CHANSON, Deschampsons, Artistes variés

Yvon Deschamps: thèmes forts et mots justes *** 1/2

«Yvon rit fort. Yvon chante doux», résume Stéphane Laporte dans la pochette de Deschampsons.
L'observation résonne à l'écoute de ce disque hommage, qui met en exergue 12 chansons toujours indéniablement actuelles d'Yvon Deschamps. Dans des arrangements qui vont des accents progressifs à la folk épurée, 10 artistes se glissent dans les mots du légendaire humoriste, en plus de Gilles Vigneault qui revisite sa Berceuse pour endormir la mort et du monologuiste lui-même, qui se garde le mot de la fin avec J'ai l'impression (une version endisquée en 1974).
Les thèmes y sont forts autant que les mots sont justes : l'amitié qu'on perd, l'amour qui traverse le temps (Oublions par Judi Richards et les filles Deschamps), la mort, la solitude, la paternité, les inégalités sociales...
Et comme Deschamps a toujours cultivé l'art de nous faire passer du rire aux larmes, on frôle l'absurde en confiant Les fesses à la contralto Marie-Nicole Lemieux, qui offre une interprétation on ne peut plus réjouissante : difficile de résister à la cantatrice lorsqu'elle chante : «Y en a des fermes, y en a des slacks»!