Expositions

400 objets sortent de leur réserve au Musée de la civilisation

La cage de La Corriveau, les jumelles Dionne en poupées, le piano de Claude Léveillée, un bison des prairies empaillé, une réplique miniature du vaisseau Faucon Millenium, un vélocipède. Tous ces objets et 423 autres, aussi étranges que célèbres, connaissent une seconde vie à la faveur d’une nouvelle exposition présentée au Musée de la civilisation.

«Il s’agit d’une mise en lumière tout à fait inédite» des collections de l’institution du Vieux-Port, a expliqué mardi le directeur général Stéphan La Roche en levant le voile sur l’exposition Sortir de sa réserve : 400 objets d’émotion. «Ce sont des objets qui suscitent tous des émotions, parfois agréables, parfois moins, mais qui ne laissent personne indifférent.»

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Grandiose Giacometti au MNBAQ

Grandiose. Voilà qui décrit à la fois les fabuleuses sculptures filiformes de Giacometti et la formidable scénographie de Jean Hazel qui magnifie les œuvres du célèbre artiste suisse rassemblées au sein d’une rétrospective majeure au Musée national des beaux-arts de Québec (MNBAQ).

Après Londres, mais avant New York et Bilbao, l’incontournable exposition, qui se déroule du 8 février au 13 mai, regroupe plus d’une centaine de statues, de plâtres et une cinquantaine de tableaux. Et ce qui frappe avec cette version nord-américaine, c’est le superbe agencement de 23 modules sur lequel reposent les œuvres regroupées de façon chronologique dans les quatre vastes salles du pavillon Lassonde.

Jean Hazel, le designer principal du MNBAQ, a utilisé le bois clair, qu’il a agencé en forme de vagues et de ressac qui illustrent le caractère mélancolique de la production d’Alberto Giacometti (1901-1966), surtout après la mort de son peintre de père, en 1933. «L’idée de cette mélancolie et de la méditation, je l’ai ressentie souvent à la mer. Je me suis inspiré de ce calme. Les podiums permettaient de faire des juxtapositions au lieu d’avoir des socles séparés. On met en scène les sculptures ensemble.»

La production de cet artiste moderne marquant se distingue par sa diversité stylistique, qui couvre cinq décennies. Le visiteur peut ainsi découvrir ses premières œuvres jusqu’à ses trois dernières. 

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La mode sous toutes ses coutures

Depuis «toujours», Annie et Pierre Cantin ont rêvé de fonder un musée pour mettre en valeur leur énorme collection de 5000 objets du patrimoine québécois. Avec Bibis, cloches et escarpins, un modeste aperçu de leur dotation au Musée de la civilisation, «il se réalise en partie aujourd’hui», a témoigné la vénérable dame, élégamment vêtue pour l’occasion.

Annie Cantin était très émue mardi matin. Et pour cause. Cette exposition est une forme de consécration pour leur patient labeur, mais aussi une reconnaissance posthume pour son mari architecte, décédé en 2007. «Pendant plus de 40 ans, […] nous avons conjointement partagé une vision du monde et mis en commun des projets emballants à deux pas d’ici à la maison Chevalier où nous avons travaillé à la préparation de la restauration de place Royale.»

Leur collection, amorcée en 1960, trouvera logement au manoir Charleville à Boischatel, leur résidence patrimoniale où plusieurs morceaux font partie de leur quotidien. En 2007, le couple demande au Musée d’examiner l’ensemble de sa collection qui s’étend de la Nouvelle-France jusqu’aux années 60. Quelque 1800 objets sont retenus «en raison de leur rareté, de leur attrait esthétique et de leur état de conservation remarquable», explique le directeur général Stéphan La Roche. 

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Musée de la civilisation: de la trappe à l'espace

Des trappeurs jusqu’à la station spatiale, l’histoire de Québec est façonnée par le commerce de ses résidants depuis plus de 400 ans. De trappeurs à entrepreneurs, au Musée de la civilisation, permet au visiteur de saisir l’ampleur des transformations économiques subies par la capitale, ponctuée par des chapitres qui sont entrés dans la légende populaire : brasserie Boswell, fusils Ross, Dominion Corset…

L’idée est née d’une discussion entre Stéphan La Roche, le directeur général du Musée, et Alain Aubut, qui était alors président du CA de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ). 

Les partenaires ont vite saisi le potentiel muséologique d’une exposition en parcourant la réserve de l’institution. Pas moins de 80 % des 250 objets exposés proviennent de ses collections. Des enseignes commerciales, comme le magasin Paquet ou une affiche du Festival d’été de Québec de 1974, jusqu’aux immenses artefacts comme un métier à tisser industriel ou une calèche d’époque.

Évidemment, l’époque de l’exploitation des ressources naturelles est plus difficile à illustrer. Mais Québec est née (en 1608) et a survécu grâce au commerce de la fourrure, d’abord, puis du bois ensuite. Pas moins de 25 millions de peaux transitent par la ville fluviale jusqu’à Paris, puis Londres, après la Conquête.

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La caricature s’invite à l’Assemblée nationale

La caricature politique s’invite à l’Assemblée nationale, dans la prochaine année, à la faveur d’une exposition consacrée aux plus mémorables coups de crayon de cette forme grinçante d’art qui fait rire, mais le plus souvent damner les politiciens. Une occasion de découvrir plusieurs perles et réaliser que l’humour d’autrefois pouvait être drôlement plus caustique que celui d’aujourd’hui.

«Il y a des choses qui ne passeraient pas aujourd’hui, je pense à certaines caricatures antisémites des années 30. Il serait impensable qu’un journal les diffuse de nos jours», explique Martin Pelletier, responsable de l’exposition Coups de crayons! – La satire politique en dessins, inaugurée jeudi midi, à la bibliothèque de l’Assemblée nationale.

Une équipe de six employés a scruté les archives pour retenir quelque 200 dessins et publications résumant l’actualité politique québécoise des 150 dernières années. «On a essayé de représenter toutes les époques et certains grands enjeux de société, comme le droit de vote des femmes ou la corruption, afin de joindre le plus grand nombre de citoyens possibles», ajoute M. Pelletier.

C’est en 1792 qu’il faut remonter pour trouver la première trace imprimée de satire politique, avec le placard À tous les électeurs, à l’occasion de la première élection au Bas-Canada. Il faudra attendre le milieu du XIXe siècle pour que la presse satirique s’implante, avec la parution à Montréal et à Québec de plus de 70 périodiques, souvent éphémères.