30 ans du Musée de la civilisation: le grand musée de l'activité humaine

Le Musée de la civilisation a déjà 30 ans et un nombre impressionnant d’expositions à son actif. Innovant constamment pour trouver des manières de présenter différents aspects de l’expérience humaine, l’institution aura abordé des thèmes aussi variés que les soins de beauté, le cerveau, les diamants ou les grandes villes du monde. Vendredi, l’accès au MCQ sera gratuit et les visiteurs auront accès aux coulisses des expositions (activité aussi reprise samedi). Retour, en quelques moments et expositions marquants, sur les trois décennies du MCQ.

1988: Pas moins de dix expositions sont lancées simultanément pour marquer l’ouverture du Musée de la civilisation, le 19 octobre 1988 : Souffrir pour être belle, Objets de civilisation, Un si grand âge, Gaspésie, une histoire de mer, Noël réinventé, La barque à voile, Mémoires, un portrait des Québécois, Toundra, Taïga et Électrique. L’institution toute neuve est alors sous la houlette de Roland Arpin. Le Soleil y consacre un cahier de 12 pages, dont le titre principal est «Le début d’une histoire d’amour». On y mentionne la collection de 60 000 objets, en mettant de l’avant la mission éducative, l’accessibilité et la polyvalence du nouveau lieu.

1995: Le MCQ intègre des collections des prêtres du Séminaire de Québec et du Musée de l’Amérique francophone. Celui-ci devient alors un nouveau morceau du complexe muséal, qui compte aussi, depuis sa fondation et jusqu’en 2017, la Maison historique Chevalier et le Musée de la Place-Royale. Parmi les objets rares acquis à cette occasion se trouve de nombreux animaux naturalisés et l’ouvrage Birds of America, du peintre naturaliste John James Audubon.

2005: Cinq ans après avoir obtenu l’aval du gouvernement, le Centre national de conservation et d’études des collections, une nouvelle réserve muséale construite en fonction de normes très strictes de conservation, est inauguré. Quelque 225 000 objets y sont entreposés dans neuf voûtes maintenues à des températures et niveaux d’humidité différents, selon la matière qui les constitue. L’endroit a été visité par plusieurs institutions muséales nationales et internationales (Institutions muséales de Berne, Institutions muséales et culturelles de Lyon, Musée d’art et d’histoire de Genève) qui souhaitaient s’en inspirer.

2008: Le Potager des visionnaires de Franco Dragone prend vie sur les toits du Musée, dans le cadre du 400e anniversaire de la ville de Québec. Le potager coloré est gardé par un nautonier géant et agrémenté d’éléments scénographiques, dont un «puits qui parle» et un stabile gigantesque en aluminium. Animé par de nombreux sons et effets lumineux, le potager a aussi accueilli une série d’activités grand public.

2014: Le 15 septembre, l’édifice de la rue Dalhousie est touché par un incendie qui se déclare dans les combles de l’aile est. La machinerie utilisée pour la rénovation de l’immeuble est en cause. Grâce aux techniciens du musée, qui jettent des bâches sur les objets fragiles de l’exposition C’est notre histoire, et à l’intervention délicate des pompiers, les dommages sont heureusement minimes. L’incendie s’est produit quelques jours à peine avant l’arrivée d’un très précieux document, Le Traité de Paris de 1763. Jamais sorti des réserves de France, celui-ci a voyagé dans un caisson sous haute sécurité vers Québec, où il a été présenté dans une formule Rares et précieux.

2017: Le musée a toujours intégré les nouvelles technologies dans sa muséographie, mais récemment il a aussi remporté un OCTAS (qui reconnaît l’excellence dans les technologies de l’information au Québec) pour sa plate-forme Les collections en ligne, inaugurée en 2017. Celle-ci donne accès à la totalité des collections patrimoniales de l’institution muséale. Avec son demi-million de résultats possible, elle est l’une des plus vastes bases de données au pays.

2018: Génération M, une nouvelle entité liée à la Fondation du Musée, est formée de neuf jeunes professionnels qui désirent s’impliquer en philanthropie. Ils organiseront leur première grande activité le 23 février, autour de la thématique d’Ici Londres, deux semaines avant la fermeture de l’exposition. D’ici là, ils cherchent à promouvoir le Musée et ses activités auprès des 18 à 35 ans via ses propres réseaux sociaux, qui seront lancés vendredi.

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QUELQUES EXPOSITIONS MARQUANTES

Souffrir pour être belle

«Ça interpellait beaucoup les gens», se souvient Agnès Dufour, qui s’occupe des relations publiques et des communications au Musée depuis plus de 20 ans. L’exposition cherchait à susciter une réflexion sur la recherche incessante de la beauté. «Cette originale démonstration porte sur le corps sculpté, moulé, peint, paré, manipulé, torturé par la recherche du paraître», écrivait Marie Delagrave dans nos pages, le 20 octobre 1988.

Diamants

Tout était hyper-sécurisé, souligne Mme Dufour à propos de l’exposition présentée en 2001. «On avait créé un coffre-fort central, pour les bijoux précieux. La reine Élisabeth nous avait prêté une broche de sa collection personnelle», raconte-t-elle. Les visiteurs pouvaient aussi y voir la tiare du pape Grégoire XVI, sertie de 16 000 diamants et pierres précieuses. Ils y apprenaient comment on extrayait, taillait et travaillait la précieuse pierre.

Rome

L’ambitieuse Rome. De ses origines à la capitale d’Italie, présentée en 2011 et 2012, a été la 3e plus achalandée de l’histoire de l’institution, attirant 63 000 visiteurs par mois. Le commissaire italien Giovanni Gentili y avait relevé le pari fou de présenter 2600 ans d’histoire de la ville de Rome, ce qui ne s’était jamais fait, même en Italie.

Pierre Gauvreau, j’espérais vous voir ici

On aurait pu nommer l’exposition Téléromans, Je vous entends chanter ou encore L’aventure cinéma, puisque le MCQ a toujours fait la part belle à l’identité et à la culture québécoise. En 2013, grâce à une importante donation, le musée a pu consacrer une exposition substantielle à l’artiste protéiforme qu’était Pierre Gauvreau. La vision et la vie du peintre, auteur de télévision et jardinier attentionné, permettaient de lire une page d’histoire sociale et artistique du Québec.

Hergé à Québec

L’exposition vedette de l’été 2017, Hergé à Québec, fût l’exposition la plus achalandée de l’histoire du Musée de la civilisation, attirant 84 100 visiteurs en moyenne par mois. Tintin au Pérou, plusieurs années auparavant, avait aussi connu un fort succès.