violence exagérée… Tellement qu’il en devient absurde. 

Dans ce spectacle sportif — les comédiens chaussent d’ailleurs leurs souliers de course —, le théâtre ne prétend pas être autre chose qu’un exercice de jeu. En abandonnant l’idée de créer une illusion de réalité, tout devient permis. Et on y croit, du moment qu’on accepte la prémisse. De jeunes femmes interprètent des hommes d’âge divers et inversement, les deux personnages féminins sont confiés à des interprètes masculins. Les Romains, Goths ou Maure sont vêtus de costumes scintillants et campés par des acteurs qui ne nous laissent jamais oublier qu’ils sont en représentation. À voix haute, ils vont jusqu’à scander les didascalies décrivant les changements de lieux ou prévenir les spectateurs en levant la main lorsqu’ils doivent momentanément adopter un autre rôle. 

Anachronisme

Avec Titus, Édith Patenaude prend aussi plusieurs initiatives dans le texte, livré en québécois et ponctué d’anachronismes truculents (et fort rigolos) que n’aurait peut-être pas reniés le grand Will, tant ils transposent de manière punchée l’état d’esprit des personnages. Ici et là, des sacres s’invitent dans les dialogues, alors que les antagonistes se donnent du «fuck you!» ou du «ta yeule!» en brandissant le doigt d’honneur. Il en résulte un spectacle qui garde un côté brut et cru, percussif à souhait (la dizaine d’interprètes fait bon usage de tambours disposés sur scène), mais parfois un peu trop criard. Heureusement, la musique créée en direct par la talentueuse Mykalle Bielinski vient balancer l’ensemble avec une douceur magnétique. De quoi mettre la table pour la dernière permission que se donnent Les Écornifleuses avec Titus : quand tout a été dit et que les têtes ont roulé, elles insufflent à la pièce une dose d’espoir qui lui avait été refusée par son auteur à sa création.

Des travaux de rénovation ayant forcé le Périscope à trouver un nouveau toit pour ses spectacles à l’affiche cet automne, Titus est présenté au Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène (LANTISS) de l’Université Laval (pavillon Louis-Jacques Casault) jusqu’au 2 décembre. 

Théâtre

Sept questions à Édith Patenaude

BAS LES MASQUES / Pour son 10e anniversaire, la compagnie de Québec Les écornifleuses s’attaque à du costaud : une adaptation de Titus Andronicus, considéré comme le texte le plus violent de Shakespeare. Meurtres à répétition, viol et mutilations sont au cœur de cette pièce programmée au Périscope, qui s’installera au pavillon Louis-Jacques Casault de l’Université Laval le 17 novembre. Pour l’occasion, la metteure en scène Édith Patenaude a fait le choix d’inverser les rôles en confiant à des comédiennes les personnages masculins et vice versa. Discussion avec une femme de théâtre qui croit à la nécessité de réinventer les classiques.

1. Vous avez choisi avec cette adaptation d’inverser les genres des personnages et des interprètes. Pourquoi?

Je n’invente rien en faisant ça. Je pense juste qu’il faut faire cet exercice-là régulièrement pour qu’on puisse continuer d’utiliser le théâtre de répertoire d’une façon qui est adaptée à la réalité d’aujourd’hui. Le théâtre, comme toute forme d’art, a quand même la responsabilité et le privilège, même si c’est un cliché, d’être le miroir du monde. On se reconnaît dans la fiction. C’est sûr que les classiques doivent continuer d’être joués. Il y a des textes extraordinaires! Il ne faut pas fermer le répertoire parce qu’il est inéquitable. Il faut l’adapter, le travailler autrement. Sinon, pour toujours, il va y avoir une représentation masculine prépondérante sur nos scènes par rapport à ce qu’on veut que soit la réalité. Il faut que ça devienne naturel de jouer avec les genres, de la même manière qu’il faut que ça le devienne pour la diversité culturelle, pour la diversité des orientations sexuelles ou pour les gens qui vivent avec des handicaps. 

2. Qu’est-ce qui vous attire dans Titus Andronicus?

Instinctivement, je suis souvent revenue à ce texte-là. Il y a quelque chose de jouissif là-dedans. C’est l’œuvre d’un jeune Shakespeare. À l’époque, c’était l’un de ses textes les plus aimés du public. Maintenant, c’est l’un de ses plus controversés, parce qu’il est extrêmement sanglant. Comme j’ai une mémoire assez mauvaise, je l’ai souvent relu et chaque fois, même si c’est tragique, ça me faisait rire! C’est rocambolesque, ça n’arrête pas, c’est comme un film d’action. On se demande il est où Sylvester Stallone! Ça devient ridicule. Le texte est grotesque. Il dépeint un monde politique et humain, dans nos rapports aux autres et à l’étranger. On est dans l’intime, mais aussi dans le collectif. Mais c’est absurde, ça va trop loin. Quand ç’a été écrit, le courant du stoïcisme en philosophie était très fort. C’est un courant qui veut que pour trouver le bonheur, il faut que tu laisses glisser sur toi ce sur quoi tu n’as pas de contrôle. Je pense qu’on est arrivé à une époque où peut-être qu’on revient à ça. 

3. Où voyez-vous l’actualité dans ce texte?

On est bombardé de ce qui se passe dans le monde et qui n’a pas de bon sens. Et on ne peut pas réagir. J’ai l’impression qu’on est arrivé à un stade de grotesque dans le monde où il faut qu’on puisse constater que c’est insensé, qu’on en rit un coup ensemble en ayant conscience de ce qui se passe. Il y a quelque chose dans ce texte-là qui tient de la survie. Tout ce déclin de l’Occident, du capitalisme, ces changements climatiques qui vont réorganiser le monde, tous ces migrants… On a toujours senti qu’il y avait la guerre ailleurs dans le monde. On en parlait dans nos fictions, mais d’une manière distanciée parce qu’on ne l’avait pas vécue. Mais là, on sent que c’est peut-être à nos portes, que c’est possible qu’on l’expérimente dans l’espace de nos vies. 

4. Qu’est-ce que l’échange des genres apporte au propos, selon vous?

Ça fait qu’on se questionne sur l’animal humain. Fondamentalement, le fait que tu sois un homme ou une femme ne change rien à la situation. Les réactions qui sont provoquées, c’est de l’animalité. Il faut que le comédien joue ça avec le plaisir de l’enfant qui joue à un jeu. L’enfant n’est pas dans des codes genrés, à moins qu’on les lui impose. C’est un grand défi d’interprétation. 

5. Le côté grotesque que vous trouvez dans le texte se traduit-il dans votre mise en scène? 

On se donne des permissions. Il arrive par exemple qu’un sacre passe par là même si on joue du Shakespeare. Quand tu le parles en québécois, ça arrive naturellement. Il y a des brèches d’humour. J’espère que les spectateurs vont rire à certains moments… Même s’ils vont se dire qu’ils ne sont pas censés rire parce que c’est tragique. Quand ça fait sept personnes de suite qui meurent, on peut se dire : «Ben là, c’est assez! C’est ridicule!» Il ne faut pas tout prendre au sérieux. 

6. La description de la mission artistique de votre compagnie pose la question : «Qu’est-ce qui doit être entendu de façon urgente?» Comment s’applique-t-elle ici?

Pour faire du théâtre de nos jours, il faut être en nécessité, il faut être en urgence. J’essaie que les comédiens ne disent rien qui n’est pas absolument nécessaire. Sinon on le coupe, on s’en fout. On n’a plus de temps pour dire des choses qui ne sont pas importantes. Et il n’y a pas d’argent. Le financement n’augmente pas, même qu’il diminue parce qu’il n’y a pas d’adéquation avec le coût de la vie. […] Ça ne va pas en s’améliorant. En même temps, il faut avoir de l’espoir. Il y a des diffuseurs qui ont refusé le projet à cause du texte. Parce qu’il n’y a pas d’issue, pas de lumière, pas d’espoir. Pour moi, l’espoir est ailleurs. Il est dans l’idée de le faire, de donner à des filles le plaisir de le faire, d’en rire de cette horreur-là. Je pense que quelque chose de fort peut émerger dans l’urgence. Mais ça serait bien aussi de ne pas toujours être dans l’urgence…

7. Après Five Kings au Trident, votre spectacle est le deuxième cet automne qui adapte très librement l’œuvre de Shakespeare…

Je pense que Shakespeare serait content de ça. Il était très conscient de son époque, il la critiquait. Je pense qu’il voudrait qu’on utilise ses textes comme des matériaux pour parler d’aujourd’hui. Il serait désespéré de voir ses textes s’empoussiérer et devenir des shows de musée. Si on revient si souvent à Shakespeare, c’est parce que ce sont des textes puissants. Ça m’intéresse beaucoup. Et ça m’intéresse de voir des femmes là-dedans. Ce n’est pas tant l’idée du pouvoir qui me fascine que l’idée de la puissance. De voir des filles être puissantes, ça fait beaucoup de bien.

Vous voulez y aller?

Quoi : Titus

Quand : du 17 novembre au 2 décembre

Où : LANTISS (Pavillon Louis-Jacques Casault de l’Université Laval)

Billets : 23 $ jusqu’au 16 novembre, 36 $

Info : theatreperiscope.qc.ca

Expositions

Mitchell/Riopelle: coup de foudre au MNBAQ

Les artisans du Musée national des beaux-arts du Québec ont rêvé d’expositions bien avant qu’on pose la première pierre au nouveau pavillon Lassonde. Celle qui est consacrée à la production de Joan Mitchell et de Jean-Paul Riopelle pendant leurs 25 ans de couple en est une. Cette exceptionnelle rétrospective, une première mondiale réalisée par le MNBAQ, s’avère un véritable coup de foudre haut en couleur, a constaté Le Soleil mercredi matin.

Ces tableaux (et deux sculptures), festin pour l’œil, «sont des moments d’émotions pures qui donnent les larmes aux yeux», souligne Line Ouellet, la directrice générale. En effet. Incroyables moments de découverte aussi — certains Riopelle n’ont jamais été exposés au Canada!

Mme Ouellet va même jusqu’à tracer un parallèle avec une autre exposition consacrée à un couple mythique, Claudel et Rodin, présentée au MNBAQ en 2005. Pour elle, joindre cette soixantaine d’œuvres monumentales, dont plusieurs majeures, «contribue réellement à écrire une page de l’histoire de l’art moderne». 

Expositions

Shary Boyle, l’artiste funambule

Le travail de Shary Boyle peut avoir un côté charmant et inoffensif, mais cache une vaste réflexion sur ce qui anime l’être l’humain et le lie à ses semblables. Pour son exposition à Québec, l’artiste ajoute clowns et ballerine à sa collection de créatures fabulées, qui incarnent les réalités bouleversantes de notre époque.

La quarantenaire, née en banlieue de Toronto, a représenté le Canada à la Biennale de Venise en 2013. Son installation Music for Silence rassemblait des figurines en porcelaine, un film muet et une sirène en plâtre de plus de trois mètres de long, sur laquelle était projeté un dense collage d’images contemporaines. Elle a aussi créé des décors pour les concerts de Feist et de Peaches.

Shary Boyle présente depuis vendredi à la Galerie 3 une exposition solo intitulée The Smile at the Bottom of the Ladder («Le sourire au bas de l’échelle»). Inspirée entre autres par le film Les enfants du paradis, de Marcel Carné, par Charlie Chaplin et par diverses lectures et expériences liées aux arts du cirque, l’artiste marche sur le mince fil qui sépare le kitsch et l’enchantement. «Ce qui est kitsch pour quelqu’un peut être profondément touchant et inspirant pour quelqu’un d’autre», note-t-elle. 

Théâtre

Le cas Joé Ferguson: les racines de la violence

CRITIQUE / Qu’est-ce qui pousse un être humain à commettre l’irréparable? Cette question immensément complexe s’applique à n’importe quel meurtrier n’importe où dans le monde. D’une plume sensible et incisive, Isabelle Hubert la ramène avec Le cas Joé Ferguson à un désespéré dans un village du Québec. Avec beaucoup de nuances, le spectacle qui s’est installé au Trident cette semaine creuse sans jugement pour déterrer les racines de la violence.

Au cœur de ce texte à la fois drôle et percutant se trouvent les habitants d’une bourgade «en choc post-traumatique» : l’une des leurs, sœur Laurette, la directrice de l’école primaire, vient d’être assassinée par Joé Ferguson, un jeune homme ostracisé qui s’est par la suite donné la mort. Débarque alors une étudiante en criminologie s’intéressant aux répercussions des crimes violents dans les milieux ruraux. Maladroitement, elle tente de mener l’enquête. Elle n’aura pas la tâche facile dans ce cadre d’emblée méfiant envers les étrangers… 

Le contexte, on l’apprendra de la bouche des habitants du village, qui se gardent bien de trop en dire à l’étudiante, mais qui, comme le rappelle la thanatologue du coin, parlent beaucoup du cas Joé Ferguson… «Mais entre eux autres». À plusieurs reprises, le public se voit placé dans un rôle d’interlocuteur, alors que trois d’entre eux dévoilent des bribes d’information qui énoncent peu à peu ce qui deviendra les ingrédients d’un désastre : la misère qu’on devine chez nos voisins, mais qu’on tait parce que ce ne sont pas nos affaires, qu’on ne veut pas se mouiller, que quelqu’un d’autre va agir… Ou au contraire, cette idée que la différence est louche et mérite d’être sanctionnée. 

Multitude de points de vue

Ce sujet à la fois complexe et délicat, Isabelle Hubert le cerne avec beaucoup de nuances, sans jamais tomber dans le pathos ou la lourdeur. Rien dans cette histoire n’est tout noir ou tout blanc, personne n’est complètement bon ou totalement méchant. 

Cultivant la référence qui fait sourire et l’image vive qui frappe l’imaginaire, l’auteure réussit avec quatre personnages à exprimer une multitude de points de vue sur la ruralité, certes, mais surtout sur l’ouverture aux autres. Il y a la fille de la ville qui débarque avec ses gros sabots (Joëlle Bond) et celle qui vient aussi d’ailleurs, mais qui a été adoptée depuis longtemps (Sylvie Drapeau). Il y a celle qui aspirait à une autre vie, qui pose un regard à la fois dur et lucide sur son patelin et sur elle-même (Valérie Laroche). À l’inverse, il y a celui qui se montre parfaitement adapté à son écosystème, auquel il contribue sans une once de culpabilité, sans se remettre en question (Steven-­Lee Potvin). 

Ce texte solide est porté par une distribution qui l’est tout autant. Dans ce spectacle où il est beaucoup question de non-dit, le verbe est à l’honneur et le franc-parler se déploie dans une structure avec porte coulissante et lit escamotable évoquant tantôt un autocar, tantôt la chambre d’un motel, le secrétariat de l’école, le bureau de la thanatologue ou le columbarium. Mais dans cette mise en scène de Jean-Sébastien Ouellette, c’est finalement le mouvement qui sera le plus grand vecteur d’émotion : par la présence fantomatique de Joé, mais encore davantage celle de sa mère (Valérie Laroche), qui nous brise le cœur sans même dire un mot. 

Le cas Joé Ferguson est présenté au Trident jusqu’au 25 novembre. 

Expositions

Musée de la civilisation: de la trappe à l'espace

Des trappeurs jusqu’à la station spatiale, l’histoire de Québec est façonnée par le commerce de ses résidants depuis plus de 400 ans. De trappeurs à entrepreneurs, au Musée de la civilisation, permet au visiteur de saisir l’ampleur des transformations économiques subies par la capitale, ponctuée par des chapitres qui sont entrés dans la légende populaire : brasserie Boswell, fusils Ross, Dominion Corset…

L’idée est née d’une discussion entre Stéphan La Roche, le directeur général du Musée, et Alain Aubut, qui était alors président du CA de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ). 

Les partenaires ont vite saisi le potentiel muséologique d’une exposition en parcourant la réserve de l’institution. Pas moins de 80 % des 250 objets exposés proviennent de ses collections. Des enseignes commerciales, comme le magasin Paquet ou une affiche du Festival d’été de Québec de 1974, jusqu’aux immenses artefacts comme un métier à tisser industriel ou une calèche d’époque.

Évidemment, l’époque de l’exploitation des ressources naturelles est plus difficile à illustrer. Mais Québec est née (en 1608) et a survécu grâce au commerce de la fourrure, d’abord, puis du bois ensuite. Pas moins de 25 millions de peaux transitent par la ville fluviale jusqu’à Paris, puis Londres, après la Conquête.

Expositions

La caricature s’invite à l’Assemblée nationale

La caricature politique s’invite à l’Assemblée nationale, dans la prochaine année, à la faveur d’une exposition consacrée aux plus mémorables coups de crayon de cette forme grinçante d’art qui fait rire, mais le plus souvent damner les politiciens. Une occasion de découvrir plusieurs perles et réaliser que l’humour d’autrefois pouvait être drôlement plus caustique que celui d’aujourd’hui.

«Il y a des choses qui ne passeraient pas aujourd’hui, je pense à certaines caricatures antisémites des années 30. Il serait impensable qu’un journal les diffuse de nos jours», explique Martin Pelletier, responsable de l’exposition Coups de crayons! – La satire politique en dessins, inaugurée jeudi midi, à la bibliothèque de l’Assemblée nationale.

Une équipe de six employés a scruté les archives pour retenir quelque 200 dessins et publications résumant l’actualité politique québécoise des 150 dernières années. «On a essayé de représenter toutes les époques et certains grands enjeux de société, comme le droit de vote des femmes ou la corruption, afin de joindre le plus grand nombre de citoyens possibles», ajoute M. Pelletier.

C’est en 1792 qu’il faut remonter pour trouver la première trace imprimée de satire politique, avec le placard À tous les électeurs, à l’occasion de la première élection au Bas-Canada. Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour que la presse satirique s’implante, avec la parution à Montréal et à Québec de plus de 70 périodiques, souvent éphémères.