Théatre

La réunification des deux Corées: l’amour ne suffit pas

CRITIQUE / Pour qui a déjà été mystifié par l’écriture d’orfèvre scénique de Joël Pommerat, l’idée de voir un de ses textes mis en scène par un autre est difficilement envisageable. Michel Nadeau s’est pourtant lancé, au Conservatoire et maintenant à la Bordée, avec une envie évidente de jouer sur le même terrain que l’homme de théâtre français, dont il a suivi le travail avec admiration.

Dans la salle à l’italienne de la Bordée, avec un décor formé de grands panneaux massifs, qui s’ouvrent et se ferment comme un temple rempli de passages secrets, on ne peut pas ne pas repenser à la longue salle du Centre national des arts d’Ottawa, où Joël Pommerat a lui-même présenté La réunification des deux Corées en 2013. Le public y était divisé en deux, témoin d’un défilé dans un no man’s land aux issues obscures et mystérieuses. Évidemment, le théâtre de Québec n’a pas les mêmes moyens. Mais ce ne sont pas les artifices, comme les autos tamponneuses, qui faisaient la force du spectacle d’origine — c’était son écriture scénique fantasmagorique.

Courtes nouvelles

Le texte, qui puise à tous les tons, semble souvent anecdotique. «J’ai l’impression d’être dans un téléroman», lance la mariée dont le futur époux a embrassé les quatre sœurs. Et on peut être tout à fait d’accord avec elle en écoutant certaines saynètes du florilège de moments où l’amour — amoureux, filial, amical — éclate et où les rôles et la réalité ne cessent de se renverser. Ce sont de courtes nouvelles, qui versent parfois dans le grotesque, parfois dans le surréalisme magique, voire dans la tragédie grecque de salon.

Mise en scène par Michel Nadeau, avec les éclairages de Caroline Ross et un montage sonore de Yves Dubois, la pièce prend des allures de collage où les transitions manquent un peu de finesse. Les noirs intenses entre les scènes sont bien là, mais l’espace de jeu réduit peine à donner l’impression que les comédiens surgissent comme des apparitions. Le mixage de chansons d’amour pop et du chant si étrange (que doit porter le personnage de marginal joué par Olivier Normand) est fait de manière abrupte, plus dérangeante que saisissante.

Les neuf comédiens nous offrent toutefois de beaux moments. Passant d’un français standardisé, plus artificiel, à des intonations d’une vérité troublante, ils réussissent à faire naître de riches ambiguïtés qui portent les mots plus loin et nous font entrevoir un message plus profond que ce que les premières scènes laissaient paraître. Leur humour tombe à point (malgré et à cause de certaines exagérations) et la déconfiture, la chute, la dégringolade vers la folie, toujours renouvelée, sont habilement campées.

La pièce est à l’affiche à la Bordée jusqu’au 13 octobre.

Expositions

Des sculptures explicitement sexuelles créent la controverse en Espagne

VALENCE — Une femme se masturbant ou un couple pratiquant la sodomie : des sculptures représentant explicitement des scènes de sexe créent la polémique en Espagne où elles sont exposées sur une promenade maritime à Valence (est).

L’artiste local de 74 ans qui en est l’auteur, Antoni Miro, habitué à représenter des nus, a rejeté les critiques en faisant valoir notamment que des vases de la Grèce antique étaient ornées de telles scènes à caractère érotique et sexuel.

Il a estimé dans la presse espagnole que beaucoup de gens les regardaient comme quelque chose de «normal» et que plutôt que de choquer les enfants, son art dérangeait plutôt des parents «rétrogrades».

Mais certains ont déjà protesté en estimant que des œuvres explicitement sexuelles ne devraient pas être montrées sur un lieu public comme la Marina, fréquenté par les familles avec enfants.

L’association conservatrice Forum de la famille a déploré dans un communiqué que soient exposées «sur la voie publique ces scènes qui représentent des fellations et masturbations, laissant voir les parties génitales et différentes pratiques sexuelles».

Selon elle, l’exposition pourrait enfreindre la loi sur la protection des mineurs, «en les exposant, sans aucun avertissement préalable, à des scènes inappropriées pour leur âge».

Ces œuvres sont un échantillon d’une future exposition qui sera présentée dans un nouveau centre culturel de la Marina de Valence (est), a précisé à l’AFP une porte-parole du consortium public gérant la Marina, célèbre pour avoir déjà accueilli la compétition nautique internationale de la Coupe de l’America.

Cinéma

À voir au Festival de cinéma de Québec jeudi

«Figlia Mia», de Laura Bispuri (MNBAQ, 19h)

Un film dont le sujet n’est pas sans rappeler celui de Gueule d’ange, présenté plus tôt au festival, qui met en scène une enfant de 10 ans qui soupçonne que sa mère bio est la fêtarde locale… Cette dernière est interprétée par la très bonne actrice italienne Alba Rohrwacher (Les fantômes d’Ismaël). 

Akira, de Katsuhiro Otomo (Place d’Youville, 20h)

Cinéma

Documentaire sur le pape; Wenders dément toute «ingérence» du Vatican

PARIS — Le cinéaste allemand Wim Wenders a rejeté les critiques accusant son documentaire sur le pape François de «propagande», assurant avoir été «libre» pour réaliser ce film, sans «ingérence» ni financement du Vatican.

«La manière dont le public a été informé, ou plutôt désinformé, au sujet de mon film LE PAPE FRANÇOIS, UN HOMME DE PAROLE, touche à l’absurde», dénonce le réalisateur dans une lettre.

«On a dit que le film avait été “commandé”, ou financé, ou même “coréalisé” par “le Vatican”. Rien n’est plus faux. Le contraire est vrai : il n’est pas possible d’être plus libre que je l’ai été», ajoute-t-il.

«Le film a été financé indépendamment, sans un sou du “Vatican”. Il a été produit et monté indépendamment, sans la moindre ingérence», assure Wenders. La télé du Vatican figure au générique comme «coproductrice» parce qu’elle lui a permis un «accès illimité» aux archives.

Présenté comme un «voyage initiatique dans l’univers du pape», le film articulé autour de thèmes comme l’immigration, l’écologie ou la famille est basé sur de longs entretiens menés face à la caméra.

Wim Wenders reconnaît qu’un collaborateur du pape lui avait demandé s’il serait intéressé par un projet autour de lui. Mais il a ensuite eu «carte blanche».

«Son “apport”, si l’on veut, n’a pas été différent de celui de Ry Cooder sur Buena Vista Social Club», qui lui avait demandé de venir voir à La Havane les musiciens qu’il avait découverts, indique-t-il.

Ou de Pina Bausch qui lui avait demandé de filmer son travail. «En fait, elle me l’a demandé pendant 20 ans, jusqu’à ce que je parvienne à lui répondre et à faire le film Pina. Mais était-ce là une “commande”?»

«Chrétien œcuménique» 

Le cinéaste répond d’autre part aux accusations de «propagande» en expliquant avoir quitté l’Église catholique en 1968, se décrivant comme un «chrétien œcuménique».

Quant aux commentaires sur l’absence de «distance critique», «pourquoi la “distance” et la “critique” devraient-elles être les seules approches valides de la vie?»interroge-t-il, assurant avoir rencontré un «homme extraordinaire».

Cinéma

LeBron James à l'écran contre les extraterrestres

LOS ANGELES — Plus de 20 ans après sa sortie, «Space Jam», le film d’animation qui mettait en scène Michael Jordan dans un match de basket avec Bugs Bunny et les Looney Tunes, aura enfin une suite. Et Jordan étant à la retraite, c’est LeBron James qui sera à l’affiche.

La maison de production de la superstar de la NBA, SpringHill Entertainment, a dévoilé mercredi une photo d’un vestiaire avec des casiers au nom de LeBron James, Ryan Coogler, le réalisateur de Black Panther, et... Bugs Bunny. Le metteur en scène Terence Nance, qui réalise une série actuellement diffusée sur la chaîne HBO, sera derrière la caméra pour Space Jam 2. Le film sera produit par Ryan Coogler, récemment complimenté par LeBron James pour son travail sur Black Panther.

Ce nouveau film ne manquera pas de relancer les comparaisons entre Jordan et James, un des débats préférés des fans de basketball. Dans le premier opus, un classique populaire des années 1990, Bugs Bunny et ses amis (Daffy Duck, Silvestre, etc.) devaient s’imposer lors d’un match de basketball face à des extraterrestres qui avaient volé le talent des plus grands joueurs de la NBA de l’époque (Larry Bird, Patrick Ewing, etc.). Seule solution pour les Looney Tunes : recruter le plus grand basketteur de tous les temps, Michael Jordan.

Les rumeurs autour d’une suite allaient bon train depuis longtemps, mais rien d’officiel n’avait été annoncé. «Cette collaboration pour Space Jam est bien plus que simplement moi et les Looney Tunes se réunissant pour faire un film», a déclaré James au Hollywood Reporter.

L’ancien champion de la NBA avec les Cavaliers de Cleveland a déjà fait des apparitions devant la caméra ou prêté sa voix pour des films d’animation, mais c’est la première fois qu’il sera au centre d’une production hollywoodienne à aussi gros budget. Le premier Space Jam, sorti en 1996, avait rapporté plus de 230 millions $ au box-office à travers le monde.

Cinéma

Débat en Iran autour du film choisi pour les Oscars

TÉHÉRAN — Le film retenu pour représenter l’Iran aux Oscars suscite un débat dans le pays, tant pour le choix de l’œuvre elle-même que pour la décision de participer au grand rendez-vous annuel d’Hollywood.

La Fondation Al-Farabi pour le cinéma, chargée de choisir le film que l’Iran enverra à cette compétition en 2019, a annoncé s’être portée sur Cas de conscience (Bédouné tarikh, bedouné emza, en persan) du réalisateur Vahid Jalilvand.

Le film a été primé deux fois à la Mostra de Venise (meilleur réalisateur et meilleur acteur en 2017) et récompensé par plusieurs autres festivals internationaux.

Il dépeint les tourments de deux hommes face à la mort d’un même garçon dont chacun (un médecin et le père de l’enfant) s’estime responsable, avec l’injustice sociale comme toile de fond.

Dans le communiqué annonçant son choix, la Fondation Al-Farabi a pris le devant des critiques.

«Chaque année», écrit-elle, «un vieux débat resurgit en Iran sur la nécessité ou non de présenter un film» pour l’Oscar du meilleur film étranger.

«Cette année», poursuit-elle, la décision des États-Unis de se retirer de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et de réimposer des sanctions économiques contre la République islamique «a rendu ce débat encore plus important et conduit certains conservateurs à proposer de boycotter les Oscars».

Intérêt à l’étranger

La Fondation justifie sa décision de participer aux Oscars par le fait que «le cinéma américain, et en particulier les membres de l’Académie» qui organise la compétition, sont à la pointe de la critique «du gouvernement populiste du président Donald Trump et de ses politique empreintes de racisme et d’unilatéralisme».

Cas de conscience, ajoute-t-elle, a été choisi pour l’intérêt qu’il a suscité à l’étranger «et les efforts de son distributeur» pour faire voir le film aux États-Unis.

Financé par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ce film à grand spectacle sur l’engagement iranien dans la lutte antijihadiste en Syrie est sorti en mars en Iran, où il a totalisé officiellement plus de 1,62 million d’entrées, ce qui en fait le quatrième film le plus vu dans le pays cette année.

«C’est un film caustique» pour l’image de l’Iran, «mais ce n’est pas le sujet», ajoute-t-il : «L’art, ce n’est pas faire de la retape pour son pays.»

En 2017, le réalisateur iranien Asghar Farhadi avait remporté son deuxième Oscar du meilleur film étranger pour Le Client, mais il avait boycotté la cérémonie d’Hollywood pour protester contre le décret migratoire controversé du président américain Donald Trump.

Télé et radio

De garde 180 jours

CHRONIQUE / Tout le monde a une opinion sur la compétence des professeurs, sur l’état de nos écoles, sur ce qu’on devrait enseigner. Mais combien d’entre nous avons un réel portrait de ce qui s’y passe au jour le jour, des conditions dans lesquelles les profs doivent enseigner? La série documentaire «180 jours» risque d’avoir sur vous le même effet que «De garde 24/7», si vous avez suivi cette excellente série à Télé-­Québec, au point de changer considérablement votre vision du milieu scolaire.

Diffusée à partir de jeudi à 20h sur la même chaîne, la série de 12 épisodes, de la même équipe de production que De garde 24/7 chez Avanti, s’étend sur les 180 jours d’une année scolaire, de la rentrée au bal des finissants, à l’école secondaire Gérard-Filion à Longueuil. Dans cette première polyvalente au Québec, les élèves, de 65 nationalités différentes, proviennent souvent de milieu défavorisé. Le taux de décrochage y est élevé. De façon extrêmement sensible et respectueuse, la réalisatrice Mélissa Beaudet nous permet vraiment de saisir l’intensité de ce qui se vit dans une école chaque jour.

Comme d’autres problématiques scolaires, l’intimidation est l’un des sujets les plus sensibles. Et pas seulement celle qui se passe à l’intérieur des murs, mais aussi après les classes, notamment sur les réseaux sociaux, terreau fertile d’intimidation. Quand une élève reçoit des messages tels que «grosse pute, tu devrais pas vivre» et «fais-toi frapper par une voiture», l’école n’a pas le choix d’intervenir, de concert avec la police. Même collaboration quand un souteneur s’introduit dans la cour pour recruter des jeunes filles. Déjà dans les premiers jours, une altercation survient dans le couloir; un élève vient de dire à une autre de «niquer» sa mère. Un conflit que doit régler avec le plus grand tact une des directrices adjointes.

Imaginez, en cette rentrée, plusieurs postes de professeurs n’ont pas encore été comblés. Un enseignant engagé il y a à peine deux semaines doit à son tour former un suppléant. C’est si récent que, dans les documents remis aux élèves, Hugo Ladéroute n’est pas identifié. «Le pas de nom, c’est moi!» dit-il aux élèves qui cherchent leur classe de français. Attendez de voir la prof d’ECR (éthique et culture religieuse). Avec elle, la matière devient soudainement intéressante.

J’ai été particulièrement touché par la classe de Celso C. Leduc, composée d’élèves aux prises avec des troubles de communication. Une scène du cinquième épisode, particulièrement émouvante, montre ces élèves exprimer toute leur reconnaissance envers leur professeur et leurs camarades, avant le congé des Fêtes. Une démonstration éloquente de ce que peut changer l’école dans les vies d’enfants au bord de décrocher.

J’ai eu un coup de cœur pour la directrice, Sylvie Dupuis, elle-même une ancienne élève de Gérard-Filion. Humaine, attachante, investie. Les directeurs d’école peuvent passer pour des durs, c’est tout le contraire pour Sylvie Dupuis, qu’on sent tout à fait sincère dans ses rapports avec le personnel et les élèves.

Ce n’est pas vrai que les jeunes n’ont pas d’opinion, qu’ils n’ont rien à dire. Et ce, même si personne ne lève la main quand le prof demande qui connaît Michel Tremblay. Fred Pellerin? Deux mains se lèvent. Rachid Badouri? Tout le monde le connaît. Bien que certains visages soient brouillés dans les situations les plus délicates, la majorité des élèves se montrent à la caméra. Sachez qu’il a fallu expédier par la poste 1500 demandes de consentement aux parents afin d’y arriver, un travail titanesque.

C’est fou comme plusieurs séries offertes sur nos chaînes cet automne réveillent en nous tant d’admiration. Pendant que la téléréalité célèbre l’insignifiance, il y a au moins les Infractions, Classe à part, Pinel : au cœur de la maladie mentale, L’unité des naissances et 180 jours qui nous font voir le travail essentiel d’une multitude d’individus, motivés par le cœur et le dévouement. De la télé qui fait du bien, dont notre monde a cruellement besoin.

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Les quatre chefs chez Guy A.

Philippe Couillard, François Legault, Jean-François Lisée et Manon Massé seront de la première de Tout le monde en parle, dimanche à 20h sur ICI Radio-Canada Télé. Pour leur permettre de participer au Face à face Québec 2018 à TVA jeudi soir, l’émission sera exceptionnellement enregistrée vendredi. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage et Dany Turcotte : Louis-José Houde pour le Gala de l’ADISQ, Paul Arcand, qui a reçu un Gémeaux pour Conversation secrète, de même que Pénélope McQuade et Hugo Latulipe pour le documentaire Troller les trolls.

Musique

Retour au bercail pour Émilie Clepper

En 2014, Émilie Clepper nous annonçait son départ : l’auteure-compositrice-interprète aux origines québécoises et texanes avait choisi d’aller tenter sa chance dans la contrée américaine de son père. Devenue à son tour maman, elle est revenue s’installer dans la capitale. Et ce n’est pas tout ce qui a changé pour la musicienne, qui propose avec «La grande migration» un premier album en français s’éloignant des sonorités folk et country auxquelles elle nous a habitués.

Son titre, la chanteuse ne l’a donc pas choisi au hasard. «C’est la migration de la langue de Shakespeare vers la langue de Molière. C’est la migration d’une culture vers une autre culture. C’est la dichotomie qui est créée par le biculturalisme. Ce sont des thèmes qui sont présents», résume Émilie Clepper, qui lancera vendredi son nouvel album au bar Le détour du Grand Théâtre, lors d’un cinq à sept. Elle y offrira une prestation, mais le vrai spectacle se déploiera au Théâtre Petit Champlain le 18 octobre.

Pour des raisons familiales, la musicienne est revenue dans la capitale il y a environ un an. «Je trouvais que la situation pour élever un enfant était plus propice au Québec qu’au Texas, note-t-elle. C’est plus facile concrètement, il y a plus de services pour les familles.»

Unies par un Jos Louis

Le retour au bercail a permis de compléter La grande migration, un projet créé à quatre mains avec l’amie Sara Garneau, qui signe la majorité des textes. Il aura fallu cinq ans pour que l’album se concrétise pour celles qui sont complices depuis l’enfance et dont l’amitié a été scellée par le partage d’un petit gâteau. «On s’est rencontré en première année. Je lui ai donné un morceau de mon Jos Louis. Elle m’a dit : “est-ce que ça veut dire qu’on est des amies?” J’ai répondu : “oui”. Elle est comme une sœur pour moi», raconte Clepper, fière de pouvoir faire rayonner la plume de son amie, d’abord travailleuse sociale.

«Elle commence tout juste à s’afficher en tant qu’auteure, ajoute la chanteuse et compositrice. Il était temps! C’est vraiment un grand talent. C’est important que ça sorte. Nos petits diamants, il faut qu’ils brillent!»

Si son dernier album complet remonte à 2011, Émilie Clepper refuse de voir La grande migration comme un retour. «Ce n’est vraiment pas la même chose. Ce n’est pas du tout la même émotion», évoque-t-elle à propos de la dizaine de titres logeant plus près de la chanson française (elle cite Piaf et Barbara parmi ses chanteuses préférées) que du folk. 

«Ce sont des styles qui cohabitent chez moi. Il y aura encore des albums de country et d’americana», confirme la musicienne. Ce n’est sans doute pas un hasard si elle a demandé à Benoit Pinette, alias Tire le Coyote, grand artisan de la scène folk, de réaliser son album. 

En bonus, La grande migration nous donne l’occasion d’entendre chanter Pinette dans un autre registre que celui, haut perché, qu’il préconise sous la bannière Tire le coyote, alors qu’il partage le micro avec Clepper sur la pièce Le jour de la marmotte.

«Je me suis dit : “tant qu’à se dépayser, tout le monde va le faire!” lance la chanteuse. On a bien rigolé à faire ça!»

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Cinéma

Michael Moore se réfugiera au Canada si les choses se détériorent aux États-Unis

TORONTO — Si les choses tournent mal pour Michael Moore après la sortie de son prochain documentaire politique, le provocateur progressiste a un plan pour échapper à une éventuelle persécution aux États-Unis : il déménagera au Canada.

Les déclarations de ce genre sont courantes chez les progressistes américains. Mais Michael Moore assure qu'il est sérieux au sujet de son plan pour quitter les États-Unis, et pas seulement en raison de son affinité de longue date pour le Canada.

Cinéma

Oscars: «Chien de garde» représentera le Canada

«Chien de garde», de Sophie Dupuis, a été sélectionné pour représenter le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur long métrage en langue étrangère.

Le film raconte l’histoire de JP, qui vit avec son frère Vincent, sa mère Joe et sa copine Mel dans un petit appartement de Verdun. Constamment sur la corde raide, JP tente de conserver un équilibre entre les nombreux besoins de sa famille dont il se sent responsable, son travail de collecteur qu’il fait avec son frère et ses fonctions dans le cartel de drogue de son oncle Dany qu’il considère comme un père.

«Chien de garde» met en vedette Jean-Simon Leduc, Théodore Pellerin, Claudel Laberge, Maude Guérin et Paul Ahmarani.

Depuis sa sortie en salle, ce premier long métrage de Sophie Dupuis a été présenté en compétition dans près d’une vingtaine de festivals à l’international. Le long métrage a également récolté trois prix Iris lors du dernier Gala Québec Cinéma: Meilleure interprétation féminine, premier rôle, Révélation de l’année et Meilleur montage.

Lors de l’annonce de sa sélection, mercredi après-midi à Montréal, Sophie Dupuis s’est dite «encore bouche bée» que son film ait été retenu dans la course à l’Oscar.

«Chien de garde» s’opposera maintenant à des dizaines d’oeuvres dans l’espoir d’obtenir une nomination à la 91e cérémonie des Oscars, qui se tiendra le 24 février, à Hollywood.

Chaque pays a jusqu’au 1er octobre pour désigner la production qui le représentera dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, puis l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences procédera à deux vagues de vote pour finalement retenir cinq finalistes.

Pour être admissible, un film doit avoir été produit à l’extérieur des États-Unis et ses dialogues doivent principalement se dérouler dans une autre langue que l’anglais.

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Les derniers films canadiens soumis:

2017: «Hochelaga, terre des âmes», François Girard

2016: «Juste la fin du monde», Xavier Dolan

2015: «Félix et Meira», Maxime Giroux

2014: «Mommy», Xavier Dolan

2013: «Gabrielle», Louise Archambault

2012: «Rebelle», Kim Nguyen (finaliste à l’Oscar)

2011: «Monsieur Lazhar», Philippe Falardeau (finaliste à l’Oscar)

2010: «Incendies», Denis Villeneuve (finaliste à l’Oscar)

2009: «J’ai tué ma mère», Xavier Dolan

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Quelques films soumis pour la 91e cérémonie des Oscars:

Mexique: «Roma», Alfonso Cuarón

Belgique: «Girl», Lukas Dhont

Colombie: «Pájaros de verano» («Les oiseaux de passage»), Ciro Guerra et Cristina Gallego

Japon: «Manbiki kazoku» («Une affaire de famille»), Hirokazu Kore-eda

Suède: «Gräns» («Border»), Ali Abbasi