Adelmo «Zucchero» Fornaciari a multiplié les collaborations au fil de sa carrière. Il compte parmi ses bons amis les Eric Clapton, Luciano Pavarotti, Paul Young et Brian May. Le guitariste prépare un spectacle au Madison Square Garden de New York pour avril. Sting sera là, tout comme Sam Moore et le trompettiste Chris Botti, pour ne nommer que ceux-là.

Zucchero: le plus américain
 des Italiens

Le chanteur et guitariste Adelmo «Zucchero» Fornaciari présentera lundi à l'Impérial son premier spectacle à Québec en carrière. L'Italien qui a vendu plus de 50 millions d'albums à travers le monde et collaboré avec plusieurs grands de la musique, de Pavarotti à Bono en passant Eric Clapton et Miles Davis, demeure attaché à ses racines latines, mais avoue que c'est le soul, le gospel et le rock américain qui l'ont incité à devenir musicien.
«Quand j'étais jeune, on entendait des chansons classiques romantiques en Italie et ce n'était pas vraiment intéressant. On commençait aussi à entendre parler d'Aretha Franklin, Ray Charles et d'autres artistes soul américains. Ils n'étaient pas si populaires que ça en Italie, mais j'ai tout de suite su que c'était la musique que je voulais faire», explique Zucchero en entrevue téléphonique avec Le Soleil.
«C'est peut-être parce que je savais que ma voix et ma musique se rapprochaient du soul américain que je voulais emprunter cette avenue. Je suis Italien, alors j'ai décidé de mélanger les deux styles, car je trouvais que ça allait bien ensemble», poursuit-il.
Randy Jackson
Après avoir lancé son premier album, Un po' di Zucchero en 1983, c'est d'ailleurs la route des États-Unis que Zucchero a prise afin de dénicher des musiciens pour jouer sur son prochain album. À San Francisco, il a fait la rencontre d'un bassiste nommé Randy Jackson, devenu une vedette de la télé alors qu'il occupait l'un des sièges de juge à l'émission American Idol de 2002 à 2013.
«Un grand musicien, un gars comique, un être humain fantastique», déclare encore aujourd'hui Zucchero à propos de Jackson. «Randy m'a aidé à monter un groupe, il a recruté tous les musiciens, notamment (le claviériste) David Sancious, un ancien du E Street Band. Quand je suis retourné en Italie, c'était comme un nouveau souffle. Personne ne faisait ce style-là», explique-t-il.
Zucchero et Jackson sont devenus très proches au fil des années. «Il y a deux ans, on a abouti tous les deux dans le même studio à Los Angeles et il m'a invité à jouer avec lui, Eric Clapton et Sam Moore. Randy est vraiment un chic type! Et grâce à American Idol, il est une star maintenant!»
Rythmes cubains
Pour son nouvel album La Sesión Cubana, lancé il y a quelques semaines en Amérique, Zucchero incorpore aussi les rythmes cubains à ses compositions, un projet qu'il caressait depuis déjà un bon bout de temps. L'album a été enregistré à La Havane avec la participation de 16 musiciens cubains, dont le batteur Horacio «El Negro» Hernandez et le regretté pianiste Pucho Lopez.
«Ce n'est pas de la musique cubaine typique, ce sont mes chansons avec des musiciens cubains. Ils sont fantastiques, ils amènent leur propre son, leur propre rythmique. C'était très excitant de travailler avec eux», avoue l'Italien.
À cette occasion, Zucchero s'est aussi permis une reprise en italien de l'une des chansons cultes du pays des Antilles, Guantanamera de Joseíto Fernández. «Cette chanson n'était pas prévue au départ, mais je me suis rendu compte qu'elle avait beau avoir été traduite en plusieurs langues, personne ne l'avait jamais faite en Italien avant!»
Il a aussi composé la pièce Cuba Libre (Mi Amor) en l'honneur du peuple cubain. «C'est une chanson à double sens, car j'aime beaucoup le peuple cubain, des gens qui aiment la vie même s'ils sont très pauvres. J'aimerais les voir devenir libres. Libres par rapport au régime politique là-bas, mais également libres de faire ce qu'ils veulent, libres aussi dans le sens d'être moins pauvres.»
Long délai
Le projet cubain de Zucchero a en fait été réalisé il y a quelques années, puisque l'album que vous trouvez dans les bacs au Québec depuis quelques semaines seulement était en fait en vente en Europe depuis 2012.
«Pendant des années, ma compagnie de disques et mon gérant m'ont dit que si j'enregistrais à Cuba, ça affecterait ma carrière en Amérique. Pendant des années, je les ai écoutés, mais, en bout de ligne, j'en ai eu assez et j'ai décidé de le faire quand même! Ma compagnie n'a toutefois pas sorti l'album en Amérique. Ce n'est que cette année qu'elle a enfin décidé de le faire», indique-t-il pour expliquer ce long délai.
Toujours 
avec Was
Depuis son album Fly, lancé en 2006, Zucchero n'a jamais quitté le producteur Donald Fagenson, alias Don Was, une collaboration qui s'est poursuivie sur Chocabeck (2010) et La Sesión Cubana, qui vient tout juste de paraître en Amérique.
«C'est mon troisième album avec lui. Pourquoi? Parce que c'est un producteur fantastique qui a produit plusieurs artistes, notamment les Rolling Stones», indique Zucchero au sujet de celui qui a en effet produit tous les albums des Stones depuis Voodoo Lounge.
«Il a cette qualité qui est de toujours placer le bon musicien sur la bonne pièce. Ses attentes sont toujours réalistes, il ne s'attend pas à ce que chacun soit parfait. Il me donne aussi beaucoup de liberté, mais, en même temps, il sait me conseiller quand j'en ai besoin», résume-t-il à propos de celui qui s'est aussi fait connaître comme membre du groupe Was (Not Was).
Des amis nombreux
Au fil de ses nombreuses collaborations, Zucchero a noué des liens avec plusieurs musiciens et avait décidé, en 2004, d'enregistrer avec eux un album, Zu & Co, et d'organiser un grand spectacle au mythique Royal Albert Hall de Londres auquel ont pris part plusieurs de ses amis, dont Eric Clapton, Luciano Pavarotti, Paul Young et Brian May.
Il répétera d'ailleurs bientôt l'expérience au Madison Square Garden de New York avec d'autres de ses potes. Le prochain Zu & Co est en effet prévu le 23 avril dans le Big Apple et le musicien avoue avoir très hâte. «La présente tournée et ce grand spectacle occupent toutes nos énergies présentement», avoue-t-il.
La chanteuse des Cranberries, Dolores O'Riordan, qui était présente au Royal Albert Hall, sera de retour à New York et Zucchero amènera avec lui d'autres collaborateurs, dont plusieurs musiciens italiens.
«Ce sera quelque chose, Sting sera là, Sam Moore également, le trompettiste Chris Botti et le rappeur Jovanotti», indique le musicien. La liste des invités inclut aussi les chanteuses italiennes Fiorella Mannoia et Elisa ainsi que le chanteur et guitariste mexicain Fernando «Fher» Olvera, du groupe Maná.
Vous voulez y aller?
Qui: Zucchero (Americana Tour)
: Impérial de Québec,
252, rue Saint-Joseph Est
Quand: lundi 17 mars, 20h
Billets: 56,50$
Téléphone: 418 523-2227
 ou 1 877 523-3131