Chronique

District 31 ébranle ses fans

CHRONIQUE / Vaut mieux vous prévenir : si vous n’avez pas vu l’épisode de lundi de District 31, gardez cette lecture pour plus tard. J’étais sans voix, jeudi dernier, quand le générique silencieux de la quotidienne a commencé à défiler. «Il a pas fait ça?» me suis-je dit en pensant au cruel (mais très habile!) auteur Luc Dionne. Alors qu’on s’est demandé durant des mois si Nadine (Magalie Lépine-Blondeau) avait survécu au coup de feu de son ex, et qu’on l’avait retrouvée bien en vie à la rentrée de septembre, voilà qu’on nous l’enlève pour de bon.

Dans les minutes et les heures qui ont suivi, j’ai reçu un déluge de messages de téléspectateurs, qui menaçaient de ne plus jamais regarder l’émission. Pas notre Nadine! Productrice et script-éditrice de District 31, Fabienne Larouche avait brandi la même menace quand on a tué Ned Stark, personnage principal de la première saison du Trône de fer, mais n’a manqué aucun épisode depuis. «On écoute une série pour être touché, ému, avoir peur. Sinon, le téléspectateur s’endort», rappelle-t-elle, consciente que ce choix de scénario allait créer l’émoi.

La productrice a d’ailleurs convoqué la presse lundi matin pour présenter les quatre épisodes de cette semaine, réalisés par Catherine Therrien. Et je dois dire qu’ils sont particulièrement touchants et bien ficelés. Vincent-Guillaume Otis et Gildor Roy y sont absolument bouleversants.

District 31 souffrira-t-elle de la disparition d’un de ses personnages pivots? Parce que les gens aimaient beaucoup Nadine, moi le premier. Et est-ce que le personnage de Luc Picard disparaîtra à la fin de la saison, comme c’était prévu au départ pour l’enquêteur vedette de la série? Pas sûr de faire confiance à ce Jeff Morin, qui semble jouer sur deux tableaux. À suivre. Un nouveau lieutenant sera nommé pour prendre la relève de Nadine, parmi le personnel déjà en place.

Si ça peut vous réconcilier un peu avec l’auteur, vous constaterez que Nadine n’est pas morte sans raison. Laurent Cloutier (Patrick Labbé), vers qui tous les yeux se tournent, pourrait-il y être pour quelque chose? Plusieurs hauts gradés redoutaient le témoignage prochain de Nadine à la commission d’enquête portant sur les événements qui ont ébranlé l’état major de la police l’an dernier. Plus d’un ont des raisons de lui en vouloir. Au point de provoquer sa mort? L’auteur en a pour des mois à éclaircir le mystère. Orchestrer un accident avec autant de précision ne peut être l’affaire d’amateurs.

Musique

La batterie à l’honneur

Pour une deuxième année consécutive, le Palais Montcalm vibrera au rythme du Drum Fest Ralph Angelillo. Les 21 et 22 octobre, plus d’une quinzaine de batteurs, dont plusieurs de renommée internationale, défileront derrière leurs fûts et manieront les baguettes, dont Ray Luzier (Korn), Steve Smith (Journey) et Clayton Cameron (Tony Bennett).

Les plus âgés ont peut-être connu Ralph Angelillo à l’époque où il martelait sa caisse claire pour les Megatones. S’il a quitté l’aventure en 1964 pour se diriger du côté de l’imprimerie, sa passion pour la batterie est demeurée intacte. C’est ainsi qu’il a coproduit le Drum Fest de Montréal de 1993 à 2014 avant d’abandonner l’aventure et de revenir vivre à Québec, sa ville natale. Une visite du Palais Montcalm a cependant ravivé la flamme en lui...

«Je me suis informé pour la location, raconte-t-il. [...] Avec une salle comme le Palais Montcalm, tu ne peux pas te tromper!»

Angelillo, qui a aujourd’hui 73 ans, a donc mis son expérience et ses contacts à profit pour mitonner un premier Drum Fest international auquel il a apposé son nom, en 2016. Et l’aventure a suffisamment fonctionné pour qu’il décide d’y donner suite... et mettre sa retraite en veilleuse!

«Je le fais parce que ça me passionne, mais c’est beaucoup de travail, concède-t-il. Je n’ai pas pris de vacances à cause de ça...»

Autant d’approches que de musiciens

Le public visé est d’abord les musiciens de tous les âges, actifs ou non — une importante délégation du Cégep de Drummondville est notamment attendue —, mais Angelilo se plaît à souligner qu’en plus du côté «atelier» de certaines interventions et de la possibilité de rencontrer les musiciens, le Drum Fest est l’occasion de véritables performances. 

Steve Smith, de Journey, sera présent en trio avec Tony Monaco à l’orgue Hammond B3 et avec Vinny Valentino à la guitare. Joey Heredia (Stevie Wonder) sera également là avec trois musiciens et un chanteur, en plus d’être rejoint par le percussionniste Fausto Cuevas III, aussi complice de Stevie Wonder, qui se produira en duo plus tôt dans la journée.

Comme la batterie n’est pas qu’une affaire d’homme, la gent féminine sera représentée par deux artistes, qui n’ont rien à envier à leurs pairs : la Québécoise Emmanuelle Caplette, ainsi que la Torontoise Sarah Thawer.

Bien sûr, il y aura autant d’approches qu’il y aura de musiciens invités, qu’ils soient d’ici, comme Olivier Savoie Campeau et Sonny Tremblay ou d’ailleurs, comme le Belge Michael Schack, spécialiste de la batterie électronique V-Drums.

Le Drum Fest se tiendra les 21 et 22 octobre, de 11h à 19h30.  Entrée : 66 $ pour une journée, 112 $, pour les deux journées.

Arts

Kim Cattrall dit un non définitif à Samantha

Kim Cattrall persiste et signe. Elle ne veut rien savoir d’un troisième film Sexe à New York.

Sarah Jessica Parker a déclaré la semaine dernière qu’une suite était prévue, mais que Kim Cattrall avait bloqué l’idée, voulant que la maison de production finance l’un de ses projets en échange de sa participation. Cattrall a vertement nié cette affirmation avançant que son refus de participer remontait à 2016.

«C’est quand même incroyable d’avoir de la presse négative ou me faire dire que je suis exigeante ou une diva alors que j’ai dit non au projet il y a près d’un an. C’est pour ça que je me fais un devoir de dire aux gens de Sexe à New York, et spécifiquement à Sarah Jessica Parker, que je pense qu’elle aurait pu être plus gentille.» 

Ce n’est un secret pour personne que les deux actrices sont à couteaux tirés depuis des années. Cattrall admet qu’elle n’a pas eu de nouvelles non plus de Kristin Davis et de Cynthia Nixon depuis le tournage du deuxième opus. 

À un admirateur qui la suppliait sur Twitter de reprendre son rôle, Cattrall a répondu : «J’ai joué Sam pendant 20 ans. Je suis passée à autre chose. Vous devriez faire la même chose.» Que les nostalgiques se le tiennent pour dit! 

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Cinéma

Bjork harcelée au cours d’un tournage

REYKJAVIK — La vedette islandaise de la pop Bjork a révélé dimanche avoir été harcelée sexuellement au cours d’un tournage par un réalisateur, précisant que les témoignages qui affluent dans la foulée de l’affaire Weinstein l’avaient incitée à en parler.

«Comme je repoussais à maintes reprises le réalisateur, il boudait et me punissait et donnait à son équipe l’impression que j’étais la personne à problèmes», a-t-elle raconté sur Facebook. Bjork, 51 ans, n’a pas révélé le nom de son harceleur, ni le film en question, mais a fait état d’une «équipe d’une dizaine de personnes qui a permis et... encouragé» son attitude. 

La chanteuse, qui évoque ces faits pour la première fois, a expliqué avoir été «inspirée par les femmes qui partout s’expriment en ligne» à propos des agressions sexuelles dont elles ont été victimes. 

«J’ai pris conscience que le fait qu’un réalisateur puisse toucher et harceler ses actrices à volonté et que l’institution du cinéma le permette était universel», a-t-elle ajouté.

La chanteuse a écrit ce message au moment où s’accumulent les témoignages d’actrices accusant le producteur américain Harvey Weinstein d’agressions sexuelles.

Bjork a précisé que cet évènement n’avait pas compromis sa carrière car, a-t-elle souligné, elle n’avait pas «d’ambitions» dans le monde du cinéma. Mais elle s’est «inquiétée» pour les autres actrices qui travaillaient avec le même metteur en scène. 

RICHARD THERRIEN

Dan Bigras atteint d'un cancer colorectal

BLOGUE / On sent toujours l'écorché vif en Dan Bigras. Mais on sent aussi le courage. Au terme d'une entrevue déjà fort touchante, Guy A. Lepage a révélé à «Tout le monde en parle» que le chanteur était atteint d'un cancer colorectal, et qu'il devait subir une opération le lendemain de l'enregistrement.

Bonne nouvelle: l'opération a été un succès, a annoncé Dan Bigras sur Twitter. Le cancer en est à un stade 2, c'est sérieux, mais il attaque sa maladie avec confiance. «J'ai pas eu des faces de carême qui sont venues m'annoncer que je serais mort dans trois semaines, faut dédramatiser un petit peu.» Son foie n'est pas encore atteint, ce qui est bon signe. S'il le faut, il y aura chimiothérapie de prévention.

Des accès de fièvre et du sang lui ont fait douter qu'il y avait quelque chose. «C'est un coup de luck d'avoir eu cette douleur-là, j'ai été chanceux, ils ont trouvé vite.» Il a dû annuler le lancement de son livre et de son disque, mais tient à son traditionnel Show du refuge, qui aura lieu tel que prévu. «Même si ça tourne mal, je vais quand même avoir un bon moral, parce que maintenant, c'est ça que j'ai depuis longtemps. Je suis heureux d'être au monde», a-t-il dit en toute franchise.

«Je vous ai rien caché, je vous ai tout dit», a ajouté le chanteur, qui venait de parler de sa biographie et d'une compilation, Le Temps des seigneurs. Il est revenu sur son enfance difficile, avec une mère souvent méchante, et un père qui le battait. Jusqu'à ce qu'il lui promette de ne plus lever la main sur lui. «Mon père a tenu promesse», dit-il.

Bigras a quand même quitté la maison à 16 ans, se retrouvant dans la rue en plein hiver. La musique l'a en quelque sorte sauvé. Jouant du piano dans un bar, quatre spectatrices se sont approchées de lui et le propriétaire a décidé de le garder. Il s'en veut encore pour la mort de son frère, qu'une relation trouble liait à leur père. «Je crois qu'il y a eu des attouchements sexuels», laisse-t-il tomber, précisant qu'il n'a aucune preuve de ce qu'il avance.

La carte du fou du roi: «Le vrai courage, la vraie légende, c'est pas le Dodge RAM, c'est notre grand Dan.»

Robert Charlebois souffre encore, une semaine après avoir été attaqué par une guenon, sur le plateau de Salut les Terriens en France. Sa côte fêlée l'empêche de chanter, et il craint de devoir annuler des spectacles. Si c'est le cas, la télé française devrait recevoir la facture.

Honoré bientôt par la SOCAN pour l'ensemble de sa carrière et pour la chanson Lindberg, il rêve encore d'écrire la chanson parfaite. Il trouve les chansons d'aujourd'hui «d'une pauvreté harmonique», «beaucoup à cause du rap, où y'a peu de mélodie», s'est-il risqué à dire, avant d'ajouter qu'il respectait ce style musical.

Honoré que Céline Dion reprenne Ordinaire à sa façon, il aurait aimé assister à l'enregistrement à Las Vegas, pour prodiguer de petits conseils de prononciation à la chanteuse. Réjean Ducharme lui a écrit de grandes chansons, et Charlebois a souhaité jusqu'à sa mort qu'il lui en écrive d'autres.

Il défend sa décision d'avoir vendu J't'aime comme un fou pour deux pubs qui ont beaucoup tourné cet été. «C'est la seule façon de rentabiliser des chansons aujourd'hui. Sinon, c'est la mort de la chanson française.» Sa pire chanson en carrière? «Ah j'en ai tellement des mauvaises. Une que j'avais fait sur Jean-Paul II. [Pape Music] (…) Ça, ça tourne jamais, même aux postes religieux.»

Après quatre ans d'absence, Carla Bruni effectue un retour à la musique avec French Touch, un album de reprises d'ABBA, des Rolling Stones, AC/DC, entre autres. Apolitique avant d'épouser Nicolas Sarkozy, Carla Bruni parle de ses années à l'Élysée comme d'«une période formidable», mais profite aujourd'hui de sa liberté de parole. «J'avais peur de dire une bêtise. Maintenant, je suis plus relax. [J'avais peur de] porter préjudice à mon mari et de faire honte à mon pays, vous imaginez?» Où en est-elle dans ses idées politiques? «Nulle part», a-t-elle répondu. «Pour moi, la politique c'est mon homme, et stop. Quand il fait pas de politique, c'est stop. Alors, bien sûr je vote. Mais ça, c'est personnel.»

On croyait que ça n'arrivait que dans les soaps américains, mais 2% des chercheurs scientifiques admettent avoir falsifié ou fabriqué des données. Selon l'enquête très fouillée de ma collègue de La Presse, Marie-Claude Malboeuf, près d'une centaine de scientifiques canadiens ont été sanctionnés depuis cinq ans, et 13 d'entre eux auraient fraudé, fabriqué ou truqué des résultats. Ça va du plus sérieux au plus farfelu: cochons volants, extraterrestres responsables d'épidémies, traitements bidons contre le cancer.

Les dommages peuvent être immenses, si d'autres chercheurs font confiance à ces études complètement fausses. Pour financer leurs projets, les scientifiques doivent souvent publier leurs études, et sont tentés d'embellir les choses. Spécialiste de la bioéthique, Bryn Williams-Jones, ne croit pas que de dévoiler au grand jour ces menteurs parviendraient à régler le problème. Il n'y a pas de police pour les universités, qui enquêtent sur elles-mêmes, malgré le conflit d'intérêt.

On ne peut pas vraiment donner de gagnant dans ce premier débat entre les deux principaux candidats à la mairie de Montréal, Denis Coderre et Valérie Plante, qui se sont tiré la pipe durant toute l'entrevue. M. Coderre n'a encore jamais voulu révéler le nombre de billets vendus à la Formule E, qui a fait rager les Montréalais cet été. On le saura «après les élections», a ironisé Valérie Plante. Celle-ci défend bec et ongle sa ligne rose et ses 29 nouvelles stations de métro, qui coûteraient 6 milliards. «Dix milliards», oppose Coderre.

Guy A. a voulu s'assurer que, si elle est élue, Valérie Plante n'appliquera pas la médecine du conseiller Luc Ferrandez au reste de Montréal, comme «le déneigement à chaque année bissextile» sur le Plateau Mont-Royal, a-t-il blagué. Mme Plante a rappelé que le quartier est la troisième destination visitée par les touristes. «C'est moi la chef de Projet Montréal, c'est pas Luc Ferrandez», a-t-elle souligné.

Dans son imposant livre, The Art and Soul of Blade Runner 2049, qui regorge de photos, Tanya Lapointe dévoile les coulisses et plusieurs secrets sur le film de son conjoint Denis Villeneuve, qu'elle a assisté à toutes les étapes. Le réalisateur a choisi jusqu'à chacun des figurants, scène par scène, alors qu'il y en avait jusqu'à 400 sur le plateau. L'ancienne chroniqueuse culturelle de Radio-Canada prévient qu'il vaut mieux avoir vu le film avant de lire le livre, qu'elle voit comme «une extension» de son ancien travail.

En plus de raconter une conversation à table avec Mick Jagger, elle est revenue sur l'affaire Harvey Weinstein, qui ébranle le monde du cinéma. Elle a appris qu'une amie a dû subir les mains baladeuses du personnage, dont les victimes se dévoilent les unes après les autres. «Il y aura un avant Harvey Weinstein, et un après. C'est mon souhait», affirme Tanya Lapointe, convaincue que «ça se passe aussi chez nous».

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Cinéma

Woody Allen «triste» pour Harvey Weinstein

LONDRES - Woody Allen s’est dit dimanche «triste» pour Harvey Weinstein, accusé de viols, agressions ou harcèlement sexuels, et a jugé «tragique» la situation des femmes qui se déclarent victimes des agissements du producteur américain.

«Toute l’affaire Harvey Weinstein est très triste pour tout le monde», a déclaré le réalisateur américain dans une entrevue à la BBC.

«C’est tragique pour les pauvres femmes qui se sont retrouvées impliquées, triste pour Harvey dont la vie est tellement bouleversée», a-t-il ajouté.

«Il n’y a pas de gagnants là-dedans, c’est juste très, très triste et tragique pour ces pauvres femmes qui ont dû traverser tout ça», a déclaré Woody Allen.

Le réalisateur avait été accusé dans les années 90 d’avoir agressé sexuellement sa fille adoptive Dylan Farrow lorsqu’elle était enfant. Un juge et les services sociaux avaient conclu que ces accusations, au moment d’une bataille judiciaire pour la garde des enfants de Woody Allen et Mia Farrow, étaient «non concluantes».

Mais l’affaire avait ressurgi en 2015 avec une lettre ouverte de Dylan Farrow dans le New York Times, où elle avait réitéré ses accusations, qualifiées par Woody Allen de «fausses et honteuses».

L’an dernier, c’était au tour du journaliste Ronan Farrow, fils du cinéaste, de publier une tribune dans The Hollywood Reporter pour dénoncer le silence des médias sur le passé de son père en raison de son statut de réalisateur vedette.

Ronan Farrow est l’auteur de l’un des articles, paru dans le New Yorker, qui a révélé l’affaire Weinstein.

Mise en garde

Harvey Weinstein et Woody Allen ont travaillé ensemble, mais le réalisateur a assuré à la BBC ne pas avoir été au courant des comportements qui sont reprochés au producteur.

Théâtre

Cinq questions à... Véronika Makdissi-Warren

En 2015, le temps d’une soirée carte blanche présentée au Cercle, la comédienne et metteure en scène Véronika Makdissi-Warren avait eu l’idée de confier à des comédiens d’âge mûr des textes généralement portés par de jeunes interprètes. Avec CHSLD — pour Centre d’humbles survivants légèrement détraqués —, voilà qu’elle inverse une nouvelle fois les rôles en laissant des plus jeunes se glisser dans la peau d’aînés aux fins d’une incursion clownesque dans une résidence pour personnes âgées.

1 Vous dites vous-même préférer dire le titre du spectacle au long parce que l’acronyme CHSLD est un peu «tristounet». Vous y trouvez quand même matière à rire?

On le traite de façon très humaine, mais on rigole. Pas des vieux, mais avec eux. […] C’est la vie qui continue et on va tous passer par là. Il y a là quelque chose de profondément humain. Ce sont des êtres qui ont encore envie d’avoir des sensations, des sentiments envers quelqu’un d’autre. Il y a de belles histoires, aussi. On entend beaucoup parler, dans les nouvelles, des mauvaises histoires. Mais il y en a de belles. Et c’est ça que je veux montrer. Il n’y a rien de déprimant dans le spectacle. On rit. On peut pleurer un peu aussi… Mais on rit. C’est comme dans les films de Charlie Chaplin. Tu rigoles et soudainement, il y a quelque chose qui vient te prendre au cœur parce que c’est la vie et que ça nous ramène à nos propres histoires. 

2 CHSLD est-il un spectacle muet?

Il y a quelques paroles, mais il n’y a pas beaucoup de texte. Il y a beaucoup plus de didascalies dans nos documents! C’est du jeu physique, c’est vraiment du comique de situation. […] C’est de voir cette vie commune obligée qui ressemble un peu à une cour d’école. Il y a les petits jeux, les petites jalousies… Mais en même temps, il y a l’entraide qui peut se faire dans un moment difficile. Ce n’est pas loin de l’enfance et c’est pour ça aussi que ce n’est pas loin du clown. Le clown, c’est très naïf. 

3 Dans quelle mesure vous êtes-vous documentée dans de vrais CHSLD?

J’ai un papa qui est dans une résidence depuis plusieurs années. Et oui, je suis allée voir mon oncle et ma tante. Ce sont des choses qui me restent. Je n’y suis pas allée en me disant : «Qu’est-ce que je pourrais mettre en scène?» Ce sont plutôt des sensations, des souvenirs, des impressions. En même temps, on le sait ce qui se passe dans un CHSLD : il faut qu’ils prennent leurs pilules, qu’ils mangent, qu’ils aillent aux toilettes. Cette routine-là, je l’utilise. C’est de prendre le vrai et de le rendre plus théâtral. On s’attache à eux. Le décor est fait pour que ce soit eux les vedettes. On ne voit pas ça souvent, des personnes âgées vedettes d’un spectacle. Et on a notre préposé, aussi. C’est notre maître de piste. C’est le Monsieur Loyal du cirque. Il déménage tout, il les fait bouger. Tous les événements passent par lui. Le monde extérieur aussi. Parce que les autres personnages sont confinés à leur salon. 

4 Qu’est-ce qui vous plaît dans le langage clownesque?

J’aime comment les procédés comiques qui sont utilisés depuis belle lurette sont encore drôles aujourd’hui. Ce sont les mêmes procédés qu’on traficote d’une autre façon et on est encore surpris. Quand il y a en plus une petite cascade ou une chose qui nous fait dire : «Mon Dieu, comment ils ont fait ça?» moi, ça m’allume comme spectateur. Je redeviens comme un enfant. J’aime la magie du théâtre faite maison : des effets produits par les acteurs, pas par une vidéo, par exemple. Pour moi, c’est ça la force du théâtre, quand un acteur fait jaillir une image qui, tout d’un coup, devient très claire. Et j’aime être surprise et rigoler au théâtre. Je dis souvent que les comédiens sont des funambules. La ligne [qu’on peut traverser et] devenir trop grossiers ou caricaturaux est mince. On se promène entre la comédie et le drame constamment. J’adore avoir plein de sensations. Pas juste me dire : «Je vais voir une comédie». J’aime ressortir et avoir quelque chose qui continue chez moi.

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Télé et radio

Le Cirque Alfonse: une famille complètement cirque

«C’est un sujet en or», s’est dit Christian Lalumière lorsque Pixcom lui a proposé de réaliser une série documentaire sur le Cirque Alfonse. Il a suivi la troupe québécoise à Londres, où elle présentait son cabaret électro-trad Barbu, puis dans les coulisses de leur plus récent spectacle, «la messe à gogo surréaliste» Tabarnak.

Le réalisateur avait déjà réalisé les documentaires Danser !, sur le milieu du ballet, et La boîte à musique, pour lequel il a suivi les activités de la maison de disques Grosse Boîte/Dare To Care qui représente des artistes comme Cœur de Pirate et les Sœurs Boulay.

Cette fois, il intégrait un groupe de créateurs, mais surtout une famille. «Tout le projet du Cirque Alfonse est né du désir de faire quelque chose en famille. C’était naturel d’aller dans cette lignée. Souvent, on présente des familles dysfonctionnelles, mais là on avait une famille unie, avec le noyau des Carabinier Lépine et la troupe, qui devient un peu une famille élargie», indique Christian Lalumière.

Sa toute petite équipe (un cameraman, un preneur de son et lui-même) se sont facilement greffer au clan pour vingt-cinq jours de tournage, étalés sur un an. «Ça me permettait d’avoir du temps pour observer, mais nous avions plusieurs affinités qui facilitaient les choses. Julie, Antoine et moi avons à peu près le même âge et des cheminements qui se ressemblent, je suis arrivé par la réalisation par le jeu [dans Radio Enfer, notamment] et mon père avait une petite pharmacie pour rester près des gens, où ma mère faisait la comptabilité», indique le réalisateur.

Entre les incontournables entrevues, saisies toutefois sur le vif, Lalumière a laissé parler les images qui montrent, parfois mieux que le mots, tous les paramètres qui interviennent dans la vie de tournée en famille. «J’aime beaucoup aller puiser dans mes références en fiction, filmer à la Parenthood ou à la This is us, pour permettre au téléspectateur de déchiffrer des choses dans le visuel», précise-t-il.

On verra par exemple comment Julie retrouve son équilibre pendant la création, après un congé de maternité et comment le patriarche affrontera la perspective de la retraite après la dernière de Timber !, qui célèbre les dix ans de la compagnie. Le réalisateur a aussi pris soin de laisser la parole aux enfants, qui ont leurs moments à la caméra.

Le côté cirque ajoutait la petite touche de magie à ce conte familial. «On parle du cirque de l’intérieur, on voit comment ils créent dans la grange près de la maison familiale, à Saint-Alphonse-Rodriguez, comment leurs idées évoluent», indique le réalisateur.

Il a intégré la musique de David Simard, qui travaille avec le cirque Alfonse depuis ses débuts, et a intégré l’imagerie des spectacles. «Le rapport au bois, à la mémoire, au patrimoine inspirait une image un peu jaunie, comme dans un album de famille», souligne-t-il.

Cirque Alfonse : une affaire de famille sera présenté les mercredis à 19 h 30 à partir du 18 octobre, sur ARTV.

Cinéma

«Bonne fête encore» détrône «Blade Runner» 2049 au box-office

LOS ANGELES — À l’approche de l’Halloween, le nouveau film d’épouvante Bonne fête encore (Happy Death Day) s’est directement invité en tête du box-office nord-américain pour sa première fin de semaine en salles, reléguant à la seconde place Blade Runner 2049, selon les chiffres provisoires publiés dimanche par Exhibitor Relations.

Produit par Jason Blum, derrière les sagas de Paranormal Activity, Bonne fête encore raconte l’histoire de Teresa, une jeune étudiante, interprétée par Jessica Rothe, découvrant qu’elle revit inlassablement la même journée, qui s’achève par sa mort brutale, poignardée par un psychopathe masqué.

Le film, qui est dirigé par Christopher Landon avec comme autres acteurs Israel Broussard et Ruby Modine, a généré 26,5 millions $ pendant les trois jours de la fin de semaine.

Blade Runner 2049, la suite du film culte de Ridley Scott avec Harrison Ford et Ryan Gosling, dont l’histoire se déroule trois décennies après les événements du premier film, a récolté 15,1 millions $ et 60,5 millions pour ses deux premières semaines.

Il devance à la troisième place L'Étranger (The Foreigner), un nouvel entrant dans le classement. Ce thriller anglo-chinois de Martin Campbell avec Jackie Chan et Pierce Brosnan met en scène un petit propriétaire de restaurant de Chinatown à Londres qui va tenter de retrouver les terroristes irlandais responsables de la mort de sa fille. Il a obtenu 12,8 millions $ pour sa première fin de semaine sur les écrans.

Le film d’horreur Ça, adapté d’un livre du maitre de l’horreur Stephen King, retombe au quatrième rang avec 6,05 millions $, soit 314,9 millions en six semaines.

La Montagne entre nous, de Hany Abu-Assad, est à la cinquième place du classement avec 5,6 millions de recettes et 20,5 millions au total depuis sa sortie. Le film raconte l’histoire de deux inconnus — Kate Winslet et Idris Elba — qui tentent de survivre après l’écrasement de leur petit avion au milieu d’une chaîne de montagnes enneigées.

Musique

Patrick Zabé vit au maximum

Patrick Zabé, né Jean Rusk, a été une figure marquante de la musique populaire des années 60 et 70. À l’exception d’un intermède de six mois, le p’tit gars de la paroisse Saint-Malo n’a jamais quitté Québec. C’est ici qu’il a connu une carrière florissante en affaires avec ses magasins Zabé Jeans. À bientôt 76 ans, malgré la maladie de Parkinson qui l’afflige, l’interprète des chansons à succès Agadou et Senor Météo continue à faire courir les foules avec la tournée des Idoles.

De son magnifique condo, qui domine le jardin Jean-Paul L’Allier, dans le quartier Saint-Roch, Patrick Zabé peut contempler un endroit important de sa carrière artistique. C’est là, juste au coin du boulevard Charest et de la Couronne, près de l’édifice du Soleil, que tout a commencé pour lui, le 16 octobre 1967, au cabaret Le Coronet.

«J’avais chanté Loin de vous [l’adaptation française d’Only You, des Platters]. J’avais appris la version d’Eddy Mitchell», se remémore-t-il, attablé dans son vaste appartement, richement décoré de meubles antiques et de toiles. 

Tout de suite en sortant de l’ascenseur, une toile peinte par le chanteur montre son fils Jean-Patrick à la batterie. Sur la table du salon, un exemplaire de la revue Clin d’œil où apparaît en page couverture sa fille Kim Rusk, animatrice à Canal Vie. La famille n’est jamais loin dans la vie de Patrick Zabé.

Si ce n’était de son ton de voix plutôt faible et de quelques hésitations à trouver le bon mot, rien n’indique que le chanteur vit avec la maladie de Parkinson depuis une dizaine d’années. Aucun tremblement chez lui. Sa posture voûtée découle d’une opération subie au début de l’année pour remédier à une compression cervicale imputable à l’arthrose. «Je suis tellement fâché, lance-t-il. Ça avance pas comme je le voudrais»

«Il ne parle pas fort, mais quand il se met à chanter, la voix est trois fois plus forte, c’est impressionnant», enchaîne sa conjointe Mona Gaumond, sans doute sa plus grande admiratrice, qui partage sa vie depuis 35 ans. La semaine précédant l’entrevue, le couple revenait d’une tournée des Idoles au Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, en compagnie de Michèle Richard, Les Milady’s, Jenny Rock et Bruce Huard (Les Sultans).

Agadou-dou-dou

Chaque soir, c’est lui qui clôt le spectacle avec les populaires Le téléfon, Je bois de l’eau au lit et, bien entendu, l’incontournable ver d’oreille Agadou-dou-dou, où l’ananas pousse et le café se fait moudre…

«J’avais entendu la chanson dans un club Med, en Martinique. En débarquant de l’avion, je suis allé voir Guy Cloutier, mon gérant dans le temps, et René Angelil. Ils m’ont dit que ça allait être la toune de ma vie. Moi, j’avais des petites réserves, mais ils ont tellement insisté. Faut croire qu’ils ont eu raison. Beaucoup de monde a critiqué cette chanson, mais c’est quand même celle qui est restée.»

N’est-il pas un peu tanné de la chanter après toutes ces années? «Arrive un moment où tu ne veux plus la faire, mais quand les gens la réclament à ce point-là…» Et Mona de montrer une plaque commémorative soulignant les 125 000 exemplaires (45 tours) vendus en 1974, preuve de cet indéniable engouement.

D’une fois à l’autre, sa compagne n’en revient pas de l’accueil que la foule réserve à son amoureux. «La dernière année qu’il vient de passer avec les Idoles, c’est le top. Les salles sont pleines. Les gens pleurent, l’applaudissent, ça finit plus. Les signatures d’autographes après le spectacle durent une heure et demie.»

Appelez-moi Patrick…

Très tôt, vers l’âge de 10 ans, le talent du jeune Jean Rusk pour le chant attire l’attention de son entourage. «À l’église, c’est souvent moi qui chantais les cantiques de Noël», rappelle-t-il.

C’est sous l’influence de son frère Bob qu’il monte sur scène, dans la paroisse Saint-Malo. Il est appelé à prendre la relève d’un musicien dans un groupe. Son père travaille alors comme caléchier dans le Vieux-Québec. C’est l’âge d’or des salles de danse, cha-cha-cha, mambo, rumba et compagnie. On le retrouve ensuite, parti sur la route du succès, avec Les Doyens, appelé à devenir La bande à Zabé. Sa rencontre avec son futur gérant, Guy Cloutier, donnera un nouveau souffle à sa carrière.