Zebda: le party dans la place!

Zebda avait l'honneur de cette première soirée du 48e Festival d'été de Québec (FEQ) à place D'Youville, remplie à capacité d'une foule heureuse et dansante. Le quintette de Toulouse n'a pas manqué ses retrouvailles avec la capitale en livrant une prestation enlevée. Le party dans la place!
Les artistes ressortent souvent les mêmes clichés pour exprimer leur joie d'être à Québec - Zebda a fait dans l'original pour L'accent tué : «Quand on arrive ici, on est contents parce qu'on n'est pas les seuls à avoir l'accent...» Le ton était donné : chaleureux et enjoué.
Militant, Zebda revendique la différence et l'égalité sociale - le groupe n'a pas hésité à dédier une pièce au peuple grec! Ou à rendre hommage aux «anciens» avec la pièce Les Chibanis, puis Mon père.
Reste que c'est surtout la musique enlevante qui était en vedette, métissage de rap et de reggae (le raggamuffin), avec des moments plus rock. C'est un peu redondant - forcément -, mais l'interaction entre les trois chanteurs énergiques réussit à maintenir le dynamisme très élevé :  la foule ne se faisait d'ailleurs pas prier pour taper dans les mains. Pas mal Motivés (jouée à la toute fin) pour un collectif qui célèbre sa 30e année d'existence!
Zebda a interprété une demi-douzaine de titres de son dernier album, Comme des Cherokees (2014). La troupe a aussi beaucoup puisé dans Essence ordinaire (1998), le disque de la reconnaissance et de son mégasuccès, Tomber la chemise. Ça sautait partout dans la foule et les chemises tournoyaient.
On est chez nous, chantait le groupe jeudi soir. On dirait bien.
Bégin hésitant
Claude Bégin, ses quatre musiciens et sa choriste (sa soeur Élise) ont donné le coup d'envoi des festivités à place D'Youville, sous une température resplendissante et pas mal de monde dans les circonstances. C'est toujours un peu ingrat se produire à 18h, mais le chanteur de Québec s'en est bien tiré. Il a évidemment largement choisi des pièces de son premier CD, Les magiciens, oscillant entre folk rock et rock plus musclé, mais aussi dans le répertoire d'Alaclair Ensemble.
Bégin était hésitant dans ses interventions et cherchait parfois ses marques sur la scène -les enchaînements étaient vraiment trop loooooongs. L'ex-rappeur disait à la blague (?) vouloir vivre un rêve de rock star. Le potentiel est là, mais va falloir travailler ça.
Belle découverte
On a eu droit à tout un changement de registre ensuite avec Jungle By Night. L'ensemble de neuf musiciens repose sur un trio de cuivres et un autre de percussionnistes pour distiller son afrobeat qui flirte aussi avec le funk, le soul et le rock. Dans la vingtaine, les gars ont offert une prestation enlevée, sympathique et sans prétention.
Avec son groove instrumental hypnotique aux longues envolées répétitives, le groupe d'Amsterdam, «très heureux» d'être au FEQ, a bien mis la table pour Zebda. Une très belle découverte.