On a senti Pete Townshend s'abandonner pleinement et sortir toute la fureur qui habite ses performances, sans omettre la sensibilité de son chant, qui complétait celui de son complice Roger Daltrey.

À bord du Magic Bus des Who

CRITIQUE / Avec plus de 50 ans au compteur, les Who peuvent se permettre d'offrir à leurs fans un voyage dans leur répertoire sans ne jamais échapper, en cours de route, de titre méconnu. C'est ce que Roger Daltrey, Pete Townshend et leurs complices ont fait, jeudi, sur les plaines d'Abraham, les faisant monter à bord de ce qu'on pourrait bien appeler leur bus magique.
Pour faire réagir le publie, Roger Daltrey utilisait son micro tel un lasso.
On s'attendait à ce que les Who poursuivent leur série de concerts Tommy & More, amorcée plus tôt cette année, où une grande partie de l'opéra rock était défendu. On a plutôt eu un tour d'horizon des diverses périodes créatives du groupe, des années 60 aux années 80. Personne n'a semblé s'en formaliser, les fans échappant plutôt des «Who! Who! Who!», entre deux titres.
«C'est notre premier spectacle de cette tournée et c'est formidable d'être avec vous ce soir, quel bel endroit!» a lancé Pete Townshend.
La formation, qui a répété en ville durant les derniers jours, a semblé légèrement rouillée au départ. I Can't Explain manquait de punch et Townshend a eu des ennuis avec son équipement qui l'ont distrait durant plus d'un titre. Les gars se sont donc repliés sur leurs vieux trucs pour faire réagir le public : Daltrey utilisait son micro tel un lasso, Townshend faisait la moulinette à la six cordes. Ils ont graduellement rajusté le tir, d'autant qu'ils ont échappé une Who Are You bien accueillie. Toutefois, il a fallu passer la période des classiques des années 60 pour en arriver à des chansons du mythique Who's Next pour que la soirée décolle. Or à partir de là, tout ce qu'on attendait des Who a pris forme. La portion de Quadrophenia, avec 5.15, puis I'm One et The Rock? Redoutable. Dommage qu'un pépin technique ait brièvement interrompu Love Reign O'er Me...
Townshend a eu des ennuis avec son équipement qui l'ont distrait durant plus d'un titre.
Daltrey n'a peut-être plus sa voix des beaux jours, mais règle générale, il s'en est bien tiré avec ce matériel exigeant.
Néanmoins, on a senti Townshend s'abandonner pleinement et sortir toute la fureur qui habite ses performances, sans omettre la sensibilité de son chant, qui complétait celui de son complice. Daltrey, pour sa part, n'a peut-être plus sa voix des beaux jours, ça se remarquait dans Behind Blues Eyes ou Baba O'Riley, mais règle générale, il s'en est bien tiré avec ce matériel exigeant.
Il faut le rappeler, les Who ne sont plus quatre, comme à la belle époque, mais deux plus quatre. Leur équipe est solide, enrichie de claviers, de choeurs, sans oublier la dynamique rythmique de Zak Starkey, à bord depuis belle lurette. Tout ce beau monde était bien arrimé et en arrivant dans le dernier droit, avec une série de cinq pièces de Tommy, dont Pinball Wizard, puis, en ultime bonbon, une électrisante Won't Get Fooled Again, les Who ont achevé de combler les fans.
La vaste foule - sans que ce soit la plus importante cette année - venue accueillir les Anglais aura été choyée: pas moins de deux heures de spectacle. Un beau tour de Magic Bus, donc, pour paraphraser les Who, même s'il y a eu quelques cahots en cours de route.
«On se revoit un jour, j'espère», a lancé Townshend en quittant.
The Struts
Plus que la musique de The Struts, c'est son chanteur Luke Spiller qui aura marqué les esprits.
La formation anglaise The Struts a précédé les Who, avec son glam rock à saveur rétro. Plus que sa musique, c'est son chanteur Luke Spiller qui aura marqué les esprits. D'abord par son look coloré, maquillage et costume à mi-chemin entre l'habit de cérémonie amérindien et le cuir noir du rockeur classique. Par sa voix puissante et son énergie, ensuite : jamais il n'a lâché la foule, la faisant participer de toutes les manières possibles, en la faisant répéter des mots, bouger les bras, chanter ou sauter. Par ses interventions sympathiques, enfin, qui comptaient des segments en français. Il est allé jusqu'à faire lever la main des spectateurs pour vérifier qui viendra voir le groupe lorsqu'il reviendra - ils étaient nombreux. Si, au plan musical, le groupe était solide il n'aurait probablement jamais séduit le public comme il l'a fait sans Spiller, qui est un showman-né.
The Dirty Nil
Avec ses comparses de The Dirty Nil, le chanteur Luke Bentham s'est amusé comme un gamin et a donné un spectacle survolté.
«Je vais vous dire quelque chose, aujourd'hui, c'est ma fête et The Who est mon groupe favori. C'est le plus beau jour de toute ma vie, c'est fou!» En tout début de soirée, le chanteur Luke Bentham, du trio canadien The Dirty Nil, était tellement enthousiaste, qu'il n'a même pas remarqué que la foule lui chantait bonne fête! Avec ses comparses, il s'est amusé comme un gamin et a donné un spectacle survolté. Il est vrai qu'on pouvait remarquer les influences des Who, ne serait-ce que dans l'énergie déployée sur la scène ou dans le côté abrasif de la livraison, presque punk. Peut-être pas un répertoire exceptionnel, mais une bonne façon de démarrer la soirée.
La liste des chansons de The Who
1. I Can't Explain
2. The Seeker
3. Who Are You
4. The Kids Are Alright
5. I Can See for Miles
6. My Generation
7. Behind Blue Eyes
8. Bargain
9. Join Together
10. You Better You Bet
11. 5.15
12. I'm One
13. The Rock
14. Love, Reign O'er Me
15. Eminence Front
16. Amazing Journey/Sparks
17. Pinball Wizard
18. See Me, Feel Me/Listening To You
19. Baba O'Riley
20. Won't Get Fooled Again