Arts

La présumée victime de Kevin Spacey craignait qu'il ne recommence

NEW YORK - L'acteur Anthony Rapp dit avoir révélé les allégations d'inconduite sexuelles contre Kevin Spacey, car il craignait que ces agressions présumées «se poursuivent» s'il restait silencieux. Le jeune homme a fait ces commentaires sur le tapis rouge de la deuxième saison de la série «Star Trek Discovery», mardi, à New York. Il espère avoir contribué à «changer la culture».

M. Rapp allègue que l'acteur lui avait fait une avance sexuelle non désirée lors d'une fête en 1986. Il avait 14 ans et Kevin Spacey avait 26 ans. L'adolescent avait consulté un avocat à l'époque, mais aucune accusation n'avait été déposée.
L'incident avait refait surface en 2017, lorsqu'une vague d'allégations d'inconduite sexuelle contre le puissant producteur Harvey Weinstein a commencé à déferler.

Kevin Spacey avait répondu qu'il ne se souvenait pas d'une telle rencontre, mais s'était excusé si les allégations étaient vraies.


Plus d'un an plus tard, M. Rapp est fier d'avoir pris la parole. «Je sais que c'est quelque chose qui nécessite une progression continue et je vais continuer à faire de mon mieux pour faire partie de cette avancée, a-t-il déclaré. J'étais juste préoccupé par le fait que cela pourrait continuer, alors si je pouvais faire quelque chose qui pourrait faire une différence, j'étais impatient de le faire.»

La covedette du film «Star Trek Discovery», Wilson Cruz, croit que M. Rapp fait preuve d'humilité.
«Ce qu'il a fait était incroyablement courageux et il a vraiment permis à d'innombrables hommes à raconter leurs histoires», a-t-il soutenu.

«Vous savez, on entendait beaucoup d'histoires de femmes et ces histoires sont importantes à raconter. Mais il y a beaucoup de stigmatisation entourant les hommes maltraités, les hommes abusés sexuellement et le harcèlement sexuel contre les hommes. Il a fallu une personne courageuse pour pouvoir commencer cette discussion.»

Plus d'une douzaine de victimes présumées se sont manifestées à la suite de la prise de parole de M. Rapp. Dans la foulée de ce scandale, Kevin Spacey avait perdu son rôle dans la populaire série «House of Cards».

Plus tôt ce mois-ci, M. Spacey avait été accusé d'attentat à la pudeur et de voies de fait relativement à un incident qui serait survenu dans un bar de Nantucket en juillet 2016. Le plaignant était âgé de 18 ans à l'époque. Kevin Spacey a plaidé non coupable.

Arts

Exclu à cause de «dreads»: la liberté sur scène existe encore, dit Zach Poitras

MONTRÉAL — L’humoriste Zach Poitras n’estime pas comme certains qu’»on ne peut plus rien dire en 2019», mais s’en prend aux opinions aux deux extrêmes qui ont déferlé après la mise au jour de la controverse l’ayant impliqué cette semaine.

Le jeune humoriste blanc portant des dreadlocks s’est vu refuser récemment de participer à deux soirées d’humour en raison de sa coiffure associée à des mouvements noirs, relançant le débat sur l’appropriation culturelle.

Lui-même avare de commentaires depuis que La Coop les Récoltes à Montréal a confirmé dimanche dernier sur Facebook avoir pris la décision d’exclure l’humoriste, Zach Poitras a déclaré jeudi dans un texte sur le réseau social: «Les gens qui supportent la COOP vont trop loin. Les gens qui me supportent vont trop loin.»

À l’endroit de «collègues humoristes qui souhaitent boycotter» l’endroit, il dit croire que cela «n’est pas la bonne solution», affirmant soutenir l’établissement «malgré nos idées différentes sur le sujet des «dreads»».

Dans ce long message pour «exprimer ses pensées face à toute cette histoire», il affirme que selon lui, il est possible de dire sur scène «ce que l’on veut», mais qu’il faut le faire «de la bonne façon».

La Coop les Récoltes, un bar et une coopérative de solidarité mise sur pied par le Groupe de recherches d’intérêt public (GRIP) de l’UQAM, a défendu dimanche sa mission d’être «un espace sécuritaire, exempt de rapports d’oppressions» et elle a décrit l’appropriation culturelle comme une forme de violence.

«Le monde change et je souhaite changer avec lui. Par contre, je trouve que les gens deviennent un peu trop fragiles avec certaines choses. Et je parle bien sûr des deux côtés. D’un côté on m’interdit de jouer à cause de mes cheveux (Pas mes propos) et de l’autre on me dit de poursuivre l’endroit en justice. On se calme s.v.p.», écrit Zach Poitras sur sa page Facebook.

Le jeune homme dit avoir trouvé «un peu absurde» de lire qu’il était «raciste à cause de (ses) cheveux».

«Je ne crois pas que c’est à nous les Blancs de décider de ce qui est raciste ou de l’appropriation culturelle. La seule bonne réaction à avoir c’est d’être sensible à leur sentiment face à ça. Parce que si on a le débat en ce moment, c’est qu’il y a clairement des personnes racisées qui ont un malaise avec ça. Pas tous, mais certains. Personnellement, je ne suis pas d’accord avec l’opinion de ces gens par rapport aux «dreads». Et c’est correct», a-t-il indiqué.

Arts

Steven Girard nommé directeur général de Folie/Culture

L’artiste et théoricien de l’art Steven Girard a été nommé jeudi directeur général de l’organisme Folie/Culture, en remplacement de Céline Marcotte, partie à la retraite après 23 ans de service.

Steven Girard détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Il a été coordonnateur de plusieurs événements artistiques à Montréal, Québec, Lévis et Saguenay. 

«Ses pratiques artistiques axées sur l’humain comme matériau social en redéfinition continue et sa grande connaissance de la relève artistique au Québec et sur la scène internationale ont séduit le comité de sélection», indique-t-on dans un communiqué. M. Girard est membre du comité de programmation de Folie/Culture depuis 2014. 

Arts

Un Banksy à Tokyo ? La municipalité mène l’enquête

TOKYO — La Ville de Tokyo tente de vérifier si le dessin d’un rat tenant un parapluie, découvert près d’une station de train monorail, est l’oeuvre du mystérieux artiste de rue britannique Banksy.

«Nous avons remarqué la présence de cette peinture à l’aérosol» sur une installation technique du centre de la capitale, a déclaré à l’AFP un responsable municipal, Koji Sugiyama.

«Nous pensons qu’il est possible qu’elle ait été réalisée par Banksy», connu pour ses fameux rats qui portent un parapluie ou se font artiste, joueur de violon, rappeur...

Mais «nous ne savons pas encore s’il y a un expert de l’artiste au Japon» capable d’authentifier le graffiti, dont la date de réalisation n’est pas connue, a-t-il admis.

Des photos postées sur les réseaux sociaux à des dates bien antérieures à 2018 peuvent laisser penser que ce dessin est déjà ancien, d’autant qu’il apparaît effacé par le temps.

«Les services de sécurité en avaient connaissance depuis longtemps mais ils n’avaient visiblement pas fait le lien avec Banksy», a expliqué M. Sugiyama. Ce n’est qu’en décembre que la municipalité a été alertée par des habitants.

«Il y a à Tokyo un dessin de rat mignon qui est peut-être une oeuvre de Banksy. Un cadeau pour Tokyo ?», a écrit dans un tweet jeudi la gouverneure de la capitale japonaise, Yuriko Koike, accompagnant son texte d’une photo où elle figure accroupie à côté du graffiti.

Le support sur lequel il se trouve a été enlevé mercredi soir et soigneusement mis à l’abri afin d’éviter toute dégradation, a précisé M. Sugiyama.

L’identité de Banksy est un mystère bien gardé depuis ses débuts dans les années 1990. De lui, on connaît sa nationalité (britannique), sa ville d’origine (Bristol), sa page Instagram aux 5 millions d’abonnés et son site internet où il met en ligne ses oeuvres, sans autre commentaire.

Il a fait de son art de rue un moyen de protestation et se joue de sa récupération à des fins commerciales, comme en octobre 2018 quand il avait prémédité la retentissante autodestruction de sa célèbre toile Girl with balloon, montrant une petite fille laissant s’envoler un ballon rouge en forme de coeur.

Juste après avoir été adjugée pour plus d’un million d’euros aux enchères à Londres, la toile était passée partiellement à travers la partie inférieure de son cadre, découpée en fines lamelles verticales, un coup d’éclat qui avait jeté le trouble dans les milieux de l’art.

Arts

Affaire Mike Ward-Jérémy Gabriel: le droit d’offenser plaidé

Les humoristes québécois auront peur de faire des blagues controversées si la décision rendue contre Mike Ward par le Tribunal des droits de la personne du Québec en 2016 est confirmée, selon l’avocat Julius Grey.

Ce dernier cherchait à convaincre, mercredi, trois juges de la Cour d’appel du Québec qu’une blague sur une tentative de noyade sur Jérémy Gabriel, un garçon «laid» et handicapé — selon les propos de l’humoriste —, peut avoir été «offensante», mais qu’elle doit rester légale dans une société libre et démocratique.

Mike Ward fait appel d’un jugement du Tribunal des droits de la personne du Québec, selon lequel ses prestations comportaient des propos discriminatoires à l’égard du jeune chanteur handicapé. Le tribunal avait ordonné à l’humoriste de verser 35 000 $ à Jérémy Gabriel en dommages moraux et punitifs ainsi que 7000 $ à sa mère.

«Dans ce cas particulier, si le jugement est maintenu, personne ne pourra plus oser être un humoriste, parce que normalement on se moque de choses controversées — sinon ce n’est pas drôle», a déclaré Julius Grey aux journalistes présents au palais de justice de Montréal. «Si tout ce qui suscite la controverse peut autoriser quelqu’un à dire : “J’ai été blessé, je vais au tribunal”, alors nous sommes finis.»

Jérémy Gabriel est né prématurément en 1996 et est atteint du syndrome de Treacher Collins, une maladie congénitale caractérisée par des malformations du crâne et du visage. Surnommé «le petit Jérémy», il avait acquis une certaine notoriété au Québec lorsqu’il a chanté, à l’âge de neuf ans, pour le pape Benoît XVI à Rome en 2006.

Dans la blague que Mike Ward a racontée lors de spectacles entre 2010 et 2013, l’humoriste disait qu’il pensait initialement que la maladie du jeune chanteur était en phase terminale. Il ajoutait qu’il pensait que les gens n’étaient que gentils avec lui et l’avaient laissé chanter avec des célébrités, car il serait bientôt mort. Après avoir réalisé que l’enfant vivait beaucoup plus longtemps que prévu, il concluait que Jérémy Gabriel était invincible. Il plaisantait ensuite en disant qu’il avait même essayé de le noyer dans un parc aquatique, mais qu’il ne mourait pas.

Jérémy Gabriel, qui est maintenant âgé de 22 ans, a raconté que des enfants de son école se moquaient de lui en répétant les blagues de Mike Ward. Il a dit que ce monologue l’avait amené à remettre en question sa valeur en tant qu’être humain et à lui donner des pensées suicidaires.

Honneur et réputation

Un juge québécois a statué que la blague violait le droit du jeune homme handicapé à la dignité, à l’honneur et à la réputation, ainsi que son droit à l’égalité et à la protection contre la discrimination.

Me Gray soutient que la blague de Ward n’était pas discriminatoire. «La discrimination l’aurait été s’il n’avait pas été admis quelque part ou s’il avait été évalué différemment», a soutenu l’avocat devant les juges. «Il ne suffit pas de se moquer de lui pour créer une discrimination.»

Stéphanie Fournier, une avocate représentant le Tribunal des droits de la personne, a répliqué que le juge de l’instance inférieure avait eu raison d’appliquer la loi. Elle dit que la décision n’empêchait pas les humoristes de parler de Jérémy Gabriel ou d’autres personnes appartenant à des groupes protégés par la Charte des droits et libertés.

«La nuance est que vous ne pouvez pas humilier une personne ou violer sa dignité... car elle est handicapée», a-t-elle précisé aux juges. «[Jérémy] Gabriel a été ciblé parce qu’il avait un handicap.»

Il n’est pas question que la liberté d’expression soit moins importante que les autres droits, a ajouté Me Fournier. «La nuance, c’est que l’exercice de la liberté d’expression ne doit pas violer les droits fondamentaux d’une autre personne.»

Le tribunal a annoncé qu’il rendrait sa décision à une date ultérieure.

Arts

Le «Blizzard» de Flip Fabrique se lève [VIDÉO]

C’est à l’automne que le public québécois aura la chance de découvrir le nouveau spectacle du cirque Flip Fabrique, baptisé «Blizzard», actuellement en phase de création. Pour la première fois, un musicien accompagnera en direct sur scène le jeu des acrobates.

Les concepteurs de cette nouvelle mouture encore au stade «très embryonnaire», le directeur général et artistique Bruno Gagnon en tête, ont levé le voile mardi sur les grandes lignes du projet, dans l’atelier de la troupe, situé sur le boulevard Sainte-Anne, dans l’arrondissement Beauport.

Arts

Un humoriste exclu de deux spectacles à cause de ses «dreadlocks»

Nouvelle controverse en matière d’appropriation culturelle à Montréal, un jeune humoriste blanc portant des «dreadlocks» s’est vu refuser de participer à deux soirées d’humour en raison de sa coiffure associée à des mouvements noirs.

La Coop les Récoltes est un bar, mais aussi une coopérative de solidarité mise sur pied par le Groupe de recherches d’intérêt public (GRIP) de l’UQAM, un collectif universitaire qui traite d’enjeux environnementaux et sociaux.

Arts

L’art pour la bonne cause

Pour une deuxième année consécutive, des créateurs de Québec uniront leurs forces pour la bonne cause. Sous la bannière de L’Annuel, une quarantaine d’artistes visuels et une brochette de musiciens se rassembleront le 2 février à la Nef, rue Saint-Joseph, le temps d’une soirée encan au profit de l’organisme SNAP Québec.

Encore cette année, le rendez-vous se déclinera sous la direction d’Emmanuelle Gendron. Celle qui se décrit comme une «artiste pédagogue engagée» a lancé l’initiative dans le but de faire rayonner l’art tout en faisant sa part pour insuffler un peu de positif dans la société. 

«J’avais envie de créer quelque chose où les gens se sentiraient mobilisés. Dans la vie, je suis aussi enseignante et je pense que le partage de connaissances et la sensibilisation sont le point crucial pour un monde en santé», explique Emmanuelle Gendron, qui a cofondé l’organisme sans but lucratif BABA afin d’encadrer son engagement. Elle souhaite faire de L’Annuel un événement récurrent, consacré chaque année à une cause différente. L’an dernier, environ 7000 $ ont été remis au CALACS de la Rive-Sud à la suite de la vente. Cette année, les organisateurs ont choisi d’appuyer la cause environnementale de SNAP Québec, voué à la protection des régions sauvages de la province. «Créer des œuvres, c’est déjà beau. Mais j’avais envie d’une sorte de rassemblement humain où tout le monde apporte un petit quelque chose. Pour moi, c’est tout simplement magique», résume Mme Gendron.

Quarantaine d’artistes

Le 2 février, le travail d’une quarantaine d’artistes — Fred Jourdain, Danny Ferland et Caroline St-Pierre, notamment — sera mis aux enchères dans un encan silencieux. Le tatouage et la photographie seront aussi à l’honneur, nous dit-on. La soirée sera ponctuée de prestations musicales de Pascale Picard, de Laurence Castera, de Guillaume Méthot et de Dominic Pelletier, le chanteur de la formation Caravane, qui a joint les rangs de BABA et qui signe aussi la programmation musicale de L’Annuel. 

Porté uniquement par le bouche-à-oreille, l’encan a attiré quelque 400 participants en 2018, selon Emmanuelle Gendron, qui espère voir l’activité prendre de l’ampleur. «Je pensais faire un petit quelque chose pour aider une bonne cause et finalement, c’est devenu beaucoup plus gros qu’espéré, se réjouit-elle. Les gens ont voulu embarquer, que ce soit les artistes, les commanditaires, les bénévoles impliqués. C’est complètement fou l’espèce de raz de marée humanitaire auquel j’ai pu assister. C’est magnifique!» 

Détails et programmation complète sur la page Facebook de BABA (@babaevenement).

Télé et radio

Trudeau participera à un épisode de «Corner Gas»

OTTAWA — Justin Trudeau suivra les traces de deux anciens premiers ministres en apparaissant dans un épisode de la série «Corner Gas».

La page Facebook de l’émission a annoncé samedi que M. Trudeau interpréterait son propre rôle dans la deuxième saison de la version en dessin animé de la série, qui sera présentée au printemps sur le Comedy Network.

Haut-parleurs

Les poursuites de Metallica, les excuses de Phoenix

LE CLIP À VOIR

Lost in the Fire, Gesaffelstein et The Weeknd

Duo efficace s’il en est un, le producteur de musique électronique français Gesaffelstein et le chanteur canadien The Weeknd ont uni leurs forces pour le simple Lost in the Fire, dévoilé vendredi. Manu Cossu signe la réalisation du clip qui l’accompagne, de facture aussi sombre que léchée.