A Boogie wit da Hoodie a enchaîné les titres à une vitesse d’enfer, n’en interprétant que des extraits pour plusieurs.

A boogie wit da Hoodie: virer la place à l’envers [VIDÉO]

CRITIQUE / On se doutait bien que le programme triple de rap du lundi au 52e Festival d’été de Québec (FEQ) plairait aux jeunes festivaliers, qui ont répondu présents en grand nombre, emplissant aux deux tiers la place George-V. Surtout avec A Boogie wit da Hoodie pour clore la chaude soirée. La sensation new-yorkaise a viré la place à l’envers!

Le DJ Ominaya avait d’abord chauffé à blanc la foule pendant presque 30 minutes — ça sautait tellement fort devant la scène qu’on en ressentait les vibrations dans les loges! Une allusion au pot légal, dont les effluves se faisaient persistants malgré le fort vent, a déclenché la ferveur dans une atmosphère déjà électrique.

Quand Julius Dubose, de son vrai nom, est monté sur scène en entonnant Look Back at It, la partie était gagnée d’avance. Un peu plus tard, Swervin, aussi de son récent Hoodie SZN, a semé la frénésie dans la foule — les premiers soins ont eu une soirée occupée...

Le rappeur de 23 ans au sourire engageant use et abuse de l’autotune. Ses supporteurs n’en font évidemment pas de cas, mais à la longue, le chant modifié d’A Boogie wit da Hoodie tombe sur les nerfs de ceux qui, comme moi, aime très modérément ce traitement électronique qui aplanit toutes les aspérités et masque le grain de la voix.

M’enfin. A Boogie wit da Hoodie a enchaîné les titres à une vitesse d’enfer — n’en interprétant que des extraits pour plusieurs. Mais après à peine 20 minutes, il a cédé la place à un de ses potes pour une intermission de deux chansons… Drôle d’idée.

En redémarrant la machine avec I Did It, le rappeur a maintenu la cadence, arpentant la scène d’un bord à l’autre en sautillant. Une petite pause le temps de faire tirer un vélo (pour vrai!) et Boogie a négocié la dernière étape avec un bain de foule, une bataille vocale entre festivaliers et l’inévitable ballet des lumières de cellulaire…

Les jeunes sont repartis comblés!

Leikeli47

Pour sa première présence au FEQ, Leikeli47 a créé une forte impression.

Pour sa première présence au FEQ, Leikeli47 a créé une forte impression avec une prestation inspirée et inspirante. La rappeuse masquée, en survêtements blancs et accompagnée d’un seul DJ, n’a pas manqué de haranguer les festivaliers avec son accent de Brooklyn. Faut dire que la dame a de l’attitude — et des aptitudes pour faire lever le party, comme avec la bien nommée Attitude, aux beats lourds et hypnotisant.

Leikeli47 a fait un détour par son premier effort, notamment la dansante et entraînante Miss Me, mais la chanteuse s’est majoritairement concentrée sur son récent album Acrylic — qui varie les styles sans coup férir, du ballroom au dancehall jamaïcain, avec une touche de trap. 

La rappeuse propose un hip-hop à caractère social qui prône l’égalité, mais aussi l’amitié. Et pratique ce qu’elle prêche. Comme ce chouette moment où elle a invité cinq jeunes femmes à danser sur l’air de Post It. On n’est pas surpris d’apprendre que la New Yorkaise cite Lauryn Hill comme influence.

Un modèle positif de diversité qui change du traditionnel rap bling-bling aux textes machistes et égocentriques.

TOBI

Les jeunes festivaliers ont répondu présents en grand nombre, emplissant aux deux tiers la place George-V.

C’est à un rappeur de Toronto, dans cette soirée hip-hop made in USA, qu’est revenu l’honneur d’ouvrir les hostilités. Il y avait déjà une atmosphère d’enfer lorsque TOBi s’est présenté sur scène. Mais son flow relax, sur des complaintes teintées de soul, a calmé les ardeurs.

TOBi avait gardé son matériel plus rythmé pour la deuxième moitié de sa prestation. Mais la plupart des jeunes festivaliers écoutaient distraitement ou placotaient entre amis. Le chanteur d’origine nigériane a le déhanchement chargé de tension, mais il aurait fallu un peu plus de charisme pour charmer la foule.