Rosalie Vaillancourt n’a pas peur des blagues qui décapent... ni de se plier aux concepts pas trop conservateurs du photographe du Soleil.
Rosalie Vaillancourt n’a pas peur des blagues qui décapent... ni de se plier aux concepts pas trop conservateurs du photographe du Soleil.

2019 vue par Rosalie Vaillancourt

L’environnement

Grande voyageuse devant l’éternel, Rosalie Vaillancourt a pris l’habitude de réduire son empreinte écologique en achetant des compensations carbone.

«Je prends l’avion vraiment souvent et je me suis questionnée sur ce que je pourrais amener de positif. Je me sens vraiment trop mal. J’avais compté une fois et j’avais fait quelque chose comme 100 000 kilomètres en un an. Je vais souvent en Asie parce que ma cousine habite là-bas. Et j’ai une amie qui était malade en Israël. Beaucoup de gens m’ont dit que j’aurais pu éviter de prendre l’avion. Moi, je me dis : “ton amie a le cancer, tu vas aller la voir, franchement!”»

En tournée en voiture hybride, l’humoriste voyage léger, essaie de manger local et fait ses demandes aux salles pour éviter le gaspillage ou l’eau embouteillée. «On essaie de faire une tournée verte», résume celle qui ne juge pas pour autant ceux qui ne sont pas prêts à faire ce genre d’efforts. «Je pense qu’à un certain âge, il y a des choses qui sont tellement acquises que tu ne peux pas te dire que ça va changer, indique-t-elle. J’essaie toujours de me mettre à la place des gens. Même quand c’est négatif. Par exemple, les gens racistes. Je les haïs, mais je comprends vraiment qu’ils ont peur...»

L'activiste du climat Greta Thunberg

La visite de Greta Thunberg

Quand l’activiste pour le climat Greta Thunberg a fait escale à Montréal, en septembre, Rosalie Vaillancourt s’est déplacée pour la voir. «Mais elle ne m’a pas vue, même si j’ai crié : GRETA, GRETA!» lance à la blague de sa voix haut perchée celle qui avoue trouver le phénomène «génial».

«Les gens devraient tellement être heureux que les jeunes s’intéressent autant au sujet.»

Aux détracteurs qui considèrent la jeune militante comme une marionnette, l’humoriste oppose la condition de la Suédoise, atteinte du syndrome d’Asperger. «Les gens Asperger ont souvent des passions, note Rosalie Vaillancourt. Elle, sa passion, c’est l’environnement. Les Aspergers ne sont pas des marionnettes. Leurs passions partent d’eux-mêmes. Moi, je trouve que c’est juste un génie. Et on devrait être content de voir des génies une fois dans notre vie.»

Le chef du NPD, Jagmeet Singh

La campagne électorale fédérale

«Moi, ce qui m’intéressait beaucoup dans la campagne, c’était l’agriculture. Je trouve qu’ils n’en ont pas beaucoup parlé. Ni d’environnement, même s’ils en ont parlé plus. J’ai trouvé ça flou comme campagne. Mais j’ai trouvé intéressant qu’un des dirigeants porte un turban. Je pense que ç’a ouvert l’esprit à plein de monde. Ou peut-être pas. Peut-être que ça lui a nui cette année, mais on verra dans l’avenir.»

Et les blackfaces de Justin Trudeau?

«Je me suis mise à sa place. Tu ne sais pas ce qui va arriver dans 15 ans. Il y a 15 ans, il y avait des choses qui étaient acceptables et qui ne le sont plus aujourd’hui. Pour ceux qui sont fâchés pour ça, je comprends que c’est fâchant. Mais je ne pense pas que tant de gens ont été fâchés. Je pense que ç’a été un faux débat.»

La députée solidaire Catherine Dorion

Le coton ouaté de Catherine Dorion

Pendant que l’Assemblée nationale était en émoi à cause du coton ouaté de la députée solidaire Catherine Dorion, Rosalie Vaillancourt gardait un œil sur le dossier.

«Mets-en! lance-t-elle. Moi, je porte toujours une petite jupe sur scène. Je me mets tout le temps chic. Ça, c’est mon choix. Dans mon industrie, ce sont plus les filles qui devraient porter un coton ouaté pour qu’on se concentre sur ce qu’elles disent plutôt que sur leur corps. Moi, j’ai fait l’inverse. Je me suis dit : “j’aime ça mettre de petites jupes et de petits t-shirts, alors je vais le faire. Même si c’est un peu plus moulant”. J’ai eu mon droit d’avoir accès à ce que je voulais porter. J’aimerais ça qu’elle aussi elle puisse l’avoir.»

Les politiciens qui veulent rouvrir le débat sur l’avortement

«C’est malade mental. Je pensais que c’était un droit acquis. Je ne peux pas croire qu’on en reparle. Moi, j’allais défendre ce qui se passait dans d’autres pays : “man, c’est atroce ce qui arrive au Brésil. Pauvres femmes”. Je n’en reviens juste pas que ce soit notre pays qui en reparle.»

Indépendantiste ou pas?

«Ouais. Mais peut-être moins maintenant. Je pense qu’on a vraiment de gros problèmes à régler avant. Il y a des gens aussi qui sont nostalgiques de l’époque où on avait un projet. Moi, mon projet, ça ne serait pas lui en premier. [Ça serait de] faire en sorte que l’immigration au Québec ne soit pas un problème. Ça serait de prévenir au lieu de guérir. Il faudrait faire des interventions pas seulement auprès des gens qui arrivent, mais aussi auprès des gens qui sont déjà ici. C’est sûr qu’il va y avoir des tueries si les gens ne sont pas préparés mentalement à ce qu’il y ait des gens d’ailleurs qui arrivent...»

Le fameux crucifix de l'Assemblée nationale

Le débat sur la laïcité

«Ça fait longtemps que les gens réclamaient la laïcité dans les écoles. Pourquoi ça ne serait pas la même chose à l’Assemblée nationale? Moi, j’adore la religion catholique. Au point que j’ai un tatouage de Jésus. C’est un Jésus transformé, il y a des références autochtones dedans. J’ai fait des camps religieux quand j’étais jeune et j’ai eu full de fun. Mais je trouve que ça n’a vraiment pas rapport avec la politique. Ce n’est pas notre histoire. Notre histoire, c’est plus que ça. Si c’est vraiment ça notre histoire, pourquoi les gens ne donnent-ils pas plus d’argent aux églises qui sont toutes en train de fermer, parce qu’elles ne sont pas restaurées? Si vraiment ça vous tient à cœur, mettez votre argent dans les églises. Moi, je ne suis pas catholique. En tant que personne laïque, je trouve que ça fait un peu archaïque, un peu vieux jeu. Mais j’adore Jésus, c’est un cool guy