Comme dans Roméo et Juliette, R (Nicholas Hoult), un mort-vivant atypique, s'éprend de Julie, la fille du chef des chasseurs de zombies, dans Zombie malgré lui.

Zombie malgré lui: Shakespeare chez les mangeurs de cerveau

On pouvait s'attendre au pire. Un film de zombies, genre surexploité ces dernières années, qui dissimule en fait une histoire d'amour impossible entre jeunes. Or, malgré ses maladresses, son côté fleur bleue et son dénouement convenu, Zombie malgré lui (Warm Bodies) s'avère un divertissement plutôt réussi, un bon petit moment de cinéma.
Huit ans après une mystérieuse épidémie qui a transformé presque toute la population en morts-vivants, une poignée de survivants vivent reclus dans une ville retranchée, sous la poigne martiale de Grigio (John Malkovich!?). Sa fille Julie (Teresa Palmer) est sauvée par R (Nicholas Hoult), un zombie atypique qui s'ennuie, lors d'une expédition qui tourne mal. Les deux nouent une improbable relation et R retrouve petit à petit son humanité. Ce qui a des effets sur les deux communautés...
Jonathan Levine a démontré avec 50/50 qu'il pouvait concilier les genres. Le réalisateur y arrive encore avec Zombie malgré lui. Il a su trouver le ton juste, avec un humour parfois ironique. La direction d'acteurs est correcte, Hoult et Palmer n'en font pas trop.
Évidemment, les invraisemblances font partie du genre. Et le spectateur est prêt à être indulgent. Sauf qu'on a un peu de difficulté à croire que Julie suit R sans protester et sans paniquer en plein repaire de morts-vivants. M'enfin. Pour un peu qu'on laisse son sens critique au vestiaire, on s'amuse.
Surtout qu'une fois rendu là, R pige dans sa collection de vinyles des années 80: Guns N' Roses (Patience), Springsteen (Hungry Heart), Dylan et même Missing You de John Waite (ironiquement pendant que R mange du cerveau). Puis un film qui se conclut sur Runaway, de The National, ça attire la sympathie.
S'il n'y avait que ça, ce serait un peu court. Mais l'histoire d'amour du duo est une transposition de Roméo et Juliette - R et Julie, la pognez-vous? Il y a même un clin d'oeil à la scène du balcon. Le contexte est différent, Shakespeare ne faisait pas allusion au cannibalisme, mais le fond reste le même: l'amour pur est incapable de discrimination et ne saurait souffrir aucune contrainte.
Montréal en décor
Le film contient une plus-value pour les spectateurs d'ici: Mont­réal sert de toile de fond à l'action. Bien que «maquillée», on reconnaît sa silhouette. Et les scènes de l'affrontement final se déroulent au stade olympique. À souligner, les images en tons de gris apocalyptiques, presque délavés, qui sont en adéquation avec le sujet et contribuent au climat du film.
Bref, des zombies pour attirer les gars, mais pas trop de scènes sanguinolentes, et une histoire d'amour cute pour les filles. Zombie malgré lui s'adresse aux ados, mais dans le genre, c'est largement supérieur à ce qu'on leur destine habituellement. C'est même intelligent et bien fait.
Avec une petite morale à la clé: les zombies actuels sont rivés à leurs appareils électroniques et passent à côté des plaisirs simples de la vie...
Au générique
Cote : **1/2
Titre : Zombie malgré lui
Genre : épouvante romantique
Réalisateur : Jonathan Levine
Acteurs: Nicolas Hoult, Teresa Palmer et John Malkovich
Salles : Cinéplex Beauport, des Chutes, Lido et Sainte-Foy (v.f. et v.o.a.)
Classement : 13 ans et plus
Durée : 1h38
On aime : la trame sonore, Montréal en rideau de fond
On n'aime pas : le côté fleur bleue, les invraisemblances