Zachary Richard, qui, les yeux fermés, y est allé d'une chanson a capella en quittant son auditoire

Zachary Richard, le miroiseur

­Zachary Richard a une grande passion pour les oiseaux, mais il refuse catégoriquement d'endosser le titre d'ornithologue.
«Nous ne sommes pas des ornithologues, nous sommes des birds watchers, nous sommes des miroiseurs. On peut être un ornithologue et passer sa vie derrière un bureau. Moi, je miroise. Miroiser, c'est un phénomène de société. Il y a toute une communauté de miroiseurs au Québec», révèle-t-il, dans une entrevue réalisée juste avant la conférence qu'il donnait au Congrès des ornithologues amateurs du Québec (COAQ) le 11 septembre.
Ça fait plus de 20 ans que Zachary Richard s'intéresse aux oiseaux et la première fois qu'il a été interpellé, c'est dans sa Louisiane natale alors qu'un busard Saint-Martin survolait une prairie à un mètre du sol.
Ce spectacle l'a littéralement ébloui et il dit, sourire en coin : «C'était comme perdre ma virginité. De voir cet oiseau dans la plaine, au ras du sol, j'ai été fasciné par son comportement.» Le lendemain, il se rendait à Lafayette et il achetait son premier guide d'identification, un Peterson.
Zachary Richard aime tout de l'observation des oiseaux. «J'aime la miroise», dit-il.
Où qu'il soit dans le monde et particulièrement au Québec, il a toujours ses jumelles avec lui. «Au Québec, c'est superbe, on a toujours accès à une espèce, quelle que soit la saison», ajoute-t-il.
Il est toujours interpellé par la nature. Pour lui, c'est essentiel d'y mettre les pieds.
«À un certain moment, tu as de plus en plus le goût d'aller plus loin et tu peux pratiquer de la miroise extrême. Je me suis rendu dans des endroits plus ou moins accessibles. Si tu veux observer un pic à bec ivoire, un oiseau qu'on n'a plus revu depuis 1943, il faut que tu ailles très loin», dit-il.
Camaraderie
Pour Zachary Richard, l'ornithologie est une occasion en or de camaraderie. «Il y a des gens de tous âges qui observent les oiseaux. Tout ce que ça prend, c'est une bonne paire de chaussures, de bonnes jumelles et le goût d'aller dans des endroits plus ou moins accessibles», précise-t-il.
Pour lui, parcourir la forêt, c'est comme aller à la chasse, «mais une chasse beaucoup moins fatigante pour les oiseaux», lance-t-il. Et lui aussi a ses listes, un peu comme tout le monde. Et cette liste regroupe 350 espèces, dont 80 chez lui en Louisiane. «Une liste, c'est comme un trophée», dit-il.
Il n'y a aucun doute pour Zachary Richard: les oiseaux sont d'une importance capitale dans nos écosystèmes. «Mieux on comprend les écosystèmes, mieux on comprend les oiseaux. Et finalement, ça nous sert de défense de l'écologie. Je ne suis pas un observateur insensible», conclut-il.
Et cette sensibilité, le chanteur et poète la ressent de plus en plus, surtout depuis cette foutue marée noire qui a dévasté une multitude d'écosystèmes tout le long des côtes du golfe du Mexique, et plus particulièrement de la Louisiane.
Inquiétude
Il est très inquiet pour le pélican brun, une espèce qui avait complètement disparu de cet État et qui maintenant était rétablie. Même inquiétude aussi pour tous ces oiseaux migrateurs quand, cet automne, ils s'amèneront dans ces territoires souillés.
À sa manière, il a décidé de faire sa part en écrivant deux chansons qu'il a enregistrées avec quelques artistes québécois. La première s'appelle Le grand gosier, surnom que l'on donne au pélican brun, et la deuxième, Le pélican brun. On peut se les procurer sur iTune, simplement en tapant Zachary Richard. Elles se vendent 0,99 $ chacune et la totalité de l'argent va pour la décontamination des oiseaux et du territoire.
Si vous voulez en savoir davantage, vous pouvez aller sur le site Internet : gulfaidacadiana.org.