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Télé et radio

Survivalistes ou paranoïaques?

CHRONIQUE / Avez-vous peur des tremblements de terre? De la bombe atomique? De la fin du monde? Ceux qu’on appelle les survivalistes ont tout prévu en cas de cataclysme : ils sont prêts. Dans la série docu-réalité Survivalistes, diffusée dès mercredi à 19h30 sur Moi et cie, l’acteur Patrice Godin nous en fait connaître quelques spécimens, des plus lucides aux plus alarmistes.

«Arrêtez de faire l’autruche, ça s’en vient», nous prévient Christine, qui vit avec son conjoint Claude dans un endroit qui n’est pas identifié; les survivalistes vivent généralement en retrait, à l’abri des attaques. Si le couple a choisi de vivre à plus de 850 mètres d’altitude, c’est pour éviter les tsunamis et même les nuages radioactifs. Pour eux, le déluge du Saguenay et la crise du verglas ne sont que des signes qu’il y a pire à l’horizon. Auriez-vous oublié la tempête solaire de 1989? Le couple refuse de se dire paranoïaque, mais fonde ses craintes à partir des nouvelles dont il s’abreuve tous les jours à LCN.

Je n’ai pu m’empêcher de sourire en voyant les moyens parfois démesurés employés par les personnes rencontrées, qui semblent parfois membres d’une secte. Ce qu’on constate, c’est qu’il ne faut pas être pauvre pour vivre de survivalisme, comme Benoît et Nancy, qui se disent aussi autonomistes, sur leur domaine. Le couple nous invite à vivre sans électricité un seul week-end pour mesurer les conséquences d’une panne majeure. Si ça ne vous fait rien, je vais passer mon tour. Chose certaine, Benoît est prêt à toute éventualité : des lapins qui se reproduisent assureront les repas pour longtemps. Et contre les maraudeurs qui voudraient piller ses biens? Gare aux câbles qui entourent sa propriété, et qui font entendre un bruit de coup de feu quand quelqu’un ose s’approcher.

D’une grande ouverture, Patrice Godin ne juge jamais ceux qu’ils rencontrent et a même retenu des trucs précieux de leurs enseignements. Mais il avoue avoir été perplexe dans le cas de Bruce, un survivaliste qu’on verra au deuxième épisode et qui a construit un bunker sous terre. Cet Américain qui vit en Ontario a même prévu un «cry room», une pièce grande comme un placard, destinée aux enfants agités ou en détresse. Interprète d’un psychopathe qui gardait ses victimes captives dans son sous-sol dans District 31, Patrice Godin préférerait mourir que de se réfugier dans un tel bunker en cas de fin du monde.

Le cas de Michaël semble beaucoup plus modéré. L’ancien militaire qui gère une école de survie à Portneuf tente de briser les préjugés à l’endroit des survivalistes. Et contrairement aux autres, il est capable de vivre avec le minimum. Chacune de ces personnes a ses raisons pour adhérer à cette philosophie, et vous les connaîtrez à travers les rencontres. Et si vous ne savez pas ce qu’est un bris de normalité, vous le saurez en regardant Survivalistes, qui se déploie en 10 demi-heures, réalisées par Félix Trépanier chez Trio Orange.

CES HÉROS DU 911

L’appel d’Alexandre Bissonnette au 911 a frappé l’imaginaire quand il a été rendu public. Plusieurs ont souligné le calme et le contrôle dont a fait preuve le répartiteur, Simon Labrecque, qui a tenu en ligne l’auteur de la tuerie durant 50 longues minutes.

Aussi diffusée sur Moi et cie, mais à 22h dès mardi soir, la série Première ligne : chaque seconde compte s’intéresse à ces héros de l’ombre, de trois centrales 911, à Québec, Laval et Sherbrooke. Là aussi, on est dans la survie, mais surtout dans l’urgence. Que ce soit pour un feu dans un barbecue, une victime d’extorsion par Internet ou une tentative de suicide, les répartiteurs doivent trouver le bon ton, poser les bonnes questions, tout en gardant leur sang-froid. Un travail colossal de coordination.

C’est la première fois qu’un docu-réalité donne accès à ces lieux névralgiques. On est véritablement happé par la série, qui traduit bien l’urgence et le chaos dans lesquels baignent chaque jour les répartiteurs. Sur place sur une période de 10 mois, les caméras nous font témoins des appels, mais aussi du travail des policiers et des ambulanciers sur le terrain. 

Bien entendu, on a de plus en plus affaire à des cas de troubles mentaux; quand une femme appelle d’un hôpital pour prévenir qu’on tente de faire une injection à son frère contre son gré, on comprend vite que ça provient de l’aile psychiatrique. Certains cas plus singuliers peuvent faire sourire d’emblée, mais ne sont pas drôles du tout. Comme celui d’un garçon de trois ans qui s’est coincé la tête dans un contenant de plastique, causant la panique de ses grands-parents.

Annie, qui travaille depuis 14 ans à la centrale de Sherbrooke, affirme devoir mettre ses émotions de côté pour ne pas lésiner sur l’organisation. Mais elle admet que les cas d’enfants et d’adolescents, ou ce qui touche les personnes âgées peuvent être plus difficiles à oublier, une fois le travail terminé.

Les 15 demi-heures ont été produites chez Hyperzoom, d’où provient l’excellente série Infractions, sur le travail des avocats, actuellement diffusée le jeudi à 21h30 à TVA. Catherine Dubé Nadeau produit avec sa mère Marie Nadeau, qui réalise la série. Je suis sorti du visionnement plein d’admiration pour ces personnes qui sauvent littéralement des vies.

Arts

Le virage vert de l’industrie artistique

La nouvelle sensation pop Billie Eilish avait annoncé l’an dernier que sa tournée de 2020 allait être «le plus vert possible»; déplacements intelligents, contenants réutilisables et recyclage sont prévus pour toute son équipe. Elle a rapidement été saluée par l’industrie pour son initiative. Au Québec aussi les choses continuent de se brasser dans le monde artistique du côté «écoresponsabilité».

La musicienne Laurence Lafond-Beaulne (Milk and Bone) et David Jolin (Théâtre Petit Champlain) sont venus discuter d’astuces pour des pratiques plus vertes, dans le cadre du congrès francophone des arts de la scène RIDEAU.

«On essaie de ne pas se sentir coupables, si vous utilisez encore des pailles, on n’est pas super fiers de vous, mais on essaie de trouver des solutions», a lancé l’animatrice du panel Geneviève Côté pour commencer la conversation. La salle était d’ailleurs pleine, tous les acteurs du milieu prenaient des notes.

Le groupe a d’abord parlé de l’existence d’Artistes Citoyens en Tournée (ACT), qui a pour mission de promouvoir les pratiques écoresponsables dans le milieu des spectacles. Le mouvement mis sur pied depuis quelques années est porté par Laurence Lafond-Beaulne, entre autres.

«J’ai eu un choc en me rendant compte des pratiques désuètes qu’on fait encore dans l’industrie. Je me suis mise à chercher des outils et de l’aide pour voir ce que je pouvais changer, comment et dans quel ordre. Il n’y avait rien qui me satisfaisait. Soit je continue à être déçue et fâchée, soit je le crie et je m’allie avec des gens qui ont les connaissances en environnement pour essayer de changer cette industrie-là qui est la mienne», a-t-elle raconté.

Depuis, ACT est un mouvement qui rassemble les gens afin d’échanger sur le sujet, s’outiller et partager les bons coups. Plusieurs artistes et salles de spectacles sont à ce jour certifiés ACT.

«Beaucoup de gens ne savent pas par où commencer. Ça peut être épeurant faire ces changements-là, ça peut paraître gros et ça peut nous freiner et nous empêcher d’avancer.»

ACT est là pour rassurer ceux qui veulent se lancer dans l’aventure verte, le mouvement aide à fixer des objectifs raisonnables. 

Imparfaite

«Il ne faut pas penser qu’on va avoir l’air d’un extraterrestre quand on fait ses demandes», souligne l’animatrice. Plusieurs loges ACT existent dans la province. Sans que l’artiste le demande, ils offriront un approvisionnement écoresponsable; pas de bouteille d’eau, des serviettes au lieu du papier et des repas bio, entre autres.

Laurence Lafond-Beaulne l’avoue sans gêne, elle n’est pas parfaite. Elle est à un stade où elle priorise les transports terrestres et électriques, puis elle rembourse ses émissions de gaz à effets de serre à la fin de sa tournée. Mais récemment elle s’est rendue à Los Angeles en avion pour une collaboration. 

«L’important c’est toujours être dans le travail et l’avancement, puis de se questionner sur les habitudes à changer. La réalité est que mon travail me force à être imparfaite dans mes pratiques, mais je peux faire du mieux possible jusqu’à ce qu’il y ait des options qui m’aident à faire encore mieux», explique-t-elle.

Est-ce qu’elle refusera un spectacle dans une salle qui n’est pas écoresponsable? «Non, la réalité c’est que je souhaite un jour pouvoir le faire, mais en ce moment je ne suis pas rendue là. Pour l’instant, je fais mes demandes dans ma loge.»

Patience et préparation

Pour David Jolin, du Théâtre Petit Champlain (engagé ACT, d’ailleurs), l’intérêt de tourner au vert s’est manifesté chez les employés. S’en est suivi un long processus de changements d’habitudes. 

«C’est bien d’avoir le soutien des employés à l’interne pour entreprendre un virage vert. [...] Une chose à ne pas faire serait de vouloir tout faire tout en même temps. C’est vraiment important d’identifier les priorités, sur quoi on veut miser et d’y aller petit à petit. Faire un changement vert est un projet à long terme, il ne faut pas le voir comme un gros monstre qu’il faut tout de suite aborder», soutient-il.

Depuis 2018, le projet vert s’est mis sur pied. L’équipe a commencé avec le retrait des bouteilles d’eau, l’élimination des pailles et des flèches à cocktails, puis les verres à usage unique.

Une question financière se pose chaque fois, les revenus perdus des bouteilles représenteront-ils un problème? Pour le théâtre, les conséquences ont été positives, notamment le bar s’est désengorgé et les ventes par tête ont augmenté (les spectateurs se sont tournés vers l’eau Perrier en bouteilles de verre). 

Tranquillement, le théâtre attaque la consommation du papier et le compost, le plus dur reste la sensibilisation constante du public et des visiteurs.

«On y travaille encore, il faut être patient. On est rendus là.»

Pour plus d’informations: act-tour.org

Expositions

Une toile d'un artiste inconnu attribuée à Rembrandt [VIDÉO]

ALLENTOWN, Pennsylvanie - Grâce à la technologie moderne et à un véritable travail de détective, une toile de près de 400 ans qui avait longtemps été attribuée à un artiste inconnu dans l’atelier de Rembrandt est maintenant considérée comme une oeuvre du maître néerlandais lui-même.

Pendant des décennies, l’Allentown Art Museum, en Pennsylvanie, a exposé une peinture à l’huile sur panneau de chêne intitulée «Portrait d’une jeune femme» et l’a attribuée au «Studio de Rembrandt». Il y a deux ans, le tableau a été envoyé à l’Université de New York pour conservation et nettoyage.

Des restaurateurs ont alors commencé à enlever les couches épaisses et foncées de vernis qui avaient été ajoutées au fil des siècles - et ils ont commencé à soupçonner que Rembrandt lui-même a été responsable des traits originaux et délicats en dessous.

«Notre toile avait de nombreuses couches de vernis et cela a vraiment obscurci ce que vous pouviez voir du coup de pinceau d’origine, ainsi que la couleur originale», a déclaré Elaine Mehalakes, vice-présidente de la conservation à l’Allentown Art Museum.

Les restaurateurs ont utilisé une variété d’outils, y compris les rayons X, l’infrarouge et la microscopie électronique, pour déterminer qu’il s’agissait bien d’une oeuvre de l’un des artistes les plus importants et les plus vénérés de l’histoire.

L’analyse scientifique «a montré un coup de pinceau - et une vivacité de ce coup de pinceau - qui est tout à fait cohérent avec d’autres oeuvres de Rembrandt», a déclaré Shan Kuang, conservateur à l’Institut des beaux-arts de l’Université de New York, qui a restauré «Portrait d’une jeune femme».

Des experts externes qui ont examiné la peinture de 1632 après l’achèvement de sa restauration de deux ans étaient d’accord avec l’évaluation de l’université voulant qu’il s’agisse d’un authentique Rembrandt.

Lorsque «Portrait d’une jeune femme» a été légué au musée en 1961, il était considéré comme un Rembrandt. Environ une décennie plus tard, un groupe d’experts avait déterminé qu’il avait été peint par l’un de ses assistants. De tels changements d’attribution ne sont pas inhabituels: au fil des siècles, le nombre de toiles attribuées à l’artiste a varié entre 265 et 688, selon Mme Mehalakes.

Le musée n’a pas fait évaluer le tableau - et n’a pas l’intention de le vendre - mais des oeuvres authentifiées de Rembrandt ont déjà été vendues des dizaines de millions de dollars.

La toile, actuellement dans la voûte du musée, sera exposée au public à partir du 7 juin.

Télé et radio

TLMEP : Insolente Mariana

CHRONIQUE / Mariana Mazza n'était là pour convaincre personne à Tout le monde en parle. Ni ses fans qui apprécient d'emblée son irrévérence et sa franchise, encore moins ceux qui décrient sa vulgarité sur les réseaux sociaux. Dimanche, comme sur scène, Mariana a fait du Mariana, au risque d'écorcher les plus chastes oreilles et de provoquer les malaises les plus prononcés.

Ce n'est toujours pas hier que Laurent Duvernay-Tardif, à qui je décerne l'étoile du match, a laissé poindre ne serait-ce qu'un minuscule défaut. «Notre personne préférée depuis deux semaines» ira-t-il rencontrer le président américain, comme le veut la tradition pour les vainqueurs du Super Bowl? Si son équipe y va, sûrement. Et si la moitié décidait de ne pas y aller? Il reconsidérerait sa décision. Le médecin footballeur ne croit pas se lancer un jour en politique, même si son grand-père, aussi son mentor, a été ministre des Transports dans le cabinet de René Lévesque. Ambassadeur d'Héma-Québec, il donne son sang mais pas encore ses cellules souches. «On serait tous un peu intéressés», a blagué Guy A. La carte du fou du roi: «Profite bien de toute cette gloire car dans un avenir pas si lointain, tu ne seras qu'un pauvre médecin.»

«Guy! Guy! Guy!» a scandé l'assistance en voyant arriver Guy Lafleur, de retour d'une longue convalescence. La légende du hockey a subi un quadruple pontage et l'ablation du lobe supérieur de son poumon droit, qui contenait une tache cancéreuse. «Je fumais parce que je voulais que les autres soient à la même vitesse que moi», a blagué le démon blond, qui a encore un peu le souffle court. C'est après avoir visité des vignobles dans la vallée du Niagara qu'il a eu envie de lancer des vins à son nom, qui seront vendus à partir du 24 février. Des spiritueux suivront. «Ça débloque [les artères]», a poursuivi Lafleur, qui a raconté avoir volé la coupe Stanley en 1978, pour faire ensuite la tournée des discothèques. Au terme de sa carrière de joueur, il aurait aimé travailler plus activement au sein de l'organisation du Canadien ou des Nordiques. De plus tristes nouvelles concernent son ancien coéquipier Guy Lapointe, atteint d'un cancer de la gorge, et qui ne parvient plus à manger.

Il n'y a vraiment aucune limite à ce que Mariana Mazza peut dire en ondes, même assise entre les plus modérés Laurent Duvernay-Tardif et Guy Lafleur. «Je suis beaucoup moins vulgaire qu'on le prétend», affirme pourtant l'humoriste, avant d'ajouter: «Ceux qui ont pas aimé Femme ta gueule, venez pas voir Impolie.» Son deuxième spectacle ne comptera que 100 représentations et sera suivi d'un second volet, intitulé Polie, parce que «c'est pas vrai qu'on a juste une seule facette dans la vie.» «Si ça te choque, viens pas voir mon show, tu vas fendre en huit», répond-elle à François Lambert, qui l'a insultée sur Facebook. «On n'a jamais eu autant d'opinions, mais on n'a jamais eu autant rien à dire», dit-elle au sujet des réseaux sociaux, «un vecteur d'intimidation et de méchanceté». Elle ne renie pas son tatouage d'Éric Lapointe, mais... «Maintenant, je dis que c'est Elvis Presley... avant de mourir.»

Après celle de Mariana, la présence des pianistes Alain Lefèvre et d'Hélène Mercier faisait tout un contraste, teintée d'un profond malaise et d'une folie pure. Même que l'humoriste s'en est mêlée quand Lefèvre a souhaité que l'organisation du Super Bowl fasse une place à la musique classique dans son spectacle de la mi-temps, qu'il a trouvé «cheap». «Mais est-ce que vous avez vu la clientèle? Ils s'en contre-crissent de votre musique!» a lancé Mariana à un Lefèvre qui venait de critiquer les tenues des deux chanteuses. «Ce show n'a aucun sens!» s'est exclamé le pianiste, incrédule devant la tournure de la discussion. «Ça doit pas fumer des battes», a plus tard lancé Mariana au sujet d'Hélène Mercier, mariée au richissime homme d'affaires français Bernard Arnault, et qui se disait plus disciplinée que son confrère. Entre deux malaises, le duo de pianistes venait parler de son album des œuvres d'André Mathieu, que Lefèvre souhaite réhabiliter depuis plusieurs années. «On ne défend pas la musique de chez nous», a déploré le musicien, sorti décoiffé de l'entrevue.

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation Pierre Fitzgibbon n'a pas dérogé d'un poil de ses opinions franches émises dans les derniers mois, de l'accord raisonnable avec Bombardier et Airbus, jusqu'à la vente de V à Bell. Concernant la transaction impliquant l'A220, il croit que l'entreprise n'a aucun intérêt à délocaliser sa production à l'extérieur du Québec. Il n'est pas plus inquiet pour les 1500 emplois de la division ferroviaire, prévoyant une croissance «gigantesque» dans les prochaines années dans ce domaine. Il appuie sans réserve le maintien d'une diversité des sources, autant chez les anciens quotidiens de Groupe Capitales Médias, devenues des coopératives, que pour V avec Bell, une position qui lui a valu les foudres de Pierre Karl Péladeau. «On n'a pas la même opinion», a répété le ministre. Partage-t-il les craintes du PDG de Québecor sur la fragilisation de l'industrie si V est vendue à Bell? «Non», a-t-il simplement répondu, avant de prendre une gorgée de vin. «Ça c'est bad ass!» a lancé une Mariana Mazza amusée par son petit sourire.

Pour calmer l'ambiance, on ne pouvait mieux conclure avec Patrick Watson et son œuvre aérienne. En tournée internationale avec son sixième album, Wave, il dit détester les chansons tristes. «C'est exactement comme la vie, c'est très facile d'être triste», affirme l'artiste, qui réside toujours à Montréal. Fascinant de l'entendre dire pourquoi une chanson mérite de se retrouver sur un album plus qu'une autre: «Quand la chanson est plus grande que toi et que tu ne sens pas que c'est toi qui l'écris. [...] Quand je suis invisible dans la musique, c'est là que ça se passe.» Ou encore, quand il dit ne pas écrire en anglais comme on écrit en français, une langue plus précise et complexe. Lorsqu'on utilise une de ses chansons pour une pub, il a son mot à dire et fait des choix éthiques; il a dit oui à Guinness mais non à McDonald's. «Ça tuerait la chanson», a conclu Watson au terme de l'émission, certainement la plus déstabilisante de la saison.

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Musique

Souffrant de pneumonie, Elton John met fin à un concert

WELLINGTON — Elton John a interrompu brusquement un concert en Nouvelle-Zélande et s’est excusé au bord des larmes auprès de ses fans en expliquant qu’il souffrait d’une pneumonie, en plein milieu d’une tournée mondiale.

La vedette britannique de 72 ans peinait à chanter dimanche soir assis devant son piano lors de ce concert au stade Mount Smart d’Auckland.

Après avoir été examiné par un médecin à l’aide d’un stéthoscope, il a chanté encore deux chansons avant de s’arrêter en plein milieu du concert : «Je ne peux pas chanter, je viens de perdre ma voix», a-t-il dit au public d’une voix rauque.

«Il faut que j’y aille, je suis vraiment désolé», a-t-il lâché, ému.

Des séquences vidéo montrent Elton John vêtu d’un costume bleu poudre et portant ses lunettes surdimensionnées, debout au piano et haussant les épaules devant la foule, dans un geste d’impuissance.

Il a ensuite quitté la scène la tête baissée, aidé par les membres de son équipe, alors que la foule l’acclamait.

«On m’a diagnostiqué une pneumonie atypique plus tôt dans la journée, mais j’étais déterminé à vous donner le meilleur spectacle possible», a-t-il ensuite écrit sur son compte Twitter.

Cette pneumonie provoquerait de légères infections du système respiratoire.

Elton John est en Nouvelle-Zélande dans le cadre de sa tournée mondiale Farewell Yellow Brick Road, qui a débuté en 2018 et doit se terminer à la fin de cette année à Londres.

Avec des centaines de concerts à travers le monde, cette tournée est considérée comme la dernière chance de voir le chanteur avant qu’il ne prenne sa retraite.

Elton John doit se produire à Auckland mardi et jeudi avant de se rendre en Australie pour sept autres concerts. Le promoteur des étapes australienne et néo-zélandaise de la tournée, Chugg Entertainment, a déclaré que la vedette se reposait et que les événements allaient se poursuivre comme prévu.

«Les médecins sont confiants qu’il va se rétablir», a déclaré une porte-parole.

Cinéma

Départ en trombe pour Sonic au box-office 

LOS ANGELES — Défiant les pronostics, une boule bleue ultra-rapide a secoué le box-office nord-américain : pour sa sortie, Sonic le hérisson est arrivé en tête de la course dans les cinémas ce week-end, selon les chiffres provisoires publiés dimanches par la société spécialisée Exhibitor Relations.

Le long-métrage dédié au hérisson du groupe japonais Sega, l'un des personnages de jeux vidéo les plus célèbres au monde, a engrangé 57 millions de dollars de recettes de vendredi à dimanche aux États-Unis et au Canada, pour sa première semaine. Un chiffre qui s'élève à 68 millions en comptant la journée de lundi, fériée aux États-Unis.

Télé et radio

Suicide d’une présentatrice télé: ses agents dénoncent un «procès-spectacle»

LONDRES — Les agents de l’animatrice de télévision britannique Caroline Flack ont accusé le Parquet d’avoir voulu monter un «procès-spectacle» contre une personnalité «vulnérable», après le suicide samedi de la vedette de téléréalité qui devait être jugée pour avoir frappé son petit ami.

Après l’annonce du décès samedi, un avocat de la famille a confirmé que Caroline Flack s’était suicidée.

Connue pour avoir présenté le programme de téléréalité Love Island, Caroline Flack, âgée de 40 ans, devait être jugée en mars. Arrêtée en décembre, elle était accusée d’avoir frappé son petit ami avec une lampe pendant qu’il dormait, dans leur appartement au nord de Londres, avait annoncé le Parquet en janvier.

Le compagnon de Caroline Flack était revenu sur ses accusations dans un message sur Instagram, affirmant finalement «qu’elle ne l’avait pas frappé avec une lampe». Dimanche, il a publié sur le même réseau social un hommage à sa compagne disparue, se disant «le cœur brisé». «Je suis tellement perdu que je n’ai plus les mots, je souffre tellement, tu me manques tellement», a écrit Lewis Burton.

«Je serai ta voix, je te promets de poser toutes les questions que tu voulais [poser] et j’obtiendrai les réponses, a-t-il ajouté. Rien ne te ramènera, mais j’essayerai de te rendre fière chaque jour.»

Le Parquet «devrait réfléchir sur la manière dont ils ont monté un procès-spectacle qui était non seulement sans fondement, mais aussi d’aucun intérêt public. Et finalement cela a provoqué une importante détresse chez Caroline», ont pour leur part jugé les agents de la présentatrice dans un communiqué.

«Ces derniers mois, Caroline a été soumise à d’énormes pressions à cause de cette affaire et d’un éventuel procès qui a été souvent reporté», a déclaré Francis Ridley, de Money Talent Management.

L’avenir du programme Love Island, diffusé sur la chaîne ITV, est remis en question après une série de drames. Caroline Flack est la troisième personnalité liée à ce programme à se donner la mort, après Mike Thalassitis et Sophie Graydon, deux participants à l’émission.

Tabloïds et réseaux sociaux

La presse à scandale avait déjà largement fait écho à cette affaire, étalant Caroline Flack en première page après son arrestation. Son suicide a de nouveau fait dimanche matin la une des tabloïds britanniques.

Une pétition en ligne ayant récolté plus de 150 000 signatures dimanche demande une enquête au sein des médias à la suite de sa mort et aussi du «mauvais traitement» infligé au couple princier Harry et Meghan, qui avait lancé à l’automne dernier des poursuites judiciaires contre plusieurs tabloïds pour atteinte à leur vie privée.

Les réseaux sociaux sont aussi mis en cause dans le suicide de la présentatrice, qui avait subi à plusieurs reprises des attaques sur Internet depuis son arrestation.

Musique

Décès de Graeme Allwright, l’âme des protest singers en France

PARIS — Chanteur humaniste au parcours atypique, Graeme Allwright, décédé dimanche à l’âge de 93 ans, a fait découvrir les protest singers américains aux Français, en adaptant Pete Seeger, Woody Guthrie ou Leonard Cohen dans la langue de Molière.

«L’impact positif d’une chanson peut être extraordinaire. Il me donne de l’espoir, et la foi pour tenir face aux injustices, aux guerres, aux famines, à l’indifférence qui s’installe», confiait-il en 2014 au journal La Croix.

Né à Wellington, en Nouvelle-Zélande, le 7 novembre 1926, Graeme Allwright a découvert le jazz, les crooners et le folk en écoutant les programmes radio de la base militaire américaine installée dans la capitale néo-zélandaise.

À 22 ans, il obtient une bourse pour suivre des cours de théâtre à Londres.

Le jeune homme est recruté par le prestigieux Royal Shakespeare Theatre. Mais, amoureux de Catherine Dasté, il décline l’offre et le couple part s’installer en France, près de Beaune.

Graeme Allwright exerce une multitude de métiers : ouvrier agricole, apiculteur, machiniste et décorateur pour le théâtre, professeur d’anglais, maçon, plâtrier, vitrier...

Le Néo-Zélandais, qui ne connaissait pas un mot de français, y apprend peu à peu la langue de Molière et les subtilités de son argot, qu’il utilisera abondamment dans ses adaptations.

Hymnes de mai 68

À mesure que son français s’améliore, il renoue avec la scène, jouant notamment dans la troupe de Jean-Louis Barrault. Ce n’est qu’à 40 ans qu’il se lance dans la chanson.

«L’idée a peut-être germé dans mon esprit lorsque j’ai interprété quelques chansons de Brassens et Ferré, au cours d’une tournée avec une pièce de Brecht trop courte. Après un travail de moniteur dans un hôpital psychiatrique, j’ai pris ma guitare et je suis parti chanter des folksongs américaines et irlandaises au cabaret de la Contrescarpe [au cœur du Quartier Latin à Paris], sept soirs sur sept pour des clopinettes», a-t-il raconté.

La chanteuse Colette Magny remarque sa voix, teintée d’une pointe d’accent, et le présente à Marcel Mouloudji, qui lui conseille d’écrire une trentaine d’adaptations et produit son premier 45 tours Le trimardeur (1965).

Son répertoire contestataire, antimilitariste et profondément humaniste, puisé chez les protest singers, résonne avec les aspirations de la jeunesse française de l’époque.

Petites boîtes (adaptation de Malvina Reynolds), Jusqu’à la ceinture (Pete Seeger), Qui a tué Davy Moore? (Bob Dylan), Johnny (texte original) et surtout Le jour de clarté (Peter, Paul & Mary), son plus grand succès, deviennent des hymnes de mai 68.

Touché par Cohen

En 1973, il va voir Leonard Cohen à L’Olympia et en ressort profondément touché par le mysticisme et la sensualité du Canadien, dont il adapte de nombreux textes (Suzanne, Les sœurs de la miséricorde...)

Les salles de ses propres concerts sont pleines et Graeme Allwright se pose alors en principal concurrent d’Hugues Aufray, autre importateur du folk en France.

Mais le succès l’effraie. Se sentant dépassé, celui qui est aussi connu pour Sacrée bouteille prend ses distances en parcourant l’Égypte, l’Éthiopie, l’Amérique du Sud et surtout l’Inde.

Entre deux voyages, il rentre en France où il reprend ses concerts. En 1980, il partage la scène avec Maxime Le Forestier, pour une tournée dont les bénéfices sont reversés à l’association Partage pour les Enfants du Tiers-Monde.

Il continue également d’enregistrer. Dans les années 80, il revient d’un voyage à Madagascar avec des musiciens qui donnent une nouvelle tonalité à sa musique.

Depuis 2005, les concerts du chanteur aux pieds nus, qui continuait de sillonner l’Hexagone malgré son âge avancé, commençaient par un rituel immuable : une vibrante Marseillaise qu’il avait «adaptée» avec des paroles pacifistes. «Pour tous les enfants de la terre / Chantons amour et liberté», entonnait-il...

Arts

Un nouveau Banksy réalisé à Bristol pour la Saint-Valentin vandalisé

LONDRES — La nouvelle oeuvre de Banksy révélée à l'occasion de la Saint-Valentin à Bristol, dans le sud-ouest de l'Angleterre, a été retrouvée vandalisée samedi, selon plusieurs images circulant sur les réseaux sociaux.

L'insaisissable artiste avait publié vendredi sur son compte Instagram deux photos de sa nouvelle oeuvre: une petite fille tirant au lance-pierre, semblant faire exploser une gerbe de fleurs au dessus de sa tête.

Il a ainsi mis fin aux spéculations des habitants de Bristol, qui se demandaient si oui ou non l'artiste était derrière cette nouvelle création apparue jeudi dans leurs rues.

Mais l'oeuvre a depuis été vandalisée: plusieurs photos circulant sur les réseaux sociaux la montrent recouverte d'une inscription rose en forme de coeur et de l'inscription «BBC Wankers» (Les branleurs de la BBC).

Début décembre déjà, un passant avait vandalisé une peinture murale de Banksy à Birmingham (centre de l'Angleterre), ajoutant un nez rouge aux deux rennes qui tiraient un véritable banc où dormait quelqu'un. L'oeuvre, censée mettre en lumière la question des sans-abri au Royaume-Uni, a depuis été mise sous verre.

Arts

Après le Brexit, l'artiste Cold War Steve poursuit la bataille

SUTTON COLDFIELD — De l'histoire ancienne, le Brexit? Pas pour Cold War Steve. Armé d'un ordinateur portable dans sa modeste maison de briques rouges d'une banlieue semi-résidentielle de Birmingham, l'artiste britannique poursuit la résistance avec ses collages dystopiens et satiriques.

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier, «je reçois beaucoup de messages (me disant que) c'est fini, tu as perdu, tourne la page. Non, je ne vais pas passer à autre chose», assume le plasticien de 44 ans, de son vrai nom Christopher Spencer.

Dans son viseur, le «populisme» et les «mensonges» du gouvernement conservateur du Premier ministre Boris Johnson, grand ordonnateur du Brexit. Le Royaume-Uni a beau avoir tourné le dos à Bruxelles, après plus de trois ans d'intense psychodrame, les ressorts qui l'ont rendu possible sont toujours en place, déplore-t-il auprès de l'AFP.

C'est sur une simple table recouverte d'une nappe plastifiée, dans une petite pièce moquettée et encombrée attenante à son salon, à Sutton Coldfield (centre de l'Angleterre), que Cold War Steve peaufine sur Photoshop les collages qui lui ont apporté la notoriété sur Twitter, où il les publie, ainsi qu'une solide réputation anti-Brexit.

«Stupides»

Dans un photomontage posté juste avant le jour J, il a détourné l'image d'eurodéputés de l'europhobe Parti du Brexit, dont son chef de file Nigel Farage, brandissant un petit Union Jack lors de leur dernière séance au Parlement européen.

Ils sont au fond d'un trou dans une allée asphaltée, entre un Boris Johnson bedonnant affalé sur un banc et le président américain Donald Trump au derrière saillant - les deux hommes sont issus du même moule, juge Cold War Steve.

En toile de fond, une montagne de sacs poubelles évoque «l'hiver du mécontentement» de 1978-79, quand des grèves très dures contre le contrôle des salaires prôné par l'exécutif travailliste avaient entraîné l'avènement de Margaret Thatcher au pouvoir.

«Je voulais juste qu'ils aient l'air stupide», explique Cold War Steve, qui pense ses oeuvres jusque tard dans la nuit, quand sa femme et leur trois filles dorment, avant de les réaliser.

Ses scènes imaginaires se déroulent souvent dans un décor typiquement britannique dénonçant une vision passéiste du pays. Ce sont «les prétendus jours glorieux», avec des personnages se reposant sur «les vestiges de l'Empire» et «l'idée fausse que le Royaume-Uni se suffisait à lui-même et que c'est toujours le cas».

Absurdité de l'humour british oblige, la reine Elizabeth II, des politiciens ou hommes d'affaires du cru côtoient toujours un personnage récurrent, devenu la signature de l'artiste: Steve McFadden, acteur vedette du soap opera à grand succès «EastEnders» - «c'est Monsieur Tout le monde», observateur «déconcerté» ou «déçu».

«Bon pour les affaires»

S'il abhorre le Brexit, Cold War Steve lui doit aussi son succès, voire son salut.

Cet agent de probation est passé par plusieurs boulots après des études en art qu'il n'a pu poursuivre à l'université. Il a commencé en 2016 à élaborer de petits montages sur son téléphone portable. Histoire de passer le temps dans le bus le menant à son travail et surtout d'échapper à son alcoolisme et sa dépression.

Ils se veulent d'abord juste incongrus et plongent Steve McFadden en pleine guerre froide - d'où son nom d'artiste. Et puis, le 23 juin 2016, les Britanniques votent à 52% en faveur du Brexit.

«J'étais bouleversé», se souvient l'artiste. Il canalise alors sa colère dans ses créations, une démarche «très thérapeutique».

La sauce prend rapidement. Depuis, suivi par 225 000 abonnés sur Twitter, il compte à son actif des livres, une couverture du magazine américain Time, une exposition à Londres, des collaborations avec la Galerie nationale écossaise d'art moderne et le Birmingham Museum & Art Gallery.

Sa prochaine exposition se veut originale: tout un chacun peut télécharger gratuitement 23 oeuvres sur son site pour les exposer, en avril, où bon lui semble (un pub, une bibliothèque voire son salon).

Son rêve? Pouvoir un jour s'en passer. «Mais je ne peux l'imaginer de sitôt», souligne-t-il, tant le gouvernement est selon lui «incapable». «Je suis dans la position difficile où la pire chose pour moi était que Boris Johnson devienne Premier ministre. Mais d'un point de vue professionnel... c'est bon pour les affaires».

Fabrique culturelle

Sauvagines, un roman pleine nature de Gabrielle Filteau-Chiba

Gabrielle Filteau-Chiba habite sa maison à énergie solaire au bord de la rivière Kamouraska. Autrice écologiste, revendicatrice, féministe et dénonciatriste, elle y a rédigé son deuxième roman, Sauvagines. L’idée lui est venue alors que sa chienne s’est retrouvée prise dans un piège à coyotes. Elle l’a retrouvée presque morte mais l’a sauvée. Alors est venu le questionnement de la légalité de ces pièges, qui les installait au juste… La Fabrique culturelle l’a retrouvée dans l’arrière-pays du Kamouraska, en pleine nature.

Visionner la capsule dans l'application mobile : ici

Arts

Échappé des «Geôles de Sibérie», le Français Yoann Barbereau témoigne

RENNES — D'une séance de tabassage dans une prison russe à sa fuite à pied à travers la forêt estonienne, l'ancien directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk Yoann Barbereau, qui a fui la Russie en 2017 pour échapper à la prison, livre un témoignage digne d'un roman d'espionnage.

Le FSB (ex-KGB) «a encouragé ma vocation» d'écrivain, «je les remercie de tout coeur», ironise cet homme de 41 ans, qui publie mercredi Dans les geôles de Sibérie (Éditions Stock).

«Je n'invente rien, je ne romance jamais», sauf pour protéger des amis, assure-t-il dans un entretien à l'AFP. «C'est la stricte vérité telle que je l'ai vécue».

Directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk, en Sibérie, le jeune Français a été arrêté le 11 février 2015 par des hommes encagoulés, devant sa femme russe et leur fille alors âgée de 5 ans.

Emprisonné 71 jours puis interné en hôpital psychiatrique, il est poursuivi pour une affaire de pédophilie qu'il dit montée de toute pièce par le FSB, un «Kompromat» (dossier compromettant) aux origines toujours mystérieuses.

«Pas un seul témoin pour m'accuser, les éléments réunis formaient une construction tantôt loufoque, tantôt farfelue», décrit-il.

Dans son livre, Yoann Barbereau raconte «pour la première fois» cette soirée de tabassage en détention lors de la Saint-Valentin, durant laquelle les «gardiennes ont décidé de se divertir ou de se venger, peut-être les deux».

Placé sous résidence surveillée à Irkoutsk, Barbereau s'enfuit une première fois vers l'ouest, en laissant son téléphone dans un car en direction de la Mongolie afin de brouiller les pistes. Arrivé à Moscou, il est accueilli à l'ambassade de France, qui devient vite une prison dorée.

«Platon en robe de chambre»

Les Russes ayant été prévenus de sa présence, il ne peut plus sortir et doit noyer son ennui dans les «joies culinaires partagées» qu'il savoure dans les cuisines de l'ambassade. «Je suis un Platon en robe de chambre à l'ivresse paresseuse», raconte celui qui une fois par mois, le dimanche, prend l'apéritif avec l'ambassadeur.

Cette cohabitation forcée avec des diplomates français, qu'il juge «irréfléchis" et "incompétents», lui laisse un goût amer. «Un précepte guide les hommes du Quai d'Orsay: "En toutes circonstances, penser d'abord à se couvrir"», estime-t-il. «J'étais parfaitement inutilisable, inutile et même dangereux désormais pour leurs carrières».

Ce sont ces mêmes diplomates qui lui apprendront sa condamnation par contumace à 15 ans de camp à régime sévère par la justice russe. «J'étais aux portes d'un camp de travail, ces gens n'avaient qu'un objectif: construire un rempart et les écrans de fumée qui protégeraient leurs carrières», ajoute-t-il encore.

Des accusations rejetées à l'époque par le ministère des Affaires étrangères qui assurait que de nombreuses démarches avaient été effectuées auprès des autorités russes dans le seul but de trouver une solution qui permette à Yoann Barbereau de rentrer en France.

Des préparatifs d'exfiltration, entamés par des agents de la DGSE, sont abandonnés après l'élection présidentielle de mai 2017. Profitant de l'exposition médiatique suscitée par la diffusion d'un reportage d'Envoyé spécial sur son affaire, Barbereau décide finalement de s'enfuir seul, aidé par une amie russe, en préparant son trajet sur des cartes satellites.

Durant un périple à pied de 12 kilomètres à la frontière russo-estonienne, il croise un loup gris, s'enfonce dans un marais et entre enfin dans l'Union Européenne.

Arrivé à Paris, il est dès le lendemain sur le plateau de la célèbre journaliste Élise Lucet, qui ressemble «curieusement à la directrice de l'hôpital psychiatrique que j'avais connue».

Aujourd'hui installé à Douarnenez, dans l'ouest de la France, le fugitif, toujours visé par une notice rouge d'Interpol, voit sa fille, installée à l'étranger avec sa mère, pendant les vacances scolaires.

Il a entamé des procédures judiciaires contre l'État russe devant la Cour européenne des droits de l'homme et contre l'État français devant la justice administrative. Et réfléchit à un deuxième livre.

«Ce que j'essaie de faire, c'est de naître comme écrivain. C'est ce qui me rend heureux», dit-il.

Théâtre

La pièce Les voisins s’installe à la salle Albert-Rousseau

Quarante ans après sa création, la pièce-culte Les voisins de Claude Meunier et Louis Saia n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction.

Dans une mise en scène d’André Robitaille et avec une distribution rassemblant Guy Jodoin, Marie-Chantal Perron, Jean-Michel Anctil, Brigitte Lafleur, Rémi-Pierre Paquin, Marilyse Bourke, Pier-Luc Funk et Catherine Brunet, le spectacle a pris d’assaut vendredi les planches de la salle Albert-Rousseau pour quatre représentations à guichets fermés. 

La troupe sera de retour sur la même scène du 10 au 25 juillet. 

Cinéma

Harvey Weinstein considérait ses victimes «jetables», selon l'accusation

NEW YORK — Harvey Weinstein se croyait si puissant qu'il s'imaginait pouvoir s'en tirer en dénigrant de jeunes actrices plongées dans un monde où les magnats d'Hollywood les considéraient comme «entièrement jetables», a déclaré vendredi une procureure au jury dans sa plaidoirie.

L'ex-producteur de cinéma déchu subit un procès pour viol à New York.

«L'univers est dirigé par moi et elles n'ont pas l'option de se plaindre lorsqu'elles se font marcher dessus, cracher dessus, rabaisser et, oui, violer ou abuser par moi - le roi», a déclamé Joan Illuzzi-Orbon en imitant l'accusé.

À l'aide d'un écran de télévision installé près des jurés, les procureurs ont fait défiler des photos de l'actrice Annabella Sciorra et de cinq autres victimes alléguées ayant témoigné contre Harvey Weinstein. Joan Illuzzi-Orbon a affirmé au jury qu'à l'exception de Mme Sciorra, toutes les autres étaient «entièrement jetables». «Elles ne feraient jamais partie de son monde».

La procureure a également montré deux séquences. L'une du témoignage d'Annabella Sciorra, dans les années 1990, et l'autre de l'actuelle accusatrice dans ce procès.

Dans la première vidéo, Mme Sciorra relate la scène où elle a confronté celui qu'elle accuse de l'avoir violée. «Ses yeux sont devenus noirs et j'ai cru qu'il allait me frapper», décrit-elle.

Dans la deuxième séquence, l'accusatrice du procès en cours raconte la réaction de Harvey Weinstein, en 2013, lorsqu'elle lui a annoncé qu'elle avait un conjoint.

«Ses yeux ont changé et il n'était plus là. Ils étaient noirs et il m'a démolie», a-t-elle déclaré.

À certaines occasions, l'accusé s'est appuyé au fond de sa chaise en regardant l'écran devant lui qui reproduisait les mêmes images montrées au jury durant cette plaidoirie de trois heures.

La veille, la défense avait offert sa propre version épique d'une plaidoirie dans laquelle elle qualifiait le dossier de la poursuite de «conte sinistre» dénué de preuves prouvant la culpabilité de Weinstein.

L'avocate Donna Rotunno, qui défend Harvey Weinstein, avait reproché à la poursuite de créer «un univers parallèle» qui «prive les femmes adultes de tout bon sens, d'autonomie et de responsabilité». Elle avait ajouté que «le regret n'existe pas dans ce monde, les regrets ont été renommés "viols"».

Le jury a été libéré pour la fin de semaine et les délibérations doivent commencer mardi.

Harvey Weinstein, 67 ans, est accusé d'avoir violé une femme dans une chambre d'hôtel de Manhattan, en 2013, et d'avoir posé de force des actes de sexe oral sur une autre victime.

Arts

Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

LIVRE

L’affaires des hommes disparus, *** 1/2, BD, Kris Bertin, Alexander Forbes

L’éditeur québécois Pow Pow a réussi un bon coup avec la publication de L’affaire des hommes disparus, premier tome des Mystères de Hobtown, ville fictive de la Nouvelle-Écosse. Écrit et illustré, dans l’ordre, par Bertin et Forbes, la BD propose un croisement improbable entre les 4 As et Twin Peaks! Personnages étranges et situations bizarres peuplent les pages de cette enquête criminelle basée, comme le titre l’indique, sur la disparition d’une demi-douzaine de cinquantenaires. Parmi eux, le père de Sam Finch. Le jeune ingénieur va s’adjoindre le club de détectives de l’école secondaire pour mener l’enquête. Jouant des clichés — la pipe de détective, par exemple… — et des codes du suspense avec un style rétro dont le trait évoque Réal Godbout (Red Ketchup), le duo offre une œuvre captivante et décapante. Un deuxième tome, déjà publié en anglais, sera disponible à l’automne. Éric Moreault

Télé

Notre bulletin télé de mi-saison

Mis à part pour mon coup de cœur Léo et la confirmation de qualité des Pays d’en haut, les variétés et les séries documentaires supplantent la fiction cet hiver. En direct de l’univers et Les enfants de la télé ne s’essoufflent pas, ce qui est un exploit. Le crime, lui, ne paie peut-être pas, mais il captive et passionne, dans la fiction comme dans la réalité.

LÉO, 9,5/10, TVA

Fabien Cloutier frappe fort avec cette comédie, dont on savoure chaque réplique. Le monde rural vu par sa lorgnette est cru, oui, mais surtout attachant et vrai. Le dramaturge ne rit pas d’eux, mais avec eux, sans dissimuler leurs travers, oh non. Aucun personnage n’est inutile, surtout pas les collègues de Léo chez Dubeau Gâteaux. La deuxième saison, qui commençait cette semaine à TVA, est encore meilleure que la première. Le diffuseur n’avait pas eu une aussi bonne comédie depuis Les beaux malaises.

Expositions

Martin Bureau: églises en chapelle ardente

Explorant les lames de fond qui menacent de détruire nos civilisations, Martin Bureau dessine des catastrophes exaltantes et sublimes. Avec sa plus récente série, baptisée Saint-Déluge-de-la-Consolation, le patrimoine bâti part à la dérive, éventré, englouti par les vagues et les glaciers.

Le peintre nous ouvre la porte de son atelier du quartier Saint-Sauveur en pleine tempête. La longue pièce fenestrée est entourée de hauts bancs de neige, presque ensevelie par la bordée.

Expositions

Les nuées métalliques de Laurent Gagnon

Dès qu’on entre dans la salle d’exposition de Materia, de doux cliquetis parviennent à nos oreilles. Le bruissement métallique, entrecoupé de voix qui racontent des histoires de clés, accompagne une série de sculptures miniatures créées à partir des milliers de sésames recueillis par Laurent Gagnon.

Assemblées en nuées, soudées, les clés s’ornent de bleus, de verts et de noirs. L’artiste de Québec, qui travaille toujours à partir de matériaux récupérés, en a fait des fragments de paysages — arbres, nuages, montagnes et archipels. Les plus imaginatifs peuvent voir apparaître des vaisseaux volants à la carlingue bosselée.

Musique

Justin Bieber éprouvé et amoureux dans son nouvel album, Changes

NEW YORK — L’ancienne sensation adolescente de la pop Justin Bieber, très discret ces derniers temps, a fait un pas vers un retour à la vie publique vendredi en sortant son premier album depuis 2015, Changes, recueil de chansons douces et amoureuses.

Le Canadien de 25 ans — dont les accrochages avec la police et les problèmes de drogues ont entaché la réputation — a récemment pris du recul et révélé la dépression dont il avait souffert, ainsi que le bonheur qu’il avait trouvé dans le mariage.

Ce nouvel album aux colorations R&B est un retour hésitant sous les projecteurs qui présente l’amour comme un refuge contre les difficultés de la célébrité.

Les 17 chansons de Changes, courtes et pleines de messages d’amour destinés à sa femme, Hailey Baldwin Bieber, ont comme thème récurrent son désir d’évoluer.

«Parfois je souris comme si tout allait bien / Même s’il y a de la douleur sous le sourire», chante Justin Bieber dans le titre éponyme, d’une voix moins sucrée — et parfois modifiée avec l’autotune — que celle qu’il utilisait dans la pop de son adolescence.

Justin Bieber a recruté une cohorte de stars pour ce nouvel opus, dont les rappeurs Post Malone, Quavo et Travis Scott ainsi que la chanteuse Kehlani.

Découvert alors qu’il était adolescent après avoir publié des vidéos de lui en train de chanter sur YouTube, Justin Bieber s’est élevé au rang de superstar du jour au lendemain, mais a vite chancelé — avant de s’écrouler — sous le poids de sa célébrité.

En parallèle de l’album, Justin Bieber a lancé le mois dernier la série documentaire Seasons sur YouTube, pour présenter au public son processus créatif et son cheminement personnel.

«Je buvais du lean [un mélange de médicaments codéinés et de sirop], je prenais des pilules, de la molly [ectasy] et des champignons», confie-t-il dans la série.

«J’étais en train de mourir. Mon personnel de sécurité entrait dans ma chambre la nuit pour vérifier mon pouls. Les gens ne savaient pas à quel point c’était grave.»

Avec Changes, le jeune homme se présente maintenant comme quelqu’un qui préfère se blottir sur le canapé avec sa femme.

«J’ai le reste de nos vies», chante-t-il dans la chanson Confirmation. «Tout ce que vous voulez/et tout ce dont vous avez vraiment besoin est à la maison.»

Arts

Billie Eilish dévoile le nouveau thème officiel de James Bond

LOS ANGELES — La jeune chanteuse américaine Billie Eilish, révélation des Grammy Awards, a dévoilé vendredi le thème officiel du prochain volet des aventures de James Bond, écouté près de 3,5 millions de fois en quelques heures sur Instagram.

Intitulé No Time To Die comme le film, le titre qu’elle a écrit avec son frère et principal collaborateur, Finneas O’Connell, est marqué par la même mélancolie grunge à laquelle la chanteuse doit son ascension phénoménale.

Incarnation du cool à la voix grave obsédante et au style punk-rock décalé, Billie Eilish, âgée de 18 ans à peine, incarne un nouveau genre de vedette pop iconoclaste.

Elle a réalisé le grand chelem aux Grammy Awards fin janvier, décrochant notamment les prix d’album de l’année, chanson de l’année pour Bad Guy, révélation de l’année et enregistrement de l’année, la plus jeune à avoir réussi à rafler la mise dans ces quatre catégories majeures depuis le début de la compétition.

Elle est aussi la plus jeune artiste à avoir enregistré un thème officiel de James Bond, rejoignant de grands noms comme Adele, Madonna ou Paul McCartney. Elle l’interprétera en première mondiale lors de la cérémonie des Brit Awards, mardi à Londres, selon sa page Facebook.

La sortie du 25e volet de la saga James Bond est prévue en avril. C’est la cinquième — et a priori la dernière fois que Daniel Craig, 51 ans, interprète le célèbre agent 007.

Le «méchant» de l’histoire est incarné par l’Américain d’origine égyptienne Rami Malek, 38 ans, récompensé par un Oscar pour son interprétation de Freddie Mercury, chanteur emblématique de Queen.

Cinéma

Le Québécois qui a imaginé La Reine des neiges 2

Avant de se lancer dans les dessins d’un film d’animation, il faut transformer les mots du scénariste en représentation visuelle, il faut représenter l’idée du réalisateur en images. C’est le travail de Normand Lemay, un gars de Québec.

L’équipe de Walt Disney doit se doter d’un Head of story (responsable de l’histoire) pour chaque projet, et pour le deuxième chapitre de La Reine des neiges, M. Lemay a été choisi.

«C’est mon premier titre de supervision pour Frozen, je travaille plus près des réalisateurs. Très tôt dans le développement du film, on passe du temps assis autour d’une table dans la story room. Après, ça devient plus spécifique, un boulot de dessins. Mais avant d’attaquer le dessin, on essaie de savoir avec précision pourquoi on le fait», explique M. Lemay.

Pour le premier film mettant en vedette Elsa, le Québécois faisait déjà partie de l’équipe, mais juste à la plaquette à dessins. On lui a ajouté plus de responsabilités cette fois.

Il a aussi travaillé sur les dessins de Moana et de Zootopia, notamment, ainsi que plusieurs autres projets de Disney en développement... dont il ne peut révéler les titres.

Arts

Mois de la poésie: la révolution de la versification

La poésie se réinvente depuis quelques années, plus besoin de compter les strophes, les syllabes ou les rimes pour en écrire. Le Mois de la poésie présente justement une programmation garnie et diversifiée cette année, à l’image du genre et de sa «petite révolution».

«La poésie a fait un changement de gap. Plus de jeunes poètes ont voulu déclarer leurs textes sur des scènes et veulent être publiés. On a eu une petite révolution au Québec autour du genre, la poésie s’est donné une permission de changer un peu. Il s’agit d’une belle manière de se réapproprier notre langue, la distinguer de celle de la tadtion française», indique la codirectrice du Mois de la poésie, Vanessa Bell.

Un domaine d’étude n’est plus nécessaire pour accéder aux textes, ils sont compréhensibles et peuvent toucher tout le monde. Comme exemple, on pense souvent au slam qui est considéré comme de la poésie, l’éventail s’agrandi.

«On s’est donné le droit de jouer avec les mots, d’explorer. La poésie n’est pas juste dans la douleur, elle peut exprimer toutes les émotions. C’est vraiment de démocratiser la poésie. On ne pense plus que c’est complexe et qu’il faut comprendre le texte, lui trouver son deuxième sens», ajoute Mme Bell.

Populaire

Mme Bell et Juliette Bernatchez sont aux commandes du festival, qui présentera trente et un spectacles à l’intérieur d’un mois, du 29 février au 20 mars.

«Ce dont nous sommes le plus fières, c’est le nombre record de dépôts de dossiers lors de l’appel de candidatures.»

Les offres d’activités sont venues de partout dans la province, les deux directrices ont dû faire des choix difficiles... Plusieurs projets qui n’ont pu être conservés sont déjà dans la liste de l’année prochaine.

«Des fois c’est une question d’argent, on a un petit budget et on veut payer les gens à la juste valeur de leurs talents. On a tellement de chance à Québec, la scène est fleurissante, ils expérimentent et c’est important de mettre ce talent-là de l’avant», soutient Mme Bell.

Même si les candidatures viennent de partout en province, les codirectrices ont su attribuer une grande part aux artistes de Québec. La distribution est aussi intergénérationnelle, avec de nouveaux visages comme des noms bien établis, qui signent déjà quelques recueils.

«Après 13 ans d’existence, l’évènement prend son envol et s’ancre dans les habitudes des gens. On sent l’engouement autant chez les artistes que chez et festivaliers. La poésie prend plus de place dans nos vies, c’est quelque chose qui se découvre et se vit.»

Incontournables

Parmi les coups de cœur de la programmation se retrouvent les collaborations avec de nouveaux lieux, tels que le Monastère des Augustines (activité de collage) et le Musée de la civilisation (un micro dans une exposition!). Pendant un mois s’additionneront les ateliers, activités, lectures et micros ouverts pour divertir tous ceux qui auront «l’audace» de venir jeter un coup d’œil, en plus des habitués.

«Quand tu écoutes un album de musique, tu peux aimer seulement une pièce. C’est la même chose pour un recueil de poèmes, peut-être qu’il y en a juste deux ou trois qui te parlent. Je crois qu’il y a au moins un évènement pour chaque spectateur, il faut trouver celui qui nous correspond», termine Mme Bell.

Parmi les incontournables, on mentionne aussi le travail de la poète Hélène Dorion et les Violons du Roy, une adaptation parlée et symphonique originale.

Musique

Une DJ de Québec ouvre la soirée Électro Frette

Marilyne Shield, native de Québec, connaît bien le Carnaval. Ce vendredi, à 18h, elle y participe pour la première fois en tant qu’artiste. DJ Shieldie est fière d’ouvrir cette soirée mettant les DJs féminins à l’honneur pour une deuxième année consécutive.

Après avoir lancé la soirée Électro Frette, l’artiste prévoit rester sur la rue Jacques-Parizeau pour écouter ses consœurs DJs venues de partout dans le monde. Ryan Playground, Kendoll, Lady Style et Juicy M sont au menu de cette soirée de musique électronique.

Arts

Sortir à Québec: FDL Fest, Fat Fest et activités carnavalesques 

Du 12 au 23 février, le centre commercial Fleur de Lys propose pour une deuxième année le FDL Fest.

Sous le thème de la danse, toutes les familles sont conviées pour deux fins de semaine d’activités gratuites, du jeudi au dimanche. 

Piste de danse, spectacles, animation, jeux gonflables, sept zones de divertissements variés seront aménagées. 

On tentera également de battre le record Guiness sur le clip Baby Shark  du jeu vidéo Just Dance le 23 février à 13 h. Fleur de Lys, 552, boulevard Wilfrid-Hamel, Québec. 

Pour l’horaire détaillé: www.fdlfestquebec.com

Musique

La liste: cinq chansons pour les cœurs esseulés

Formidable (2013), Stromae

Dans cet extrait phare de son deuxième album, Stromae interprète un gars saoul récemment largué qui erre dans les rues en interpelant les passants. La vedette a tourné son clip en caméra cachée, feignant l’ivresse à Bruxelles. Organisée ou non avec le gars des vues, l’intervention policière qu’on y voit n’a certainement pas fait pâlir le facteur sympathique souvent accolé aux Belges. Geneviève Bouchard

Musique

Thomas Bélair-Ferland : Tracer sa route

Thomas Bélair-Ferland aime Les Sœurs Boulay. Beaucoup. Même qu’il leur a consacré toute une chanson, Sœurettes, qui n’est pas passée inaperçue sur le Web à sa sortie, fin janvier. À 21 ans, l’auteur-compositeur-interprète natif de Charlesbourg, qui a lancé cette semaine l’album Route baroque, est toutefois loin d’en être à ses premières armes en musique et sur les planches.

«Ce gars vient de casser mon Internet. Et de faire ma journée», a écrit Eli Bissonnette de la maison de disques Grosse Boîte — celle des Sœurs Boulay — en partageant le clip de Sœurettes sur Facebook. Dans les commentaires sur YouTube, la chanson s’est attirée de bons mots de Safia Nolin et d’Elliot Maginot, notamment. De quoi laisser l’auteur de l’hommage, qu’il traîne depuis quelques années, un peu incrédule.

Cinéma

Isabelle Nanty: Sauver le monde une action à la fois

PARIS — Isabelle Nanty a joué dans plus d’une soixantaine de longs métrages, dont plusieurs films emblématiques (Tatie Danielle, Les visiteurs, Amélie Poulain…). Mais la blonde actrice de 58 ans, malgré son talent évident, est souvent reléguée aux seconds rôles. Comme dans Fahim, bientôt sur nos écrans, où Gérard Depardieu lui fait de l’ombre. La battante n’en a cure. Le Soleil s’est entretenu avec cette femme attachante et articulée qui n’a pas peur de brasser la cage.

Q Pierre-François Martin-Laval a écrit ce rôle pour vous. Mais au-delà de ça, qu’est-ce qui vous a séduite dans cette histoire inspirée du destin fabuleux du jeune Fahim Mohammad qui, parti du Bangladesh, devient champion de France aux échecs en 2012?

Musique

Le Festival d’été de Québec quitte la basse-ville

Le Festival d’été de Québec (FEQ) centralisera ses activités en haute-ville en 2020. Une baisse d’achalandage observée l’année dernière à l’Impérial et des travaux de rénovation prévus en juillet dans le théâtre de la rue Saint-Joseph poussent l’organisation à quitter les lieux. Du coup, elle se retirera aussi des autres salles qu’elle investissait dans le quartier Saint-Roch.

Exit donc le District Saint-Joseph, L’Anti et Le D’Auteuil, tous voisins (ou presque) de l’Impérial — salle détenue par 3E et le FEQ —, qui ne figureront pas à la programmation du festival. En revanche, le FEQ renouera avec le parc de la Francophonie dont la scène avait été déménagée l’an dernier sur la voisine place George-V. Les deux sites n’en formeront qu’un, baptisé «Parc Grande Allée».

Selon la directrice générale du FEQ, Anne Hudon, la décision de quitter l’Impérial tient en partie au fait que les fins de soirées du festival ont été déménagées l’an dernier au Manège militaire. «Quand on a fait notre post-mortem, on a vraiment observé une diminution d’achalandage dans la salle, explique-t-elle. Ça nous a mis la puce à l’oreille. Certains soirs, on a même trouvé ça un peu tristounet pour notre salle. C’est une salle assez magique, on ne veut pas la faire mal paraître pendant le festival. On était vraiment en questionnement là-dessus.»

Une demande formulée à Patrimoine canadien pour une modernisation de l’Impérial et qui a été accueillie positivement en décembre dernier a confirmé l’idée de retirer le théâtre de la grille de programmation.

«La première partie [du financement] devait être dépensée avant le 31 mars, ajoute Mme Hudon. Ça nous a forcés à travailler très vite pour faire l’acquisition de leur portion. Notre contribution, on la met sur des travaux et ça nous adonnait vraiment bien de les faire cet été.»

Quant à la décision de délaisser aussi les autres salles de la basse-ville, elle allait de soi pour l’équipe. «La prémisse, c’était notre salle. Des gens se sont greffés à cette offre-là. C’était logique à ce moment-là. Là, ça l’était beaucoup moins. On a concentré nos efforts en haut», note la directrice générale, soucieuse de «créer un pôle» autour du nouveau site du Parc Grande Allée. 

Théâtre

«Le devisement du monde»: de l’émotion à l’anecdote

CRITIQUE / L’homme de théâtre Kevin McCoy boucle une importante boucle dans sa carrière ces jours-ci au Diamant en complétant son «Triptyque migratoire». Avec la pièce «Le devisement du monde», il ramène les spectateurs dans ses valises. Un voyage qu’il fait bon de suivre dans sa touchante première moitié, mais qui s’essouffle dans un deuxième acte plus anecdotique.

Avec Le devisement du monde, Kevin McCoy vient clore une trilogie théâtrale entamée en 2006 avec Ailleurs et poursuivie en 2015 avec Norge. Le premier spectacle était ancré dans le thème de l’immigration à Québec, notamment la sienne, lui qui a déménagé ses pénates dans la capitale en 1996. Le deuxième s’intéressait notamment à sa relation avec sa mère dans une poursuite de ses racines en Norvège. Avec le troisième volet, le paternel est à l’honneur, à l’heure des adieux, dans une mise en exergue d’un amour des voyages en général et des périples de Marco Polo en particulier.

Cinéma

Steve McQueen expose ses films d’art à la Tate Modern [VIDÉO]

LONDRES — Le réalisateur britannique Steve McQueen expose au musée londonien Tate Modern une série de films courts axés sur des expériences souvent liées à l’identité noire, invitant à une exploration sensorielle.

Installé entre Londres et Amsterdam, McQueen, qui a été le premier réalisateur noir à gagner l’Oscar du meilleur film avec Esclave pendant 12 ans, en 2014, milite pour la diversité, en particulier dans le monde du cinéma.

À la Tate Modern, Static accueille le visiteur, film de la statue de la Liberté à New York tourné au plus près, scrutant sous tous les angles cette statue familière et symbolique, sur fond sonore assourdissant du bruit de l’hélicoptère de prise de vue.

«Ce qui intéresse Steve, c’est notre vision du monde, comment les humains essaient de représenter la liberté», explique Fiontan Moran, commissaire adjoint de l’exposition.

7th Nov 2001 montre le plan fixe d’un corps pendant que le cousin de Steve, Marcus, raconte en voix hors champ comment il a accidentellement tué son frère, une expérience particulièrement traumatisante.

Dur également Western Deep, une installation immersive donnant à ressentir l’expérience de mineurs en Afrique du Sud, les suivant au fond de la mine avec une recherche sur la lumière et le bruit.

Ashes est un hommage à un jeune pêcheur de la Grenade, île d’origine de la famille de Steve McQueen, filmé sur son bateau, des images de beauté et de douceur tragiquement inversées sur l’autre face de l’écran de projection, qui montre la construction d’une tombe commandée par McQueen pour le jeune pêcheur, Ashes, tué par des trafiquants de drogue.

Poésie

Militant, End Credits est un hommage au chanteur afro-américain, acteur et défenseur des droits civiques Paul Robeson (1898-1976), mis sous surveillance par le FBI. Le film voit défiler pendant 5 heures des documents censurés du FBI sur cette surveillance, lu par une voix hors champ.

«Il teste les limites de la façon dont on peut recueillir des informations sur les gens en ces temps de surveillance de masse», souligne Fiontan Moran.

Toujours dans une veine militante, l’exposition figure une unique sculpture, Weight, une première fois exposée dans la prison d’Oscar Wilde à Londres. Elle représente une moustiquaire dorée drapée sur un sommier de prison en métal, abordant le thème de l’enfermement et le pouvoir de l’imagination permettant d’en sortir.

L’exposition se déroule en même temps que celle de la série de portraits géants de classes d’écoliers de Londres, Year 3, réalisée par McQueen, dont bon nombre ont été exposés dans les rues de Londres l’an dernier.

«Je me souviens de ma première visite à la Tate quand j’étais un tout jeune écolier de 8 ans, c’est vraiment le moment où j’ai commencé à comprendre que tout était possible», a souligné McQueen à l’occasion de l’exposition, ajoutant que la Tate Modern «est l’endroit où mon parcours d’artiste a commencé».

Il expliquait ainsi récemment au Financial Times la différence entre ses films d’art et ses longs métrages : «Les uns sont de la poésie, les autres un roman. La poésie est condensée, concise, fragmentée. Le roman est une longue histoire.»

L’exposition se poursuit jusqu’au 11 mai.