François Patenaude a imité Alexandre Duplessis, l'ancien maire de Laval.

Zap 2013: lendemain de veille

«Vous étiez formidables, j'ai été fort minable... de vous croire capables.» Pastichant Stromae, les souverainistes Zapartistes ont chanté vendredi leur lendemain de veille, après l'euphorie de 2012 et devant le bilan du gouvernement Marois. À leur dernière revue de l'année, le groupe de comiques caustiques friand de politique a été fidèle à lui-même en n'épargnant à peu près personne.
À travers la lentille de Zap 2013, Pauline Marois se vante des exploits de son équipe, clamant que «ce n'est pas notre genre de créer une crise artificielle juste pour rester au pouvoir». L'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois «nous éclaire du haut de ses 23 ans», Philippe Couillard devient un ours - «l'ursidé le plus ambitieux de la famille des arrivistes», pour être plus précis - et Justin Trudeau un playboy au discours aussi dégarni que la poitrine qu'il expose sous sa chemise ouverte. Un cuisinier cool nous invite à manger du pauvre «à la sauce Maltais» et la charte des valeurs rend fou, jusqu'à se faire chanter sur tous les rythmes dans un medley de fermeture aussi hilarant qu'électrisant. On ratisse large, donc, et ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle.
La charte prend beaucoup de place dans le bilan des Zapartistes, mais l'année municipale qu'a été 2013 a aussi été passée à la moulinette, vendredi. Des coups de théâtre (ou de tonnerre) lavallois aux relents absurdes de la commission Charbonneau, en passant par le nouveau duo humoristique «Régisse et Denisse», où une caricature de notre maire offre ses conseils à son homologue montréalais : «Moi, j'ris pas du monde méchamment et gratuitement... je suis payé pour!» se réjouit-il notamment.
Le collectif formé de Vincent Bolduc, de François Patenaude, de Jean-François Nadeau, de Brigitte Poupart, de Christian Vanasse et de Nadine Vincent (la Zapartiste de l'ombre) a repris du service dans une formule éprouvée : une série de micros sur pied, du texte à la tonne, des accessoires faits maison, une bonne dose d'indignation, du sarcasme et un talent certain pour les imitations. À ce chapitre, M. Nadeau se démarque : son Stephen Harper et son Lucien Bouchard sont franchement irrésistibles.
Les Zapartistes reviennent au Capitole ce soir pour présenter leur vraie dernière revue de l'année : leur tournée se termine ici et ils ont annoncé qu'ils renonçaient à la formule. On peut toutefois s'attendre à les revoir sur scène avant longtemps : «S'il y a des élections au printemps, on va être là», ont-ils promis.